New York interdira automatiquement les mohels responsables de cas d’herpès chez les nourrissons
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New York interdira automatiquement les mohels responsables de cas d’herpès chez les nourrissons

Depuis l'an 2000, 24 cas d'herpès auraient été contractés en suçant le sang directement à la blessure de la circoncision

Un bébé après une cérémonie de brit milah. Illustration. (Crédit: Gershon Elinson/Flash90)
Un bébé après une cérémonie de brit milah. Illustration. (Crédit: Gershon Elinson/Flash90)

Le département de la Santé de la ville de New York a indiqué qu’il interdira d’exercer les péritomistes rituels si le nouveau-né qu’ils ont traité oralement développait une infection liée à l’herpès.

Cette interdiction frapperait ceux qui accomplissent le rituel connu sous le nom de metzitzah bpeh, lors duquel celui qui effectue la circoncision – un mohel – suce le sang de la blessure suite à la circoncision.

C’est une pratique courante parmi les Juifs orthodoxes haredim. Lorsqu’elle est faite directement avec la bouche, et non à travers une pipette stérile, la pratique transmet directement le virus de l’herpès.

Les termes de la nouvelle réglementation sont les suivants: « à chaque fois qu’un herpès de type HSV-1 sera décelé sur un nouveau-né ayant subi une metzitzah bpeh de la part d’un mohel, le département émettra une ordonnance du commissaire interdisant à ce dernier de pratiquer le rituel », a annoncé jeudi le journal Jewish Week of New York, citant des responsables de la ville.

Le département de la Santé va dorénavant interdire d’exercice tous les mohels liés à des cas d’herpès chez des nouveaux-nés sans nécessité de recherche préalable du virus, a fait savoir le journal. Avant cette régulation, l’interdiction aurait dépendu des résultats des tests de recherche du virus chez le mohel et chez le bébé.

L’adoption de cette nouvelle règle survient un jour après que le commissaire à la Santé de la ville a confirmé que deux mohels ont été interdits de pratiquer des metzitzah bpeh.

Environ 24 cas d’herpès qui auraient été contractés lors d’une metzitzah bpeh ont été rapportés à New York depuis l’an 2000, selon le bureau de la santé.

Selon les termes de l’ancienne politique et de la nouvelle, la ville attend des mohels qu’ils s’auto-régulent. Un porte-parole de la municipalité a indiqué à Jewish Week que les règles de confidentalités empêchent les responsables de la santé de diffuser les noms des mohels interdits d’exercice. Ces derniers écoperont toutefois d’une amende de 2 000 dollars s’ils contreviennent aux ordres.

Le rabbin Heber, éminent mohel de Crown Heights, a fait savoir que cette nouvelle politique « représente ce que certains qualifieraient de chasse aux sorcières ou de libérations de sang modernes », a fait savoir le journal Jewish Week.

Mais les critiques de la technique de la metzitzah bpeh ont estimé pour leur part que l’interdiction protégerait les nouveaux-nés des risques encourus en dissuadant les mohels d’effectuer le rituel.

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