Nucléaire iranien : plus qu’une « volonté » pour aboutir avant août, dit Rouhani
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Nucléaire iranien : plus qu’une « volonté » pour aboutir avant août, dit Rouhani

Le dernier mot revient à l'ayatollah Ali Khamenei; Gantz à Washington; Incendie gigantesque dans une raffinerie dans le sud de la capitale

Le guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei, (à gauche), et le président Hassan Rouhani à l'investiture de Rouhani, à Téhéran, le 3 août 2017. (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)
Le guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei, (à gauche), et le président Hassan Rouhani à l'investiture de Rouhani, à Téhéran, le 3 août 2017. (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

L’hypothèse d’une conclusion heureuse avant août des négociations en cours pour tenter de relancer l’accord sur le nucléaire iranien ne tient plus qu’à une « volonté » extérieure au gouvernement, a déclaré mercredi le président iranien, Hassan Rouhani.

M. Rouhani a été le promoteur de cet accord torpillé par l’ex-président américain Donald Trump en 2018, mais la décision finale sur les discussions en cours à Vienne pour tenter de le remettre sur les rails revient au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Aujourd’hui, nous constatons que nos problèmes principaux avec les Américains dans ces négociations ont été résolus et qu’il ne reste plus que quelques questions mineures, sur lesquelles nous allons négocier et obtenir des résultats », a déclaré M. Rohani, lors d’un discours télévisé tenu en Conseil des ministres.

« S’il y a la volonté que cela soit fait sous ce gouvernement, alors ce gouvernement a (pour ainsi dire) fini son travail », a ajouté M. Rohani, dont l’exécutif doit céder la place dans le courant du mois d’août au gouvernement qui sera constitué par le vainqueur de la présidentielle des 18 et 25 juin, à laquelle il ne peut se représenter.

Validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, l’accord sur le nucléaire iranien a été conclu entre la République islamique et le groupe dit P5+1 (les cinq membres permanents – Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie – plus l’Allemagne) à Vienne en 2015.

Il offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales le visant en échange de garanties prouvant que l’Iran ne cherche pas à acquérir l’arme atomique.

Mais les Etats-Unis s’en sont retirés unilatéralement en 2018, sous M. Trump, avant de rétablir les sanctions américaines que le pacte avait levé.

En riposte, Téhéran a fait sauter depuis 2019 la plupart des garde-fous à son programme nucléaire qu’elle avait acceptés à Vienne.

Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’un discours prononcé le 11 janvier 2021. (Crédit : Elad Malka)

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, doit se rendre mercredi aux Etats-Unis pour une visite éclair afin d’évoquer la reprise des négociations internationales sur le nucléaire iranien, initiées par Washington.

Les grandes puissances sont réunies depuis début avril à Vienne pour ressusciter l’accord international de 2015 destiné à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique.

Benny Gantz s’entretiendra lors de cette visite d’une journée à Washington avec son homologue Lloyd Austin, le secrétaire d’Etat Antony Blinken et le conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan du « dialogue stratégique sur l’accord nucléaire entamé avec l’Iran », ont indiqué les services de M. Gantz dans un communiqué.

Le président américain, Joe Biden, veut revenir dans cet accord de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien et qu’a quitté l’administration Trump trois ans plus tard en réimposant des sanctions à Téhéran. L’Iran était revenu sur certains de ses engagements en riposte aux décisions américaines.

M. Biden a ainsi engagé des négociations indirectes à Vienne avec les Iraniens pour déterminer quelles sanctions Washington peut lever en échange d’un retour de Téhéran aux termes prévus par le texte de 2015.

L’Etat hébreu s’oppose fermement à l’accord qui pourrait, selon ses dirigeants, permettre à l’Iran de développer son armement nucléaire et menacer « l’existence » d’Israël, pays réputé première puissance militaire et seule puissance nucléaire de la région.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réitéré mardi qu’Israël n’hésiterait pas à risquer un conflit diplomatique avec son allié le plus proche sur ce sujet.

« Si nous devons choisir – et j’espère que cela n’arrivera pas – entre les frictions avec notre grand ami, les Etats-Unis, et l’élimination d’une menace existentielle, l’élimination d’une menace existentielle prévaudra », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’investiture du nouveau chef du Mossad, les services de renseignements extérieurs.

De droite à gauche : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le nouveau chef du Mossad David Barnea et le dirigeant sortant de l’agence d’espionnage Yossi Cohen, le 1er juin 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Dans la foulée, Benny Gantz a, lui, assuré que si l’Iran était une « menace pour la sécurité régionale et la paix mondiale », les Etats-Unis restaient « l’allié le plus important d’Israël ».

« Même si des différends surviennent, ils seront résolus par un dialogue direct, à huis clos, et non par des déclarations provocatrices qui ne peuvent que nuire à la sécurité israélienne », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il sera également question lors de cette visite de l’accord d’aide militaire américain à Israël et « de la stabilité au Moyen-Orient en général », notamment de la consolidation du cessez-le-feu conclu entre le groupe terroriste palestinien du Hamas et Israël le 21 mai dernier.

Une photo prise le 2 juin 2021 montre de la fumée s’échappant du site d’un incendie de raffinerie dans la capitale iranienne Téhéran. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Une raffinerie de pétrole a pris feu mercredi dans le sud de Téhéran à la suite d’une explosion causée par la fuite d’une conduite de gaz, selon les autorités.

L’accident a provoqué un immense brasier visible à des kilomètres à la ronde.

Selon la télévision d’Etat, au moins 18 des réservoirs ont pris feu.

En soirée, vers 22H45 (18H15 GMT), les flammes n’étaient cependant plus visibles de loin et l’incendie semblait baisser en intensité, selon des journalistes de l’AFP ayant pu approcher des lieux du sinistre, bouclés par des forces de l’ordre déployées en grand nombre.

« L’accident a été causé par une fuite sur une conduite de secours de gaz liquéfié » et « une explosion a provoqué le départ d’incendie, causant la fumée que l’on voit », a déclaré à la télévision d’Etat Mansour Darajati, chef de la cellule de crise de la capitale iranienne.

Selon le site internet de l’audiovisuel public, M. Darajati a indiqué que le feu s’était déclaré vers 15H00 GMT et qu’il n’y avait « heureusement aucun mort à ce stade ».

La raffinerie en feu, en service depuis 1968 appartient à la Tehran Oil Refining Company et a une capacité de 250 000 barils par jour, a précisé l’agence officielle Irna.

Elle est située à la lisière sud de la capitale, sur une vaste zone industrielle distante de quelques centaines de mètres seulement de quartiers d’habitation.

Selon la chaîne Telegram de la TV d’Etat, un porte-parole de la société a dit rejeter « toute spéculation sur un sabotage ». « L’accident s’est produit à la suite d’un problème technique et nous sommes actuellement en train de contrôler le feu. »

Un reporter de la télévision d’Etat à proximité des lieux avait déclaré que l’incendie était « énorme » et que « certains des réservoirs de stockage brûlaient ».

L’incendie de la raffinerie est survenu quelques heures après que la Marine iranienne eut annoncé mercredi le naufrage en mer d’Oman d’un des ses plus gros bâtiments, long de plus de 200 m, après des heures de lutte contre un incendie d’origine obscure.

Les accidents industriels sont fréquents en Iran.

Selon des médias iraniens, neuf personnes ont été blessées le 23 mai après une déflagration dans une usine de fabrication de poudre et d’explosifs dans le centre du pays.

Trois jours plus tard, une explosion dans un centre pétrochimique sur le Golfe a tué une personne.

Par ailleurs, Israël, ennemi de la République islamique d’Iran, apparaît comme le suspect numéro un pour deux accidents survenus au cours des douze derniers mois dans des installations du programme nucléaire iranien et qualifiés par Téhéran d’actes de sabotage.

Compte tenu des tensions avec Israël, certains dans le pays ont tendance à voir dans chaque accident la main des services israéliens, mais pour d’autres, les sanctions américaines, qui isolent presque totalement l’Iran du reste du monde et compliquent l’entretien des infrastructures industrielles sont une explication plus convaincante.

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