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« Nous n’avons jamais été des enfants » : Rencontre avec Berthe Badehi à Tel Aviv

Berthe Badehi, enfant cachée dans une famille en Haute Savoie pendant la Shoah, présentera son ouvrage autobiographique le 4 avril à l’Institut français de Tel Aviv

Berthe Badehi à Yad Vashem. (Crédit : Marc Israël Sellem / Editions Stock / Autorisation de l’Institut français d’Israël)
Berthe Badehi à Yad Vashem. (Crédit : Marc Israël Sellem / Editions Stock / Autorisation de l’Institut français d’Israël)

L’ouvrage Nous n’avons jamais été des enfants – 1939-1945, une enfance cachée narre l’histoire de Berthe Badehi, enfant cachée dans une famille en Haute Savoie pendant la Shoah.

Publié en octobre dernier aux éditions Stock, le livre sera présenté à l’auditorium de l’Institut français de Tel Aviv (7 bd. Rothschild) le 4 avril prochain à 19h30, en présence de Berthe Badehi et de son co-auteur, Frédéric Métézeau, éditorialiste, grand reporter et correspondant de Radio France en Israël. La rencontre, en français et en entrée libre, sera modérée par Roselyne Déry, attachée pour le livre à l’Institut français d’Israël.

Née à Lyon dans une famille juive d’origine polonaise, Berthe Badehi, née Elzon, était âgée de neuf ans en 1941 quand elle a été accueillie et protégée par Marie Massonat, une paysanne du Montcel, un village de Savoie. Elle est restée cachée là jusqu’en 1944 afin d’échapper à la déportation.

Marie Massonat, décédée dans les années 1970, a été reconnue « Juste parmi les Nations » à titre posthume en 1997.

Berthe est partie en Israël en 1956 et a gardé contact avec la famille Massonat.

Depuis 25 ans, chaque jour, elle guide des groupes de visiteurs au mémorial de Yad Vashem pour témoigner.

« La grande majorité des gens ont bien sûr entendu parler de la Shoah », dit-elle, « mais rien ne peut remplacer les mots de ceux qui en furent les témoins… »

« Six jours par semaine, six heures par jour, souvent le matin, Berthe accueille les visiteurs dans le grand hall d’entrée de Yad Vashem », écrit le co-auteur et journaliste Frédéric Métézeau. « Elle s’adresse à eux en hébreu, français, anglais et allemand pour guider, proposer des audioguides, des plans du mémorial… ou des mouchoirs en papier pour essuyer les larmes à l’issue de la visite. Toute sa vie, Berthe s’est tenue debout. En Savoie quand il fallait vivre cachée. À Lyon après-guerre quand elle a dû repartir de zéro avec ses parents. Aujourd’hui encore, à peine tassée, toujours vive et lumineuse, Berthe a pris le temps de s’asseoir avec moi pour me raconter cette incroyable vie commencée il y a presque 90 ans. Elle n’a oublié aucune date, aucun nom, aucun lieu. De la Pologne à Israël en passant par Lyon et la Savoie, je chemine dans des mondes qui n’existent plus : l’Israël des pionniers des années cinquante, la Savoie paysanne des années quarante, la Lyon ouvrière et industrieuse des années trente, le shtetl polonais du début du XXe siècle englouti par l’Holocauste. Sa vie est aussi une leçon de vie. »

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