Netanyahu fustige l’attaque « machiste » contre le passé militaire de Regev
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Netanyahu fustige l’attaque « machiste » contre le passé militaire de Regev

Le Premier ministre a condamné les propos "inappropriés" du député Elazar Stern qui a semblé suggérer que Miri Regev a été promue dans l'armée en échange de faveurs sexuelles

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et la ministre de la Culture   Miri Regev rencontrent les médaillés israéliens d'un tournoi de judo disputé à Abou Dhabi au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 novembre 2018 (Crédit : Alex Kolomoisky/Yedioth Ahronoth/Pool)/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et la ministre de la Culture Miri Regev rencontrent les médaillés israéliens d'un tournoi de judo disputé à Abou Dhabi au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 novembre 2018 (Crédit : Alex Kolomoisky/Yedioth Ahronoth/Pool)/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien jeudi à une ministre de son parti du Likud, prise pour cible par un député de l’opposition qui a paru laisser entendre qu’elle avait été promue au sein de l’armée israélienne en échange de faveurs sexuelles accordées à ses supérieurs hiérarchiques.

Le parlementaire de Yesh Atid Elazar Stern, ancien général, a déclaré lundi au sujet de la ministre de la Culture Miri Regev : « je ne veux pas évoquer la manière dont vous êtes montée en grade dans l’armée », s’attirant des accusations de sexisme de la part de la ministre du Likud entre autres. Ces propos ont été tenus alors que les deux responsables se querellaient à la Knesset sur leurs carrières militaires respectives.

Stern a été accusé de sexisme par Regev. Il a plus tard présenté ses excuses à toutes les femmes qui se sont senties offensées, refusant toutefois de demander spécifiquement pardon à Regev.

« J’ai entendu ces remarques machistes. C’est tout simplement inapproprié, ce n’est absolument pas sérieux », a dit Netanyahu à Regev alors qu’ils rencontraient les médaillés israéliens du tournoi de judo qui a eu lieu le mois dernier à Abou Dhabi.

« Vous devez faire un ippon et avancer », a-t-il ajouté, évoquant un ippon, une prise de judo qui signe la victoire pour celui qui la réussit.

Le député de Yesh Atid Elazar Stern lors d’une rencontre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, le 13 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Suite aux propos initiaux de Stern, Regev a diffusé mardi une vidéo en hébreu réclamant la suspension du député de Yesh Atid.

Brandissant devant la caméra une pancarte « #YouToo », Regev a qualifié les paroles de Stern de « mise en cause des femmes ayant été promues dans l’armée et des commandants de l’armée ayant fait avancer ces femmes en grade ».

« [Stern] a laissé entendre que je n’avais pas été promue au sein de l’armée de la même manière que lui a pu l’être – conformément aux critères et aux recommandations des commandants – mais à travers l’objectification des femmes », a-t-elle noté dans la vidéo.

« Stern, dites-nous donc ce que vous savez parce que je ne sais absolument pas de quoi vous êtes en train de parler », a-t-elle continué, qualifiant ses remarques de « sexistes ».

Regev a par ailleurs demandé que des enquêtes soient menées par le procureur général, le ministre de la Défense et la commission d’Ethique pour déterminer si les officiers qui avaient décidé de la promouvoir avaient pu commettre une faute.

Regev, qui a servi au rang de général de brigade, a été censeur en chef militaire avant de devenir porte-parole de l’armée israélienne au cours du désengagement de Gaza, en 2005, et de la Seconde Guerre du Liban, en 2006.

Stern, général de réserve, était, au même moment, à la tête de l’administration des ressources humaines de Tsahal.

La ministre de la Culture Miri Regev (Likud) répond à ce qu’elle estime être des propos sexistes prononcés par le député de Yesh Atid, Elazar Stern, le 6 novembre 2018 (Capture d’écran :Facebook)

Après avoir initialement refusé d’expliquer ses propos à la tribune de la Knesset, Stern a expliqué ensuite qu’il avait voulu commenter « le trop plein d’enthousiasme de Regev au service de ses commandants », et une certaine servilité de la ministre quand il s’agissait d’obtenir des promotions. Il a démenti toute allusion de type sexuel.

Au cours d’un entretien accordé mardi à la radio israélienne, le député de Yesh Atid a précisé que ses propos concernaient spécifiquement les actions de Regev au cours du désengagement de 2005.

« Je parlais du désengagement et de la manière dont elle s’est comportée à ce moment-là », a-t-il dit, se référant à l’action militaire très contestée qui avait mené au retrait de tous les civils et soldats israéliens de l’enclave côtière.

« Et vous voulez que je vous en dise plus ? Pendant la Seconde Guerre du Liban, je suis allé rendre visite à plus de 120 familles qui avaient été endeuillées. Mais [Regev] considérait pour sa part que tout, durant la Seconde Guerre du Liban, relevait de l’ordre du spectacle médiatique », a-t-il ajouté.

Miri Regev, alors porte-parole de Tsahal, le 24 juin 2005. (Crédit : GPO)

« Alors, quand je dis ‘nous savons comment vous avez avancé en grade dans l’armée’, ce sont là quelques exemples », a continué Stern.

Critiquant une fois encore la ministre, le député de l’opposition a estimé qu’elle s’était « transformée en paillasson » pour gagner les faveurs de Netanyahu.

Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, a pris mardi la défense de Stern, disant qu’il croyait fermement dans les arguments avancés par ce dernier pour se justifier.

Lapid a expliqué que ceux qui pensaient que Stern est sexiste « ne le connaissent pas, tout simplement ».

« La querelle de bas étage que Miri Regev veut instaurer ne correspond en rien au système de valeurs de Stern », a-t-il dit.

Regev, l’une des rares femmes à avoir atteint le rang de général de brigade, a été profondément critiquée pour son travail pendant la Guerre du Liban de 2006, certains hauts responsables militaires estimant qu’elle n’a pas seulement agi en tant que porte-parole des militaires dans leur ensemble, mais également en tant que porte-parole du chef d’Etat-major de l’époque qui se trouvait alors profondément en difficulté, Dan Halutz.

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