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Le Likud va expulser 1000 membres des Nouveaux Likudniks et enquêter sur 7000 autres

Le parti accuse les Nouveaux Likudniks d'être des infiltrés de gauche ; Netanyahu critique Israël Katz, l'accusant de soutenir le groupe en échange de votes aux primaires

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances de l'époque, Israel Katz, assistent à la prestation de serment du nouveau gouvernement, à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances de l'époque, Israel Katz, assistent à la prestation de serment du nouveau gouvernement, à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Un tribunal interne du parti d’opposition Likud a décidé mercredi d’expulser environ 1 000 membres affiliés au groupe des Nouveaux Likudniks et d’examiner le statut de 7 000 autres membres dans le cadre d’une lutte de pouvoir croissante au sein du parti.

Le tribunal a déclaré qu’il existait des preuves accablantes pour expulser ces 1 000 membres, mais a rejeté la demande d’expulsion de l’ensemble du groupe des Nouveaux Likudniks, déclarant que les membres seraient examinés individuellement.

Les membres de la faction affirment qu’ils visent à ramener le Likud à ses valeurs libérales d’origine, mais leurs opposants disent qu’ils sont des infiltrés de gauche qui tentent de faire tomber le parti de l’intérieur.

La décision du tribunal intervient alors que Benjamin Netanyahu, leader de longue date du parti, est confronté à une dissidence croissante concernant la manière dont il a perdu le pouvoir en mars et à une contestation imminente de son leadership.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de faction de la Knesset de son parti d’opposition, le Likud, le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi, M. Netanyahu a profité de l’affaire pour s’en prendre à son rival Israel Katz, le puissant ancien ministre des Finances et président du secrétariat du parti.

Dans un post Facebook joint à une vidéo d’une ancienne interview dans laquelle des membres des Nouveaux Likudniks reconnaissaient soutenir le parti de gauche Meretz, Netanyahu a déclaré que les « Nouveaux Likudniks sont des gauchistes radicaux qui agissent comme un cheval de Troie pour détruire le Likud de l’intérieur ».

Il a ensuite accusé Katz de collaborer avec le groupe.

« Alors que la plupart des membres du Likud luttent contre ce mouvement, certains préfèrent les utiliser pour obtenir des voix aux primaires au détriment de l’État et du parti », a écrit Netanyahu, faisant allusion à Katz.

Israël Katz, alors ministre des Affaires étrangères du Likud, lors d’une tournée de campagne électorale sur le marché de Mahane Yehuda à Jérusalem, le 16 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Je m’attendais à ce que tous les membres du Likud, y compris les dirigeants du parti, utilisent tout leur pouvoir pour s’efforcer de les expulser du mouvement. Tout le monde l’a fait, sauf Israël Katz, qui a travaillé dans la direction opposée », a-t-il ajouté.

On s’attend à ce que Katz défie Netanyahu pour la direction du parti lors des primaires, bien qu’il ne l’ait pas encore annoncé officiellement. Cependant, il a ouvertement critiqué Netanyahu, l’accusant d’avoir choisi de mener le Likud dans l’opposition plutôt que de laisser quelqu’un d’autre diriger le parti et le maintenir au pouvoir.

Jusqu’à présent, seul l’ancien ministre de la Santé Yuli Edelstein a déclaré sa candidature pour défier Netanyahu. Aucune date n’a été fixée pour les primaires.

Certains des partis qui ont rejoint la coalition qui a fini par évincer Netanyahu du pouvoir sont politiquement alignés sur le Likud mais ont refusé d’entrer dans un gouvernement avec le parti s’il était toujours dirigé par M. Netanyahu, qui est en procès dans trois affaires de corruption.

Des membres du mouvement « Black Flag » manifestent devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu passe en jugement pour des allégations criminelles de corruption, de fraude et d’abus de confiance, le 24 mai 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90).

Les Nouveaux Likudniks, fondés en 2011 après des manifestations de masse contre le coût de la vie, disent vouloir faire avancer « les intérêts économiques de la classe moyenne » et la « préservation de la démocratie libérale » depuis l’intérieur du parti. La faction ne prend pas position sur le conflit israélo-palestinien.

Le groupe a connu une poussée de soutien au début des manifestations nationales contre Netanyahu en raison de ses affaires de corruption, et Netanyahu et ses alliés l’ont accusé à plusieurs reprises de chercher à faire virer le parti vers la gauche et à évincer son chef, affirmant que les membres du groupe sont des gauchistes infiltrés qui cherchent désespérément à compenser leur statut diminué dans la politique israélienne.

Les membres des Nouveaux Likudniks ont eux-mêmes fait écho à ces critiques : De nombreux membres et même des responsables ont déclaré aux journalistes israéliens qu’ils étaient des électeurs du Meretz et qu’ils n’avaient aucune intention de voter pour le Likud lors d’une élection générale.

Autre signe de la discorde croissante au sein du parti, le chef de faction Yariv Levin a publiquement accusé six législateurs du parti d’avoir manqué des votes cruciaux en plénière.

Les membres des New Likudniks sur la Deuxième chaîne lors d’une émission télévisée sur la faction du parti Likud (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Publiant leurs noms, Levin les a tenus pour responsables de l’échec de l’adoption d’un projet de loi présenté par le parti d’extrême droite Otzma Yehudit.

L’ancien ministre des Sciences, Ofir Akunis, l’un de ceux qui ont été nommés dans le post, a traité Levin de « mouchard » en réponse.

Malgré l’agitation au sein du parti, le soutien à Netanyahu reste fort et ses challengers les plus ouverts n’ont pas beaucoup de soutien même s’il devait quitter le parti.

Un récent sondage télévisé a révélé que l’ancien chef du Mossad Yossi Cohen est le candidat plébiscité par les électeurs du Likud pour succéder à Netanyahu si l’ancien Premier ministre quittait la politique. Cohen n’est pas encore entré officiellement dans l’arène politique.

L’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, assiste à la conférence du Jerusalem Post, qui s’est tenue à Jérusalem le 12 octobre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

A la question de savoir qui ils soutiendraient à la tête du Likud si Netanyahu devait se retirer, 27 % des électeurs du Likud ont répondu Cohen, suivi de Nir Barkat, député du Likud, avec 16 %, selon le sondage de la Douzième chaîne.

Après Barkat, le sondage donne l’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies Gilad Erdan avec 8 % des répondants, suivi de Katz avec 5 % et Edelstein avec 5 %.

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