L’hôpital Hadassah commande 1,5 M d’un vaccin russe encore en phase d’essai
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L’hôpital Hadassah commande 1,5 M d’un vaccin russe encore en phase d’essai

Le directeur de l'hôpital Zeev Rotstein demandera au ministère de la Santé l'autorisation d'utiliser le vaccin en Israël, si les essais en Russie prouvent qu'il est sûr et efficace

Un nouveau vaccin exposé au Centre national d'épidémiologie et de microbiologie Nikolai Gamaleya à Moscou, en Russie, le 6 août 2020. (Crédit : Alexander Zemlianichenko Jr/ Fonds d'investissement direct russe via AP)
Un nouveau vaccin exposé au Centre national d'épidémiologie et de microbiologie Nikolai Gamaleya à Moscou, en Russie, le 6 août 2020. (Crédit : Alexander Zemlianichenko Jr/ Fonds d'investissement direct russe via AP)

Le centre médical Hadassah de Jérusalem a pré-commandé 1,5 million de doses d’un vaccin contre le coronavirus à la Russie, où il est encore en phase 3 des essais mais a déjà été administré à des dizaines de milliers de personnes.

Le directeur de l’hôpital Zeev Rotstein a déclaré que le centre médical demanderait cette semaine au ministère de la Santé l’autorisation d’utiliser le vaccin en Israël, si les essais en Russie prouvent qu’il est sûr et peut prévenir l’infection, a rapporté Haaretz mercredi.

« Il y a de bonnes chances que le vaccin soit sûr et une probabilité raisonnable… qu’il soit également efficace », a-t-il dit, mais il a noté que le tableau complet ne sera clair que lorsque toutes les données seront disponibles à la fin de l’essai russe, qui est presque terminé.

« Les résultats en matière de sûreté que nous avons vus étaient très bons », a-t-il dit.

Le professeur Zeev Rotstein, directeur-général de l’hôpital Hadassah, pendant une conférence de presse, le 13 juin 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’achat est soutenu par un groupe d’investisseurs et n’aura pas d’impact sur le budget régulier de l’hôpital, a-t-il précisé.

Si tout va bien, le vaccin, appelé Spoutnik V, pourrait être disponible en Israël dans un délai de deux à trois mois, selon le rapport.

Rotstein a déclaré que Hadassah figure en haut de la liste des acheteurs du vaccin russe, bien qu’il ait admis ne pas être sûr que le lot entier soit livré. La demande d’achat de 1,5 million de vaccins supplémentaires n’a pas encore été approuvée par les autorités russes.

Si le ministère de la Santé approuve Sputnik V en Israël, Hadassah vendra les vaccins à l’État, aux organisations de santé et à d’autres organismes médicaux, a-t-il dit.

Le centre médical Hadassah à Moscou, une branche de l’hôpital israélien, est impliqué dans l’administration et la surveillance de l’essai de la phase 3 du vaccin, qui a commencé en août. Rotstein a déclaré que les autorités russes avaient demandé à Hadassah de déposer les documents pour approbation auprès du ministère israélien de la Santé.

La Russie a été le premier pays à enregistrer un vaccin lorsqu’elle a annoncé qu’elle disposait d’un produit prêt à l’emploi en août. A l’époque, le ministre de la Santé Yuli Edelstein a déclaré qu’Israël serait intéressé à discuter avec la Russie au sujet du vaccin, si son efficacité était démontrée.

De nombreux scientifiques ont cependant réagi avec scepticisme, remettant en question la décision russe d’enregistrer le vaccin avant les essais de la phase 3 qui durent normalement des mois et impliquent des milliers de personnes. Certains ont laissé entendre que les chercheurs pourraient prendre des raccourcis en raison des pressions exercées par les autorités pour qu’ils livrent le vaccin.

Bien qu’il ait admis qu’il y a toujours une possibilité que les Russes « se moquent de nous », Rotstein a déclaré qu’il connaissait de hauts fonctionnaires russes qui ont reçu le vaccin « et ne se sont pas retrouvés avec des cornes ». « Ils se promènent sans masque ».

Rotstein a écarté les inquiétudes concernant le vaccin, en disant qu’elles sont en grande partie liées à la lutte entre les États-Unis et la Russie pour être les premiers à livrer le vaccin.

Un travailleur médical russe administre une dose du vaccin expérimental russe contre le coronavirus Spoutnik V à Moscou, en Russie, le 15 septembre 2020. (Crédit ; Alexander Zemlianichenko Jr/AP)

L’accord russe sur le vaccin est intervenu alors qu’Israël poursuit les essais de la phase 1 de ses propres recherches pour un vaccin contre COVID-19, la maladie causée par le virus.

Israël produit le vaccin national comme plan de secours et mène de concert des négociations avec les entreprises pharmaceutiques plus en amont dans le processus de développement pour recevoir les doses lorsqu’elles seront disponibles.

Lundi dernier, le ministère de la Défense a annoncé qu’Israël avait commencé à produire en masse le vaccin potentiel contre le coronavirus et prévoit de le distribuer aux Israéliens et aux Palestiniens si son utilisation est approuvée.

Le directeur de l’Institut israélien de recherche biologique, Shmuel Shapira, a déclaré qu’il produira 15 millions de doses dans un premier temps et a estimé que le vaccin pourrait être prêt d’ici juillet.

Hala Litwin, infirmière du centre médical de Sheba, injecte un vaccin expérimental contre le coronavirus au premier sujet humain testé en Israël, Segev Harel, le 1er novembre 2020. (Crédit :Ministère de la Défense)

En octobre, Israël a conclu un accord pour acheter un futur vaccin à l’Italie.

L’accord a été conclu alors que le ministre des affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, accueillait son homologue italien, Luigi Di Maio, pour la première fois pour des discussions à Jérusalem.

En juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël avait signé un accord avec Moderna pour un futur vaccin contre les coronavirus, et le mois dernier, le médecin en chef israélien de Moderna, le Dr Tal Zaks, a prédit que l’État juif recevrait son vaccin COVID-19 avant juin 2021.

Les experts ont toutefois averti que même lorsque les vaccins seront approuvés, il faudra de nombreux mois avant qu’ils ne soient largement disponibles. Et contrairement aux vaccins contre d’autres maladies telles que la rougeole, les experts pensent que les vaccins COVID-19, lorsqu’ils seront disponibles, seront loin d’être efficaces à 100 %.

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