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Opération à Gaza-City : Zamir insiste sur son devoir d’avertir des « risques et enjeux »

Le chef d’état-major qualifie le retour des otages "d'engagement moral" ; le porte-parole de Tsahal affirme que l'armée fera tout pour éviter de compromettre les captifs

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s'exprimant dans une vidéo enregistrée depuis la frontière avec Gaza, le 16 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s'exprimant dans une vidéo enregistrée depuis la frontière avec Gaza, le 16 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré mardi qu’il était de son devoir de présenter « les risques et les enjeux » des opérations militaires aux dirigeants politiques, semblant ainsi défendre son opposition lors d’une réunion du cabinet, rapportée par la presse, à l’offensive majeure dans Gaza-City.

Alors que cette nouvelle offensive contre le groupe terroriste palestinien du Hamas était lancée, Zamir a déclaré dans une vidéo : « Tsahal est l’armée du peuple ; c’est là que réside sa force. Tsahal est au service du peuple et agit pour son bien. »

« En tant que commandant de l’armée, il est de mon devoir de présenter, avant chaque opération, toutes les implications possibles en matière de sécurité. Tous les risques et toutes les opportunités ont été présentés de manière claire et professionnelle à l’échelon politique. C’est dans ce cadre que je dirige l’opération, en collaboration avec un excellent groupe de commandants chevronnés, afin d’atteindre tous les objectifs de manière responsable et sécurisée », a-t-il expliqué.

Il a souligné que le retour des otages était « un objectif de guerre et un engagement national et moral », alors que les familles des personnes retenues captives par les terroristes craignent que cette nouvelle opération ne mette encore davantage leur vie en danger.

« Au cours de la journée écoulée, après de longues discussions avec les instances politiques, Tsahal a considérablement intensifié ses opérations à Gaza-City. Nous opérons en profondeur sur le territoire, combinant forces terrestres, tirs précis et renseignements de qualité. Notre objectif est d’intensifier les frappes contre le Hamas jusqu’à sa défaite », a-t-il déclaré.

« Toutes nos opérations sont menées selon un plan méthodique, avec la libération des otages et la défaite du Hamas en ligne de mire », a poursuivi Zamir.

Un char de l’armée israélienne se dirigeant vers Gaza-City lors du lancement de l’opération militaire visant à prendre le contrôle de la ville, sur une photo publiée le 16 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Avant l’opération, il avait été rapporté que Zamir se serait opposé à la prise de contrôle de Gaza-City, qui a finalement été ordonnée par les dirigeants politiques israéliens. Il aurait également exhorté à plusieurs reprises les ministres à accepter un accord de cessez-le-feu et de libération des otages.

Zamir a déclaré mardi que le Hamas avait subi de lourds revers de la part d’Israël. « Nous avons vaincu l’essentiel de sa puissance armée, et nous consolidons désormais les acquis qui nous permettront de rapprocher la fin de la guerre », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les accusations de crimes de guerre à Gaza, il a répondu : « Tsahal agit conformément au droit international et fait tout son possible pour éviter de nuire aux civils. »

« Dans cette campagne, nous agissons pour vaincre un groupe terroriste qui proclame haut et fort que son objectif est d’éliminer l’État d’Israël », a-t-il ajouté.

De gauche à droite, le conseiller à la Sécurité nationale, Tzahi Hanegbi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, dans le bunker de commandement militaire, aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le 16 septembre 2025. (Crédit : Maayan Toaf/GPO)

S’exprimant mardi depuis le bunker de commandement de Tsahal aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souligné les efforts déployés par Israël pour protéger les civils lors de l’intervention des forces israéliennes.

« Nos forces opèrent à Gaza-City dans le but, bien sûr, de vaincre l’ennemi, tout en s’efforçant d’évacuer la population civile », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée par son bureau.

« Nous nous efforçons actuellement d’ouvrir des voies supplémentaires pour permettre une évacuation plus rapide de la population de Gaza et la séparer des terroristes que nous avons l’intention de frapper. »

D’autre part, le porte-parole de l’armée israélienne, le brigadier général Effie Defrin, a déclaré que Tsahal « ferait tout son possible » pour protéger les otages durant son offensive contre le Hamas à Gaza-City.

Interrogé lors d’une conférence de presse sur la manière dont l’armée compte mener ses opérations à Gaza-City après la diffusion par le Hamas d’images montrant des otages détenus dans cette ville, Defrin a répondu : « Nous sommes conscients des préoccupations des familles des otages, nous ferons tout notre possible pour éviter de compromettre leur sécurité. »

Le Hamas a ouvertement menacé de tuer les otages si les soldats de Tsahal s’approchaient des zones où ils sont détenus. Les familles des otages ont exprimé leur profonde inquiétude quant au sort de leurs proches.

Depuis la frontière de Gaza, Defrin a accusé le Hamas de ne pas autoriser les civils palestiniens à se déplacer pour se mettre à l’abri.

« Le Hamas a mis en place à Gaza-City le plus grand bouclier humain de l’histoire. Il exploite la population civile comme bouclier humain. Il l’empêche d’évacuer les zones de combat, tout en recourant à la violence », a-t-il souligné, ajoutant que Tsahal permettait aux civils de partir « pour leur protection ».

Selon les estimations de l’armée, plus de 350 000 Palestiniens auraient quitté Gaza-City ces dernières semaines pour se rendre dans d’autres zones de l’enclave.

« Conformément au droit international, Tsahal a adapté ses efforts humanitaires aux Gazaouis quittant Gaza-City », a-t-il ajouté.

« Il n’y aura pas de famine à Gaza ; l’aide humanitaire sera également acheminée vers le nord de la bande de Gaza », a-t-il affirmé.

Israël conteste fermement les accusations de famine à Gaza, soulignant qu’il s’efforce d’acheminer l’aide aux civils de la région. Il accuse les Nations unies de retarder l’acheminement de l’aide et le Hamas de voler les marchandises.

De la fumée s’élevant lors de bombardements israéliens sur la bande de Gaza, le 16 septembre 2025. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Defrin a indiqué que l’armée contrôle actuellement de « vastes » zones de Gaza-City, à la suite « d’une activité intense de Tsahal ces dernières semaines dans les quartiers de Zeitoun et de Sheikh Radwan, ainsi qu’à Jabaliya ».

« Ces actions ont créé les conditions opérationnelles nécessaires pour intensifier les combats à l’intérieur de Gaza-City », a-t-il poursuivi, en référence à la nouvelle offensive terrestre de l’armée.

Tsahal diffuse des images de l’entrée des troupes dans Gaza-City

L’armée a diffusé des images montrant les troupes de la 98ᵉ division entrant dans Gaza-City lundi soir, lors du lancement de l’opération au sol.

Les troupes de la 98ᵉ division de l’armée israélienne entrant dans Gaza-City, tard dans la soirée du 15 septembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

 

Tsahal a expliqué que les soldats étaient entrés dans la ville avec le soutien de l’armée de l’air et de la marine israéliennes, et qu’ils avaient frappé des dizaines « d’infrastructures terroristes », notamment des postes d’observation et des bâtiments piégés.

Cette division, une formation d’élite composée de parachutistes et d’unités de commandos, a rejoint la 162ᵉ division, qui opérait déjà dans la périphérie de Gaza-City.

Dans les prochains jours, une troisième division, la 36ᵉ, se joindra à l’offensive sur Gaza-City, a indiqué Tsahal.

Les autorités sanitaires de Gaza, sous l’autorité du Hamas, ont fait état d’au moins 70 morts mardi, la plupart à Gaza-City, alors que des frappes aériennes massives balayaient la ville et que les chars avançaient.

Ces chiffres, publiés par le groupe terroriste, sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes.

Sur des images obtenues par Reuters, on peut voir des personnes escalader un immense tas de béton pour extraire les victimes, là où un missile a détruit deux immeubles résidentiels de plusieurs étages pendant la nuit. Une femme pleure lorsque le corps d’un jeune enfant est sorti des décombres, enveloppé à la hâte dans une couverture verte, puis emporté.

Abu Mohammed Hamed a raconté que plusieurs membres de sa famille ont été blessés ou tués, notamment une cousine dont le corps est coincé sous un bloc de béton : « Nous ne savons pas comment la dégager. Nous essayons depuis 3 heures du matin. »

Un journaliste de l’AFP a vu mardi de nombreuses personnes, dont des enfants, dormir devant un hôpital de Gaza-City après avoir fui leur domicile.

Des Gazaouis se dirigeant vers le sud avec leurs biens sur une route dans la zone du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, après la nouvelle évacuation de Gaza-City ordonnée par Israël, le 16 septembre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« Les gens n’ont pas les fonds nécessaires pour se déplacer vers le sud, ni même à l’intérieur de l’enclave », a indiqué Youssef Shanaa, qui s’est réfugié dans un hôpital.

Les gens ont évoqué les bombardements incessants sur Gaza-City, dont une grande partie est déjà en ruines après près de deux ans de frappes israéliennes visant les groupes terroristes.

Il ne restait plus qu’un immense amas de décombres d’un immeuble résidentiel situé au nord de la ville, touché par des bombardements nocturnes.

« Pourquoi tuer des enfants qui dorment paisiblement, les transformant en morceaux de chair ? », a demandé Abu Abd Zaquout.

Des Gazaouis se dirigeant vers le sud avec leurs biens sur une route dans la zone du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, après la nouvelle évacuation de Gaza-City ordonnée par Israël, le 16 septembre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

« Nous avons sorti les enfants morceau par morceau. »

Ismaïl Zaydah, 39 ans, a raconté avoir fui son domicile situé dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza-City, pour se réfugier près de la route côtière. Il a expliqué que les camions transportant les personnes vers le sud, vers une zone humanitaire désignée par Israël, facturaient environ 1 000 dollars, alors même que de nombreuses familles de Gaza-City mouraient de faim.

« Nous avons fui avec pour seuls bagages quelques vêtements. Les gens plantent leurs tentes dans l’ouest de Gaza-City et dorment parmi les déchets humains, car ils n’ont nulle part où aller », a-t-il déclaré.

La guerre a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Plus de 64 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.

L’armée israélienne assure prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 465 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.

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