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Pâque orthodoxe: le « feu sacré » de Jérusalem en Irak pour la première fois

Selon une tradition remontant au IVe siècle, le "feu sacré" descend du ciel chaque samedi précédant la Pâque orthodoxe pour apparaître au Saint-Sépulcre

Des chrétiens orthodoxes irakiens célèbrent le samedi de Pâques à l'église de l'ancien monastère Mar Matta dans le village de Bashiqa, à quelque 30 km au nord-est de la ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, dans la nuit du 23 avril 2022. (Crédit : SAFIN HAMED / AFP)
Des chrétiens orthodoxes irakiens célèbrent le samedi de Pâques à l'église de l'ancien monastère Mar Matta dans le village de Bashiqa, à quelque 30 km au nord-est de la ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, dans la nuit du 23 avril 2022. (Crédit : SAFIN HAMED / AFP)

Sous les youyous et les applaudissements, des milliers de chrétiens du nord de l’Irak ont accueilli pour la première fois le « feu sacré » venu de la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem à l’occasion de la Pâque orthodoxe célébrée dimanche.

Rassemblés au monastère syriaque orthodoxe de Mar Matta (Saint Matthieu), les habitants de la localité de Bachiqa et de la plaine de Ninive ont salué dans la nuit de samedi à dimanche l’arrivée du cierge allumé dans une lanterne, transporté par avion depuis la Jordanie, où le « feu sacré » était arrivé de Jérusalem.

Au son des chants liturgiques syriaques rythmés par les « halléluia » et les cymbales stridentes, la lanterne portée par un évêque est entrée dans l’église pleine à craquer du monastère, a constaté un correspondant de l’AFP.

La foule en liesse se pressait dans la cour, fidèles et membres du clergé se penchant pour embrasser la lanterne et recevoir sa bénédiction. Ils ont ensuite allumé leur propre cierge.

Le secret gardé par la hiérarchie orthodoxe sur les détails de la naissance du « feu sacré » nourrit légendes et dévotion.

Selon une tradition remontant au IVe siècle, le « feu sacré » descend du ciel chaque samedi précédant la Pâque orthodoxe pour apparaître au Saint-Sépulcre, où se sont déroulés la crucifixion, la mise au tombeau et la résurrection du Christ.

Des pèlerins chrétiens tiennent des bougies alors qu’ils se rassemblent pendant la cérémonie du feu sacré à l’église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, samedi 23 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Chaque année, un cierge allumé par la flamme est embarqué à bord d’un avion pour rallier la Grèce et les pays orthodoxes.

« C’est un message de paix et d’amour pour tous (…) un message de résurrection pour ce pays meurtri, pour qu’il retrouve sa force, sa sécurité et sa paix », a indiqué à l’AFP l’évêque Timathos Moussa Chamani, du monastère Mar Matta.

« C’est un jour historique », s’est félicité Saad Youssef, instituteur sexagénaire.

« Ce que je ressens, c’est la meilleure émotion de tout l’univers », lance avec lyrisme Ferial, femme au foyer quinquagénaire.

Jadis haut lieu du christianisme, la plaine de Ninive lutte pour retrouver un semblant de normalité depuis que les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont été défaits en 2017 par l’armée irakienne et une coalition internationale.

Après les exactions commises par l’EI, monastères et églises sont en cours de restauration dans des villages où la reconstruction se fait lentement. Les dizaines de milliers de chrétiens ayant fui l’arrivée des jihadistes en 2014 n’ont pas encore pris le chemin du retour. Le pape François s’était rendu à Ninive lors de son voyage historique en Irak en 2021.

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