Netanyahu évoque avec Poutine l’achat du vaccin russe contre la COVID-19
Rechercher

Netanyahu évoque avec Poutine l’achat du vaccin russe contre la COVID-19

Selon le Kremlin, les deux dirigeants ont également parlé d'une possible production des doses de "Spoutnik V" en Israël, qui a déjà passé des accords avec Pfizer et Moderna

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)
Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine sur la possibilité d’acheter le « Spoutnik V », le vaccin contre la COVID-19 actuellement développé en Russie, ont fait savoir Netanyahu et le Kremlin dans la journée de lundi.

« Nous en discuterons dans les prochains jours », a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse, indiquant qu’il venait d’avoir un entretien téléphonique avec Poutine.

Le Kremlin, pour sa part, a émis un communiqué disant que les deux dirigeants avaient évoqué une coopération potentielle concernant ce vaccin russe, avec notamment un possible approvisionnement d’Israël et qu’il était même envisagé qu’il puisse être produit au sein de l’État juif.

Ce développement suit l’annonce des résultats des essais cliniques initiaux des vaccins élaborés par deux firmes américaines, Pfizer et Moderna, qui ont fait savoir que leurs produits respectifs présentaient une efficacité de 90 % et de 94,5 %.

Israël avait conclu un accord avec Moderna il y a plusieurs mois et a signé un accord, ces derniers jours, avec Pfizer.

« Mon objectif est de faire entrer le plus grand nombre de vaccins que possible, depuis le plus grand nombre de sources que possible, pour le plus grand nombre de citoyens possible et aussi rapidement que possible », a fait savoir Netanyahu au cours de sa conférence de presse, lundi.

Il a souligné que les vaccins n’arriveraient pas « demain, cela va prendre du temps mais… il est question de mois ».

Le vaccin « Spoutnik V » s’est avéré être, jusqu’à présent, à 92 % efficace, a indiqué la semaine dernière le fonds souverain du pays, qui soutient le programme.

Le flacon du vaccin expérimental contre le coronavirus qui est développé en Russie, à Moscou, le 15 septembre 2020. (Crédit :Alexander Zemlianichenko Jr/AP)

Cette évaluation repose sur les résultats intermédiaires des essais de phase III, a indiqué le Fonds d’investissement direct (RDIF) russe, après un calcul réalisé sur 20 cas confirmés de la maladie qui ont été divisés entre patients ayant reçu un vaccin et patients ayant reçu un placebo. En tout, 40 000 volontaires avaient pris par à l’expérience.

« Il n’y a pas eu d’effets secondaires inattendus pendant les essais. Le contrôle des participants est encore en cours », a fait savoir le RFIF.

Spoutnik V est développé par l’Institut Gamaleya, qui publiera les données intermédiaires de recherche dans l’un des journaux médicaux internationaux les plus prestigieux à l’issue des essais de six mois, a ajouté le RDIF.

Alexander Gintsburg, directeur de l’Institut Gamaleya, a indiqué que le vaccin sera bientôt mis à la disposition d’un plus grand nombre de personnes.

« Cela pourra interrompre la tendance actuelle et entraîner une baisse éventuelle du taux d’infection à la COVID-19, d’abord en Russie puis dans le monde entier », a-t-il prédit.

Israël a fait part de son intérêt pour le vaccin depuis que la Russie a fait savoir qu’elle était prête à lancer les essais sur les êtres humains. Au début du mois de novembre, le directeur de l’hôpital Hadassah Ein Kerem a annoncé que le centre médical avait d’ores et déjà commandé 1,5 million d’unités de vaccin et qu’il demanderait l’approbation du ministère de la Santé pour pouvoir les utiliser, sous réserve des résultats des essais de phase III.

Un travailleur médical russe administre une dose du vaccin expérimental russe contre le coronavirus Spoutnik V à Moscou, en Russie, le 15 septembre 2020. (Crédit ; Alexander Zemlianichenko Jr/AP)

Le centre médical Hadassah à Moscou, une branche de l’hôpital israélien, avait été impliqué dans l’administration et la surveillance de l’essai de la phase 3 du vaccin, qui a commencé en août. Le directeur général de l’hôpital Hadassah de Jérusalem, Zeev Rotstein, avait déclaré que les autorités russes avaient demandé à Hadassah de déposer les documents pour approbation auprès du ministère israélien de la Santé.

La Russie avait enregistré son vaccin pour l’usage public au mois d’août, une initiative inhabituelle dans la mesure où les essais de phase 3 n’avaient commencé qu’au mois de septembre. Les tests cliniques ont impliqué 40 000 volontaires dans 29 centres hospitaliers de Moscou. Un quart ont reçu un placebo. De plus, 10 000 personnes considérées comme appartenant à une catégorie à haut risque face au virus ont, elles aussi, été vaccinées.

Plus de cinquante pays ont d’ores et déjà réclamé plus de 1,2 milliards de doses de « Spoutnik V », a noté la RDIF.

Un vaccin est considéré comme le meilleur espoir de mettre fin au cycle d’épidémies meurtrières et aux restrictions sanitaires sévères qui régissent une grande partie du monde depuis que la COVID-19 a fait son apparition, l’année dernière, en Chine, dévastant l’économie mondiale.

Jusqu’à présent, 1,2 million de personnes sont décédées des suites du coronavirus.

Israël travaille aussi sur un vaccin, dont les essais viennent seulement d’entrer en phase 1. Sa mise au point devrait le faire entrer sur le marché des mois après ses concurrents étrangers.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...