Pas de harceleurs sexuels à la tête des groupes juifs US, avertit Dianne Lob
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Pas de harceleurs sexuels à la tête des groupes juifs US, avertit Dianne Lob

Pour la future dirigeante de la CoP, les groupes doivent interdire à leur tête les personnes s'étant rendues coupables de mauvais comportements sexuels

Photo d'illustration : Un panneau lors d'une manifestation contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail à Chicago, le 18 septembre 2018 (Crédit : Joshua Lott/AFP via Getty Images via JTA)
Photo d'illustration : Un panneau lors d'une manifestation contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail à Chicago, le 18 septembre 2018 (Crédit : Joshua Lott/AFP via Getty Images via JTA)

JTA — La prochaine dirigeante d’une alliance juive américaine majeure a déclaré que les personnes se rendant coupables de harcèlement sexuel ne devaient pas être désignées à la tête des organisations communautaires.

Pour autant, Dianne Lob, prochaine présidente de la CoP (Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations), ne s’est pas engagée à les exclure de sa coalition.

Lob a fait cette déclaration en réponse à un courrier signé, le mois dernier, par plus de 250 responsables juifs qui demandaient à l’organisation-cadre – qui représente un grand nombre des plus importantes organisations juives américaines – d’interdire la présence de tout dirigeant de groupe s’étant rendu coupable de harcèlement ou d’agression sexuels.

En réponse, Lob a écrit qu’elle souscrivait aux valeurs présentées dans la lettre et qu’elle « réfléchissait aux questions que vous m’avez posées » mais qu’il revenait à tous les groupes individuels de mettre en place leur propre politique concernant le harcèlement sexuel.

« Nous pensons que les personnes connues pour s’être livrées à du harcèlement et à des agressions sexuelles ne devraient pas occuper des postes de leadership au sein de la communauté juive », a écrit Lob. « Il revient à chaque organisation-membre de mettre en place ses propres politiques sur le harcèlement sexuel ainsi que des procédures de sanction conformes aux lois fédérales, de l’état et locales ».

Lob n’a cité aucune mesure que la CoP pourrait prendre pour exclure les personnes coupables d’actes répréhensibles de ce type. Elle n’a pas plus évoqué la liste des critères présentés dans la lettre initiale, définissant ce qui pourrait constituer un harcèlement ou une agression sexuelle.

JTA a envoyé un courriel à Lob pour d’éventuels commentaires, sans réponse au moment de la publication de cet article. Lob a été récemment élue à la tête de la CoP lors d’un processus tumultueux.

Dianne Lob, présidente élue de la CoP (Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations). (Autorisation : Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations via JTA)

La missive réclamant l’interdiction avait été écrite par le groupe Committee on Ethics in Jewish Leadership, fondé par quatre universitaires. Le groupe veut promouvoir « les valeurs de responsabilité, de transparence, de démocratie et d’équité dans les organisations et institutions juives américaines ».

« Nous sommes heureux d’apprendre que Madame Lob partage notre conviction que les personnes s’étant rendues coupables de harcèlement, de violences ou d’agression sexuelle ne doivent pas servir à des fonctions de direction au sein de la communauté juive », a écrit le groupe dans un communiqué. « Il est aussi important qu’une telle politique puisse gouverner la CoP elle-même et que les agresseurs ne soient pas autorisés à prendre part aux réunions ou aux processus décisionnaires de la CoP ».

Depuis l’émergence du mouvement #MeToo, en 2017, des personnalités publiques juives ont été accusées de harcèlement ou d’agression sexuelle. Des membres éminents de la communauté, comme les journalistes Leon Wieseltier et Ari Shavit, ainsi que le sociologue Steven M. Cohen, ont été accusés d’agression sexuelle ou de comportement inapproprié et ont été licenciés de leurs fonctions.

Aucun des leaders des organisations-membres de la CoP n’a jusqu’à présent été sanctionné pour de tels délits.

L’organisation a connu des troubles dans d’autres domaines, cette année. Un groupe de membres conservateurs a tenté, en vain, de bloquer l’élection de Lob parce qu’elle était ancienne présidente de la HIAS, groupe juif qui vient en aide aux immigrants et aux étrangers et qui, avaient-ils accusé, était située trop à gauche. Cette semaine, des appels ont été lancés pour que l’homme à la tête de cette opposition, Mort Klein, président de la ZOA (Zionist Organization of America), soit exclus de la CoP avec son groupe, en partie à cause de certains de ses tweets qui dénigraient le mouvement Black Lives Matter.

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