Netanyahu « s’allierait avec le Hamas pour s’assurer une immunité » – Liberman
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Netanyahu « s’allierait avec le Hamas pour s’assurer une immunité » – Liberman

Le chef de Yisrael Beytenu demande au président de la Knesset de ne pas bloquer la création d'un panel débattant de l'immunité du Premier ministre sous peine de "confrontation"

Le président du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, s'entretient avec les médias lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, s'entretient avec les médias lors d'une réunion de faction à la Knesset, le 2 décembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Dans une attaque virulente contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président du parti Yisrael Beytenu a clamé, samedi, que le leader israélien serait capable de mettre en place une coalition avec le groupe terroriste du Hamas s’il pouvait gagner par cette alliance son immunité parlementaire.

« La démence atteint aujourd’hui son comble », a affirmé le dirigeant du parti laïc de droite lors d’une conférence publique dans la ville de Netanya. « Il est clair que Kakhol lavan est prêt à construire une coalition avec les ultra-orthodoxes et la Liste arabe unie tandis que Netanyahu veut l’immunité – même au prix d’une coalition avec le Hamas. »

Kakhol lavan a particulièrement dit – comme Liberman – que la formation voulait mettre en place un gouvernement centriste et laïc.

Commentant la possibilité que le président de la Knesset, Yuli Edelstein, empêche la convocation d’une commission parlementaire chargée de voter sur l’octroi de l’immunité aux députés, Liberman a déclaré que « si nous sommes dans l’obligation d’entrer en confrontation avec lui, alors ce sera le cas ».

Répondant aux attaques récentes de Liberman contre les initiatives prises par Netanyahu pour obtenir l’immunité, le ministre de l’Economie et de l’Industrie Eli Cohen (Likud) a estimé samedi qu’un vote pour Yisrael Beytenu lors des prochaines élections nationales, les troisièmes de l’année, conduirait en fait à voter en faveur d’un quatrième scrutin consécutif.

Le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen, assiste à une conférence de presse à Tel Aviv, le 4 janvier 2018. (Crédit : Flash90)

Liberman a fait campagne, au cours du des dernières élections, sur le principe que seul un bulletin en faveur de son parti pouvait garantir un gouvernement d’unité – un résultat qu’il a été dans l’incapacité d’obtenir. Cohen a affirmé que ceux qui voulaient la mise en place d’un gouvernement de droite devaient donner leur voix au Likud et que ceux qui voulaient une majorité de gauche, qui s’appuierait sur la Liste arabe unie, devaient voter pour Kakhol lavan.

Le ministre de l’Economie n’a offert aucune autre alternative.

Les négociations entre Kakhol lavan et le Likud visant à former un gouvernement d’unité au lendemain du scrutin du mois de septembre n’ont donné aucun résultat – le parti d’opposition de Benny Gantz refusant de siéger sous l’autorité de Netanyahu tant que ce dernier serait en proie à des déboires judiciaires et le Likud rejetant la demande de Kakhol lavan de prendre la tête de la prochaine coalition ou d’abandonner ses alliés de droite et ultra-orthodoxes.

Le numéro un de Yisrael Beytenu a dénoncé la décision de Netanyahu de réclamer une immunité parlementaire dans les poursuites judiciaires intentées à son encontre suite à ses mises en examen, affirmant que cette initiative « n’a pas d’influence au niveau électoral, mais qu’elle est prépondérante au niveau du principe ».

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, (à gauche), et le président de la Knesset, Yuli Edelstein, le 14 mars 2013. (Yonatan Sindel/Flash90)

« J’espère sincèrement que mon ami, Yuli Edelstein, le président de la Knesset, prendra en charge la question de la manière dont doit le faire un homme d’Etat », a-t-il ajouté.

Edelstein se trouve au centre d’une controverse concernant la demande d’immunité de Netanyahu, les partis à la Knesset s’opposant à Netanyahu cherchant à faire en sorte de débattre immédiatement de sa demande d’immunité plutôt que de repousser les discussions au lendemain du prochain scrutin.

Netanyahu a officiellement demandé l’immunité parlementaire face aux poursuites. Mais le Premier ministre et ses alliés veulent empêcher la formation de la commission de la Knesset – l’instance qui serait en charge du débat sur la requête d’immunité – avant le vote du 2 mars.

Au vu de la composition de la Knesset actuelle, une majorité de membres susceptibles d’intégrer la commission devrait voter contre l’octroi de cette immunité. Yisrael Beytenu, de manière cruciale, a indiqué que son parti se prononcerait contre.

Après les élections du mois de mars, en contraste, Netanyahu espère gagner une majorité parlementaire et avoir une meilleure chance d’obtenir l’immunité. Et si ce n’est pas le cas, cette démarche reporterait un potentiel procès de plusieurs mois et empêcherait cette perspective d’avoir une influence sur la prochaine campagne électorale.

Le parti centriste Kakhol lavan devrait demander, dimanche, qu’Edelstein donne son feu vert à la convocation de la commission des Arrangements, chargée des questions de procédures parlementaires et qui devra se réunir à son tour pour créer la commission de la Knesset temporaire qui accueillera les débats sur la requête du Premier ministre.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, et le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, à la Knesset, le 7 mai 2013. (Crédit : Flash)

Selon un reportage diffusé vendredi par la Douzième chaîne, le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, devrait autoriser la formation de la commission des Arrangements, une initiative qui devrait nuire aux tentatives de Netanyahu d’échapper aux poursuites.

Yinon a d’ores et déjà déterminé que même si Israël est actuellement placé sous l’autorité d’un gouvernement de transition, il n’y a pas d’obstacle légal à la formation de la commission. Il est en train de formuler un avis juridique sur la capacité d’Edelstein, membre du parti du Likud de Netanyahu, à empêcher l’établissement de cette dernière.

Pour leur part, la majorité des parlementaires soutiennent la rencontre de la commission.

Le bureau de Yinon a fait savoir qu’il émettrait dimanche son jugement sur la question.

La Douzième chaîne a fait savoir que Yinon statuerait sur une éventuelle formation de la commission en dépit des objections d’Edelstein et que ce dernier « acceptera ce jugement, que ce soit en faisant part de son mécontentement ou en adoptant une certaine réserve ».

La chaîne n’a pas fait connaître ses sources.

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz s’exprimant lors d’une conférence à la Knesset organisée par l’élue Travailliste-Gesher Revital Swid (centre) sur ‘la protection de l’Etat de droite », le 11 décembre 2019. (Elad Malka/Kakhol lavan)

Le Premier ministre et ses partisans ont déclaré que la commission ne pouvait pas être formée, le gouvernement israélien étant transitoire – et également parce que le temps qui reste avant les élections est insuffisant pour que la commission réfléchisse de manière appropriée à sa demande.

Les alliés de Netanyahu ont également clamé que Yinon se trouvait au cœur d’un conflit d’intérêt, son épouse ayant été l’une des procureures qui a travaillé sur les dossiers de corruption à l’encontre du Premier ministre et que le conseiller juridique devait, par conséquent, se retirer des délibérations du parlement. Yinon, pour sa part, clame que sa décision porte sur des problèmes et des principes de procédure et non sur les affaires spécifiques incriminant Netanyahu.

Si Edelstein refuse d’autoriser la convocation de la commission, Kakhol lavan devrait chercher à lui faire quitter son poste de président de la Knesset en réclamant une rencontre en plénière qui procéderait au vote d’un président remplaçant.

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