Nucléaire iranien : le chef de l’AIEA « préoccupé » par des sites non déclarés
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Nucléaire iranien : le chef de l’AIEA « préoccupé » par des sites non déclarés

Dans son précédent rapport de février, le gendarme onusien du nucléaire avait évoqué sans le nommer un de ces sites, en l'occurrence l'entrepôt du district de Turquzabad

Une image montrée par le Premier ministre  Benjamin Netanyahu durant un discours à l'Assemblée générale des Nations unies montrant un "entrepôt atomique présumé" à Téhéran, dans le quartier de Turquzabad. (Crédit : GPO)
Une image montrée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant un discours à l'Assemblée générale des Nations unies montrant un "entrepôt atomique présumé" à Téhéran, dans le quartier de Turquzabad. (Crédit : GPO)

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait part de ses inquiétudes concernant la situation de plusieurs sites iraniens non déclarés, tandis que le stock d’uranium enrichi de Téhéran continue de s’accumuler, selon deux rapports consultés lundi par l’AFP.

Ces documents seront examinés lors d’un Conseil des gouverneurs la semaine prochaine, au moment où les grandes puissances sont réunies à Vienne pour ressusciter l’accord international de 2015, destiné à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique.

« Le directeur général (Rafael Grossi) est préoccupé par le fait que les discussions techniques entre l’Iran et l’Agence n’ont pas produit les résultats escomptés », écrit l’AIEA.

Ces réunions, qui ont débuté en avril pour tenter de « sortir de l’impasse », ont pour but de clarifier la présence de matières nucléaires en plusieurs endroits, « clairement » établie par les inspections.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, s’exprime lors d’une interview à l’AFP à Vienne, le 30 novembre 2020. (Alex Halada/AFP)

« Leur localisation actuelle n’est pas connue par l’agence », explique l’instance onusienne, qui a son siège dans la capitale autrichienne. Le problème remonte dans la plupart des cas au début des années 2000.

Dans son précédent rapport de février, l’AIEA s’était déclarée « vivement préoccupée » par un de ces sites sans le nommer, en l’occurrence l’entrepôt du district de Turquzabad, dans la province de Téhéran.

Trois sites au total sont dans son viseur et l’Agence en mentionne un quatrième, pour lequel « l’Iran n’a pas répondu aux questions ».

L’entrepôt atomique présumé de l’Iran à Turquzabad, Téhéran. (Capture d’écran de YouTube)

16 fois la limite autorisée

L’AIEA fait par ailleurs le point sur l’uranium faiblement enrichi accumulé par l’Iran.

Sa quantité est désormais près de 16 fois supérieure à la limite autorisée par l’accord international de 2015.

Elle atteint 3 241 kilos pour un plafond fixé à 202,8 kilos (ou 300 kilos équivalent UF6), d’après une estimation, contre 2 967,8 kilos en février.

Sur cette image réalisée à partir d’une vidéo du 17 avril 2021, publiée par la télévision d’État Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB, diverses machines à centrifuger sont alignées dans un hall de l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz, en Iran. (IRIB via AP, File)

La cadence s’est toutefois ralentie par rapport aux trois mois précédents, alors que le complexe nucléaire de Natanz a été victime le 11 avril d’une explosion imputée par Téhéran à Israël.

Outre cet uranium enrichi à moins de 5 %, l’Iran a repris depuis le début de l’année l’enrichissement à 20 %, avant de franchir un cap inédit en avril en montant à 60 %, se rapprochant ainsi des 90 % nécessaires à une utilisation militaire.

Selon le rapport, le stock à 20 % s’élève à 62,8 kg et celui à 60 % à seulement 2,4 kg pour le moment.

L’AIEA n’a cette fois pas pu vérifier le total en raison des restrictions d’accès décrétées par Téhéran depuis la mi-février, a expliqué un diplomate proche du dossier, tout en insistant sur l’exactitude des données fournies.

La République islamique s’est affranchie progressivement depuis 2019 de ses obligations nucléaires, en riposte au rétablissement des sanctions américaines par Donald Trump.

Les négociations actuellement en cours à Vienne visent à faire revenir les Etats-Unis dans le giron de l’accord, en échange d’un retour au strict respect par Téhéran de ses engagements nucléaires.

Les diplomates espèrent aboutir avant la présidentielle du 18 juin en Iran.

Les électeurs sont appelés aux urnes pour élire un successeur au président modéré Hassan Rouhani dans un climat de mécontentement général face à la grave crise économique et sociale dans le pays.

L’espoir né de la conclusion de l’accord sur le nucléaire en 2015 a vite fait place à la désillusion, surtout lorsque l’ancien président américain, Donald Trump, a dénoncé ce pacte en 2018, avant de rétablir des sanctions qui ont plongé l’Iran dans une violente récession.

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