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Netanyahu : L’invitation de Lapid à la réunion sur l’accord maritime est « futile »

Le leader de l'opposition a répété son exigence de soumettre l'accord à l'approbation de la Knesset ; son refus de participer à la réunion a été jugé "irresponsable" par Yesh Atid

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et Yair Lapid, à droite. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et Yair Lapid, à droite. (Crédit : Flash90)

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a qualifié dimanche de « futile » l’invitation du Premier ministre Yair Lapid à une réunion d’information sécuritaire dans le cadre de l’accord sur la frontière maritime qui a été conclu entre Israël et le Liban. De son côté, le parti du Premier ministre a estimé que cette décision prise par le chef du Likud d’esquiver la rencontre était « irresponsable ».

« D’une part, [le Premier ministre Yair] Lapid refuse de soumettre à l’approbation de la Knesset son accord de capitulation face [au chef terroriste du Hezbollah] Nasrallah sous prétexte que l’opposition ne l’aime pas et d’autre part, il invite l’opposition à un briefing futile après coup », a déclaré le parti du Likud dans un communiqué retweeté par Netanyahu.

« La conduite de Lapid n’est pas démocratique. Nous insistons pour que l’accord soit soumis à l’approbation de la Knesset », a conclu le tweet.

En réponse, le parti Yesh Atid de Lapid a déclaré que Netanyahu était un « leader de l’opposition irresponsable » pour avoir « refusé d’assister au briefing qui a été consacré à l’accord historique… [et qui est] soutenu par l’ensemble de l’establishment de la sécurité ».

Netanyahu et d’autres ont affirmé que le gouvernement de Lapid, qui n’a pas de majorité à la Knesset, n’avait pas le pouvoir nécessaire pour approuver un accord d’une telle portée, mais cette affirmation a été réfutée par la procureure-générale d’Israël et par la Cour suprême.

Les gouvernements israélien et libanais ont tous deux soutenu le texte final de l’accord la semaine dernière, mais Netanyahu a déclaré qu’il ne se considérerait pas lié par cet accord s’il parvenait à reprendre le pouvoir après les élections législatives du 1er novembre, qualifiant le pacte de « capitulation » d’Israël face aux menaces proférées par le groupe terroriste du Hezbollah.

Le Premier ministre Yair Lapid survolant le champ gazier de Karish, le 19 juillet 2022. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

La semaine dernière, Lapid a déclaré que l’accord « renforcerait la sécurité d’Israël, injecterait des milliards dans l’économie israélienne et assurerait la stabilité de la frontière nord du pays ».

Le président libanais Michel Aoun a annoncé que Beyrouth avait formellement accepté l’accord négocié par les États-Unis, mais il a souligné « qu’aucune normalisation avec Israël n’avait eu lieu ».

L’accord donne à Israël des droits exclusifs sur le gisement de Karish mais le pays cède néanmoins le gisement de Cana qui était convoité par l’État juif – même si Jérusalem recevra une part des revenus provenant des richesses gazières potentielles extraites des fonds marins dans le cadre d’un bail libanais.

L’envoyé de l’administration Biden pour l’énergie, Amos Hochstein, qui a négocié l’accord, a insisté sur le fait qu’il garantira la sécurité d’Israël, repoussant les allégations de certains qui ont affirmé que Jérusalem aurait cédé aux menaces terroristes.

La semaine dernière, Hochstein avait qualifié la rhétorique de Netanyahu sur la question de posture politique visant à gagner des voix.

« Il y a toujours beaucoup de rhétorique enflammée dans les campagnes politiques, surtout à l’approche des élections », a déclaré Hochstein à la Douzième chaîne, indiquant que Netanyahu n’avait pas été opposé à un accord qui présentait des paramètres similaires.

« Je pense que l’intérêt dominant de l’establishment de la sécurité nationale israélienne, de ce gouvernement et des gouvernements précédents est qu’ils ont tous souhaité un arrangement selon ces lignes », a-t-il déclaré.

Le président libanais Michel Aoun, à droite, rencontrant le médiateur américain, Amos Hochstein, au palais présidentiel, à Beyrouth, au Liban, le 9 septembre 2022. (Crédit : Dalati Nohra via AP)

Le médiateur a également noté que le Liban avait, lui aussi, fait des concessions dans le cadre de l’accord, indiquant que Beyrouth ne voulait pas initialement reconnaître officiellement la limite de la ligne de bouées qu’Israël avait unilatéralement établie en 2000 et qui s’étend sur environ cinq kilomètres au large de Rosh Hanikra – mais que le pays avait accepté de le faire d’une « manière juridiquement contraignante », transformant la limite en frontière.

Hochstein a affirmé que les concessions israéliennes sur le champ de Cana, qui chevauche les zones économiques exclusives des deux pays mais qui sera contrôlé par le Liban, étaient insignifiantes.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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