Onze arrestations lors d’une manifestation contre l’incarcération d’un déserteur
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Onze arrestations lors d’une manifestation contre l’incarcération d’un déserteur

Des centaines de personnes ont bloqué la rue Bar Ilan à Jérusalem et ont affronté les forces de l'ordre

Des ultra-orthodoxes bloquent une route lors d'une manifestation contre l'emprisonnement d'un étudiant de yeshiva qui n'a pas respecté un ordre de recrutement militaire, Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des ultra-orthodoxes bloquent une route lors d'une manifestation contre l'emprisonnement d'un étudiant de yeshiva qui n'a pas respecté un ordre de recrutement militaire, Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Des centaines d’hommes ultra-orthodoxes ont manifesté dimanche à Jérusalem contre l’arrestation d’un déserteur issu de la communauté, qui a été arrêté à l’aéroport alors qu’il tentait de quitter le pays pour se rendre en Pologne.

Onze manifestants, qui obstruaient la rue Bar Ilan, une artère commerciale de la capitale, ont été arrêtés. L’un d’entre eux tentait d’incendier une poubelle, selon la police.

La manifestation a été organisée par la Faction de Jérusalem, un groupe extrémiste qui mène régulièrement des manifestations contre l’enrôlement des membres de la communauté ultra-orthodoxe dans l’armée israélienne. Elle a été organisée en soutien à l’étudiant Yehuda Tombek, qui n’a pas rempli les documents nécessaires pour recevoir une dispense de service militaire, et a été arrêté la semaine dernière à l’aéroport Ben Gurion. Il prévoyait de se rendre en Pologne pour réaliser un pèlerinage sur les tombes de rabbins.

Le tribunal militaire de Jaffa a prolongé dimanche la détention de Tombek de deux mois.

La communauté ultra-orthodoxe a historiquement bénéficié d’exemptions générales de l’armée au profit d’études religieuses en yeshiva, et de nombreux membres de la communauté se soustraient au service militaire, obligatoire pour les autres Israéliens juifs.

Cependant, de nombreux membres de la population s’opposent à cet arrangement et veulent que les ultra-orthodoxes assument une partie du fardeau de la défense du pays.

Des factions extrémistes ultra-orthodoxes qui décrient l’État d’Israël et nient l’autorité de l’État empêchent même leurs membres de se présenter au bureau du projet pour être dispensés, ce qui en fait des déserteurs.

L’impasse politique actuelle en Israël remonte à un désaccord politique au sujet de la conscription des étudiants en yeshiva. En mai, deux mois après que les électeurs israéliens ont semblé donné au Premier ministre Benjamin Netanyahu le mandat pour former un gouvernement, les négociations de coalition se sont heurtées à un obstacle.

Le point d’achoppement était un projet de loi obligeant les hommes ultra-orthodoxes à participer au service militaire obligatoire. Les partis ultra-orthodoxes voulaient assouplir le texte de la loi, tandis qu’Avidgor Liberman et son parti de droite laïc Yisrael Beytenu insistaient qu’il ne rejoindrait le gouvernement que si la loi était adoptée dans sa forme actuelle.

Le projet de loi élaboré par le ministère de la Défense et en cours d’examen prévoyaient des objectifs annuels minimaux pour la conscription ultra-orthodoxe qui, s’ils n’étaient pas atteints, entraîneraient des sanctions financières pour les yeshivot fréquentaient par ces étudiants. En même temps, le texte officialiserait également les exemptions pour la grande majorité des étudiants de yeshiva.

La semaine dernière, l’armée israélienne a annoncé qu’elle avait lancé une enquête sur l’augmentation du nombre de soldats ultra-orthodoxes enrôlés ces dernières années, à la suite d’un reportage de la chaîne Kan sur la question.

Selon le reportage, au fil des ans, l’armée israélienne a publié de faux chiffres sur le nombre de personnes issues de la population ultra-orthodoxe ayant rejoint l’armée, doublant ou triplant parfois les véritables chiffres, donnant l’impression que l’armée était plus proche des quotas fixés par la loi que ce qui était le cas en réalité.

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