Les troupes israéliennes ont perquisitionné les domiciles, à Jérusalem-Est, de proches d’anciens prisonniers sécuritaires palestiniens, libérés par Israël en échange d’otages détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a indiqué mercredi un communiqué conjoint de la police et du ministère de la Défense.
Selon le communiqué, ces anciens détenus « continuaient de percevoir des paiements et des aides financières de l’Autorité palestinienne pour les actes terroristes qu’ils avaient commis ».
Le communiqué ne précise pas quand ces perquisitions ont eu lieu.
Des agents du Bureau de lutte contre le financement du terrorisme du ministère des Finances ont saisi plusieurs centaines de milliers de shekels en espèces, cinq véhicules et des bijoux d’une valeur de 96 000 shekels, indique le communiqué.
Cette saisie s’inscrit dans le cadre d’un arrêté de confiscation signé par le ministre de la Défense, Israel Katz, visant d’anciens prisonniers palestiniens qui continuent à percevoir les allocations de l’Autorité palestinienne (AP), désignées par Israël sous le nom de « pay-to-slay » (payer pour tuer), selon le communiqué.
Sous la pression internationale, et dans le but de se positionner comme une alternative au Hamas à la tête de Gaza, l’AP a mis en place l’an dernier un programme d’aide sociale censé mettre fin à ces versements.
Ces réformes, qui liaient les allocations de tous les bénéficiaires à leur situation financière plutôt qu’à la durée de leur peine, ont déclenché des manifestations en Cisjordanie et n’ont convaincu ni Israël ni les autres détracteurs de l’AP.
Selon le communiqué conjoint de la police et du ministère de la Défense, Ahed al-Natsheh et Muhammad Abad figurent parmi les anciens détenus dont les domiciles ont été perquisitionnés en lien avec les versements de l’AP. Le premier, un terroriste du Hamas, a été condamné pour avoir planifié deux attentats à Jérusalem en 2001, dont l’un a fait plus d’une dizaine de blessés. Le second, un terroriste du Fatah, a été condamné pour avoir planifié un attentat-suicide à Jérusalem en 2002.
Tous deux ont été libérés dans le cadre du deuxième accord de cessez-le-feu conclu avec le Hamas en janvier 2025.
Le média palestinien Al-Qastal, basé à Jérusalem, rapporte que deux autres prisonniers libérés dans le cadre de cet accord ont été convoqués aujourd’hui pour être interrogés après que les troupes israéliennes ont perquisitionné leurs domiciles dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est.
Il s’agit de Muhammad Farroukh et Amir Farroukh, membres d’un groupe que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a démantelé en 2017. Ce groupe terroriste, « les Fantômes de Silwan », avait perpétré plusieurs attentats à la bombe incendiaire et d’autres attaques dans la capitale, tout en préparant des fusillades, selon les services de sécurité intérieure.
Une liste du ministère de la Justice recensant les prisonniers devant être libérés dans le cadre de l’accord sur les otages prévu pour début 2025 identifie les deux Farroukh comme des membres du Fatah.