Netanyahu : Israël doit faire sa part de « l’important » accord climatique
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Netanyahu : Israël doit faire sa part de « l’important » accord climatique

L’accord atteint ce week-end permettrait l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre par Israël jusqu’en 2030 au vu de la croissance de la population

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la réunion hebdomadaire du cabinet, le 13 décembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la réunion hebdomadaire du cabinet, le 13 décembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué dimanche l’accord sur le changement climatique obtenu samedi à Paris comme un « accord important », jurant qu’Israël fera sa part pour aider à stopper le réchauffement climatique.

S’exprimant à la réunion hebdomadaire du cabinet, Netanyahu a déclaré qu’Israël avait un intérêt, comme les autres pays, à ralentir le réchauffement climatique, sinon à le stopper complètement.

« Nous allons réduire les émissions de gaz à effet de serre pour les générations futures, a déclaré Netanyahu. C’est une mission internationale complexe. Elle est construite sur la prémisse que les pays, grands et petits, n’en dévieront pas. Cela demande de la discipline internationale, ce qui n’est pas facile, mais pour le bien de l’humanité, j’espère que cela arrivera ».

Le ministre de la Protection de l’Environnement Avi Gabbay (Koulanou) a déclaré qu’un budget d’environ 200 millions de dollars avait été alloué pour atteindre les objectifs climatiques.

Il a ajouté qu’Israël avancerait vers les sources d’énergies renouvelables, des technologies plus propres et plus de transports publics.

« Nous avons beaucoup d’étapes à franchir et nous allons le faire maintenant », a déclaré Gabbay.

Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l'adoption d'un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT)
Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l’adoption d’un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. Envoys from 195 nations on December 12 (Crédit : AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT)

Israël, en tant que petit pays, n’est pas parmi les plus gros pollueurs mondiaux, mais il dépend d’énergies fossiles pour les transports et la production d’électricité.

Selon un article paru dimanche dans Yedioth Ahronoth, cependant, l’accord permettrait en fait à Israël une augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre pendant les prochaines années.

Israël a accepté de réduire ses émissions relativement à sa population, de 10,5 tonnes par personnes et par jour à 7,2 tonnes par personnes et par jour en 2030, d’après l’article. Mais à cause de la croissance supposée de la population israélienne, les émissions du pays devraient augmenter de 14 % dans les 15 prochaines années.

187 pays ont fait des promesses, insuffisantes pour tenir les 2°C

La quasi totalité des pays – 187 – ont remis à l’ONU, pour la COP de Paris, leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2025-2030, des promesses qui restent insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil des +2°C.

Si tous ces engagements étaient tenus, la planète se réchaufferait de +3° par rapport au niveau pré-industriel, contre +4 à 5° si rien n’était fait.

Ces 187 pays couvrent la quasi-totalité des émissions globales de gaz à effet de serre.

1 – CHINE

Le premier émetteur mondial (environ 1/4 des émissions) s’est engagé, pour la première fois, à plafonner ses émissions de gaz à effet de serre (GES), au plus tard en 2030, après avoir été longtemps sur la défensive au nom de ses impératifs de développement.

A la fois premier consommateur mondial de charbon, énergie la plus dommageable, et premier investisseur dans les renouvelables, il veut réduire de 60 à 65% son « intensité carbone » (émissions de CO2 rapportées à la croissance) en 2030 par rapport à 2005.

2 – ETATS-UNIS

Le deuxième pollueur mondial veut réduire de 26 à 28% ses émissions d’ici à 2025 par rapport à 2005. Un objectif en-deçà de celui des Européens, mais au-delà des précédentes contributions américaines.

« Les Etats-Unis sont au moins désormais présents avec un plan crédible », souligne Jennifer Morgan, du World Resources Institute, ajoutant que l’administration Obama est « la première à s’attaquer au problème ».

3 – UE

Début mars, l’UE (environ 10% des émissions, 3e rang) a été la première à transmettre son plan: réduire d’au moins 40% d’ici à 2030 ses émissions par rapport à 1990.

« Ces engagements insufflent une dynamique positive, mais ces pays pourraient améliorer leurs contributions », souligne la Fondation Hulot, tandis que le pôle de recherche Climate Action Tracker juge ce niveau d’engagement « moyen ».

4 – INDE

L’Inde a promis de réduire son « intensité carbone » de 35% d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005, mais sans fixer d’objectif de réduction globale des émissions.

Elle compte sur les énergies renouvelables (40% de son électricité d’ici 2030), tout en reconnaissant sa dépendance au charbon (doublement de production prévu d’ici 2020).

5 – RUSSIE

Le 5e émetteur assure viser moins 25 à 30% entre 1990 et 2030.

Mais si l’on retire l’effet positif généré par ses vastes forêts, ce n’est plus qu’une réduction des émissions de GES industriels de 6 à 11%, souligne le Climate Action Tracker, qui évoque un effort « inadapté ».

6 – JAPON

Le 6e émetteur veut réduire ses émissions de 26% entre 2013 et 2030, comptant sur le retour de l’énergie nucléaire, inutilisée depuis Fukushima.

ONG et instituts de recherche jugent « insuffisant » le projet du Japon, gros utilisateur de charbon.

7 – BRESIL

Le Brésil (2% des émissions) a annoncé qu’il entendait réduire de 43% ses émissions d’ici à 2030 par rapport à 2005, en diversifiant ses sources d’énergies renouvelables. Le plan a été plutôt bien accueilli.

8 – IRAN

Le 8e émetteur s’est engagé à réduire en 2030 ses émissions de 4% par rapport à un scénario où rien ne serait fait. Téhéran évoque un effort supplémentaire de 8% sous réserve de soutien financier et de levée, selon ses termes, de toutes « sanctions injustes ».

9 – INDONESIE

Le pays annonce moins 29% d’émissions en 2030, qui pourraient passer à -41% s’il bénéficie d’aides financières.

10 – CANADA

Le gouvernement conservateur, qui avait décidé de sortir du protocole de Kyoto, avait annoncé une réduction des émissions de 30% d’ici 2030 par rapport à 2005. Une contribution jugée insuffisante par les ONG, devant le poids de la production pétrolière issue des sables bitumineux.

Le nouveau gouvernement libéral a promis de revoir la copie.

AUTRES

De nombreux pays en développement ont émis des engagements, souvent conditionnés à la mise en place d’aides.

Le Mexique a été le premier pays émergent à le faire, et le Gabon le premier pays africain.

Sur l’ensemble, la copie de l’Ethiopie et celle du Maroc comptent parmi les rares qualifiées de « suffisantes » par les ONG.

L’Arabie saoudite a été le dernier membre du G20 à remettre son plan, le 10 novembre.

Deux pays l’ont fait ce samedi, jour de clôture de la COP: Saint-Christophe-et-Niévès, mais aussi le Venezuela, comme l’a annoncé sa représentante en séance plénière.

Parmi les 8 pays absents on trouve le Nicaragua, la Corée du Nord, la Libye ou encore le Népal.

AFP a contribué à cet article.

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