Netanyahu menace de surprendre le Hamas ; Gaza rétorque par un tir de roquette
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Netanyahu menace de surprendre le Hamas ; Gaza rétorque par un tir de roquette

La réponse israélienne aux tirs de roquettes et aux attaques aux ballons "sera différente de tout ce qui est arrivé auparavant", a promis le Premier ministre à la télévision

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l'implantation de Mevoot Yericho à l'occasion de la fête juive de Tou Bichvat dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, le 10 février 2020. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l'implantation de Mevoot Yericho à l'occasion de la fête juive de Tou Bichvat dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, le 10 février 2020. (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a menacé mardi les chefs du Hamas de « surprise de leur vie » si la vague d’attaques émanant de la bande de Gaza ne cessait pas.

Quelques minutes plus tard, une roquette a pourtant été tirée depuis l’enclave côtière vers le sud d’Israël.

« Je vous le dis en tant que Premier ministre : je ne suis pas dans une course à la guerre », a déclaré Netanyahu lors d’un entretien accordé mardi soir à la Vingtième chaîne. « Je ne bombe pas le torse en jouant du tambour et de la trompette. Mais nous sommes en train de préparer au Hamas la surprise de sa vie ».

« Je ne vais pas dire de quoi il s’agit exactement, mais ce sera différent de tout ce qui a pu arriver auparavant », a-t-il ajouté.

Cette « surprise », a-t-il poursuivi, « dépend totalement d’eux. S’ils ne reprennent pas leurs esprits en ce qui concerne les roquettes et qu’ils ne cessent pas d’envoyer des ballons, alors la révélation de cette surprise ne sera qu’une question de temps. Souvenez-vous de ce que je vous dis », a-t-il continué.

Les dernières semaines ont été marquées par une hausse nette des attaques à la roquette et aux ballons incendiaires depuis l’enclave côtière, créant une escalade des tensions et venant menacer de fragiles pourparlers de trêve.

Peu après la fin de l’allocution de Netanyahu, l’armée israélienne a fait savoir qu’un obus de mortier avait été tiré depuis Gaza et avait atterri dans un champ du sud de l’État juif. Il n’y a pas eu de blessés.

La mise en garde lancée par Netanyahu a été la dernière d’une série d’avertissements de la part des leaders israéliens qui ont affirmé que les attaques à la roquette et aux ballons incendiaires de Gaza entraîneraient une escalade militaire dramatique. Jusqu’à présent, Israël n’a procédé qu’à des frappes aériennes de représailles sur des positions du Hamas habituellement vacantes.

Dimanche, le Premier ministre a averti les groupes terroristes de Gaza que l’État juif était prêt à entreprendre « des actions écrasantes ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à droite) assiste à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 9 février 2020. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

« Je veux que ce soit clair : nous n’accepterons aucune agression depuis Gaza. Il y a seulement quelques semaines, nous avons éliminé le plus haut commandant du Jihad islamique à Gaza, et je suggère au Hamas et au Jihad islamique de se rafraîchir la mémoire », a mis en garde Netanyahu lors de l’ouverture de la réunion hebdomadaire du cabinet dimanche.

« Je ne vais pas faire part dans les détails de toutes nos actions et de tous nos projets devant les médias, mais nous sommes prêts à entreprendre une action écrasante contre les groupes terroristes de Gaza. Nos actions sont puissantes, elles ne sont pas encore terminées – c’est un euphémisme », a-t-il menacé.

Le ministre de la Défense, Naftali Bennett, a émis un avertissement similaire aux dirigeants du Hamas à Gaza, mettant en garde contre le fait que l’État juif « entreprendrait des actions létales à leur encontre » si leur « comportement irresponsable » ne cessait pas.

Il a précisé que les actions de l’armée israélienne seraient « insupportables » pour l’organisation terroriste.

Capture d’écran : Le ministre de la Défense Naftali Bennett dans une vidéo dans laquelle il met en garde contre les réponses israéliennes aux roquettes et aux attaques aux ballons incendiaires depuis Gaza, le 9 février 2020 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

« Nous n’annoncerons pas quand ni où. Cette action sera très différente de celles qui ont pu être entreprises dans le passé. Personne ne sera épargné. Le Hamas a le choix : celui de la vie et de la prospérité économique ou celui du terrorisme et d’un prix à payer qui sera insoutenable. Ce sont leurs actions qui le détermineront », a-t-il continué.

Les observateurs considèrent la reprise des tirs de roquettes, après quelques mois de calme, comme une tentative des Gazaouis d’appuyer leurs demandes d’un allègement ou d’une levée du blocus imposé à l’enclave, en échange d’un retour à la tranquillité. Les deux parties insistent sur le fait qu’elles ne sont pas intéressées par un conflit d’ampleur.

Une délégation égyptienne qui s’est rendue lundi dans la bande a transmis un message de Netanyahu au Hamas dans lequel le Premier ministre israélien réclame le « retour au calme », a fait savoir le journal libanais pro-Hezbollah Al-Akhbar, citant des sources palestiniennes non identifiées.

Le message de Netanyahu, que la délégation égyptienne a reçu des responsables de la sécurité israéliens à Tel Aviv, dimanche, précisait également, sous la forme d’une menace, que l’État juif « donnerait un coup majeur au Hamas et à sa couverture internationale » si le calme ne revenait pas, ont expliqué des sources au quotidien.

Les responsables du Hamas ont indiqué à la délégation égyptienne en réponse au message du Premier ministre israélien qu’il « ne cherche pas l’escalade », mais que « les pressions économiques ressenties par les Gazaouis et l’incapacité à mettre en œuvre des accords créeront de plus fortes pressions sur la région frontalière », ont continué ces mêmes sources.

Un porte-parole du bras armé du groupe terroriste du Hamas à Gaza parle aux journalistes dans la ville de Khan Younes, au sud de la bande de Gaza, le 11 novembre 2019 (Crédit : AP Photo/ Hatem Moussa)

« Il n’y aura pas de calme gratuit tant qu’il y aura de la procrastination, des retards et un durcissement des restrictions », auraient également clamé les officiels du Hamas, selon ces sources.

Dans la seconde moitié de 2018, l’Égypte, aux côtés des Nations unies et du Qatar, a joué un rôle déterminant dans les négociations de cessez-le-feu informel entre le Hamas, à la tête de Gaza, et l’État juif.

Ces accords ont largement porté sur la levée des restrictions imposées par Israël sur les mouvements des biens et des personnes vers et depuis Gaza en échange du maintien d’un calme relatif dans la région frontalière entre la bande et Israël.

Les responsables du Hamas ont également dit aux Égyptiens que « l’occupation – si elle devait faire quelque chose de stupide ou si elle assassinait les leaders de la résistance – serait à l’origine d’une guerre majeure qui aurait un impact significatif sur l’État et les dirigeants de l’occupation », ont ajouté les sources.

Photo d’illustration : Une batterie du Dôme de fer, dans le sud d’Israël, à la frontière avec la bande de Gaza, le 13 novembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les terroristes palestiniens de la bande de Gaza avaient commencé à lancer des explosifs et des dispositifs incendiaires vers Israël en les accrochant à des ballons ou à des cerfs-volants en 2018. Cette pratique avait augmenté avec le temps, mais a atteint un pic considérable ces dernières semaines, des dizaines de bombes attachées à des ballons atterrissant dans les villes et dans les communautés agricoles adjacentes à l’enclave palestinienne.

Le commandement intérieur de l’armée israélienne a diffusé , vendredi, un poème pour les enfants les mettant en garde contre les dangers de ces ballons entrant dans le territoire depuis Gaza.

En plus d’être accrochés à des ballons colorés, certains de ces dispositifs explosifs prennent également la forme d’objets attirants pour les enfants, comme des livres ou des ballons de football.

Ces attaques aériennes ont fait peu de blessés, mais elles ont entraîné de très importants dégâts dans les zones agricoles, les parcs et les forêts israéliennes, en particulier au cours des mois d’été secs.

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