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Pas de siège à l’hôpital Shifa, insiste Tsahal qui va aider à mettre les bébés à l’abri

Hagari affirme que le Hamas perd le contrôle alors que 200 000 personnes de plus évacuent le nord de Gaza ; quatre des soldats tombés au combat ont été tués dans un tunnel piégé

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens dans le nord de Gaza sur une photo publiée le 11 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats israéliens dans le nord de Gaza sur une photo publiée le 11 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que les combats entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas continuaient de faire rage samedi dans le nord de Gaza, notamment près du plus grand hôpital de l’enclave, l’armée israélienne a démenti les affirmations palestiniennes selon lesquelles l’hôpital était assiégé ou que les personnes qui s’y trouvaient étaient prises au piège, tout en affirmant que les troupes continuaient à obtenir des résultats contre le Hamas sur le terrain.

Tsahal a également déclaré que le personnel de l’hôpital al-Shifa lui avait demandé d’aider au transfert des bébés du département pédiatrique vers un hôpital plus sûr, ce qu’elle ferait dimanche.

L’armée a également annoncé que cinq autres soldats avaient été tués dans les combats, ce qui porte à 42 le nombre de militaires tués depuis le début de l’incursion terrestre israélienne dans l’enclave.

Le porte-parole de Tsahal, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré lors d’un point de presse samedi soir que les forces terrestres, avec le soutien de l’aviation et de la marine, « approfondissaient » les opérations dans le quartier al-Shati de la ville de Gaza.

Il a indiqué que le Hamas perdait le contrôle du nord de la bande de Gaza, les civils évacuant la zone « contre les instructions » du groupe terroriste, et a noté que quelque 200 000 personnes avaient quitté le nord de la bande de Gaza au cours des trois derniers jours seulement.

Il a rejeté les « fausses informations » selon lesquelles Tsahal aurait frappé l’hôpital al-Shifa et encerclerait et frapperait les hôpitaux de Gaza, affirmant que Tsahal ne frappe pas les hôpitaux. Au contraire, a-t-il dit, « nous combattons des terroristes qui ont choisi de combattre à proximité de l’hôpital al-Shifa ».

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, donnant une conférence de presse, le 11 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran)

« Il y a eu beaucoup de désinformation en provenance de Gaza aujourd’hui. Je tiens donc à clarifier les faits. Il n’y a pas de siège, je dis bien pas de siège, à l’hôpital al-Shifa. Le côté est de l’hôpital est ouvert pour permettre le passage en toute sécurité des habitants de Gaza qui souhaitent quitter l’hôpital », a déclaré Hagari, ajoutant que l’armée continuerait d’autoriser les patients et le personnel des hôpitaux de Gaza, ainsi que tous les non-combattants du nord de la bande de Gaza, à évacuer vers le sud.

« Nous discutons directement et régulièrement avec le personnel hospitalier », a-t-il ajouté. « Le personnel de l’hôpital Shifa a demandé que demain nous aidions les bébés du service de pédiatrie à se rendre dans un hôpital plus sûr. Nous fournirons l’assistance nécessaire. »

Des patients à l’hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza, le 10 novembre 2023. (Crédit : Khader al-Zanoun/AFP)

Israël a déclaré que l’établissement médical était utilisé par le Hamas comme base centrale d’opérations, avec quelques installations en surface et un réseau de tunnels et de postes de commandement en dessous.

Plus tôt dans la journée, Physicians for Human Rights-Israel a déclaré que deux bébés prématurés étaient morts à al-Shifa en raison de coupures d’électricité, citant des médecins sur place.

Le directeur d’al-Shifa a déclaré que l’hôpital avait complètement perdu l’électricité, le dernier générateur s’étant retrouvé à court de carburant.

« Il n’y a plus d’électricité. Les appareils médicaux se sont arrêtés. Les patients, en particulier ceux qui sont en soins intensifs, ont commencé à mourir », a déclaré Mohammed Abu Selmia, le directeur d’al-Shifa, à l’agence AP, en parlant par téléphone au milieu du bruit des tirs et des explosions.

« Il y a quelque chose que le monde ne doit pas oublier, et nous ne laisserons pas le monde l’oublier : le Hamas détient en otages 239 hommes, femmes et enfants, personnes âgées et bébés – n’oubliez pas les bébés – depuis 36 jours. C’est un crime contre l’humanité et nous ne laisserons pas le monde l’oublier », a ajouté le porte-parole de Tsahal, toujours en anglais.

Des milliers de civils s’étaient réfugiés dans l’enceinte d’al-Shifa ces dernières semaines, mais beaucoup ont fui vendredi lorsque les troupes israéliennes se sont rapprochées et que Tsahal a élargi l’accès aux corridors d’évacuation sûres vers le sud, où les frappes aériennes sont moins nombreuses.

Des enfants palestiniens déplacés qui ont fui leurs maisons dans le nord de la bande de Gaza tenant des conteneurs alors qu’ils attendent de la nourriture, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 novembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Samedi, Tsahal a déclaré avoir tué un commandant du Hamas qui « tenait en otage environ 1 000 résidents gazaouis à l’hôpital Rantisi », les empêchant d’évacuer la partie nord de la bande.

Dans un communiqué, Tsahal a déclaré qu’à la suite de renseignements recueillis par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et le Directorat des Renseignements militaires, les troupes de la Brigade Givati ont dirigé un avion de chasse pour frapper Ahmed Siam, le commandant de la compagnie Nasser-Radwan du Hamas.

Tsahal a déclaré que Siam a été tué alors qu’il se cachait dans l’école al-Buraq dans la ville de Gaza, avec d’autres terroristes du Hamas sous son commandement.

Selon des informations palestiniennes, l’explosion de vendredi a tué 50 personnes, dont la petite-fille du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Ce bilan n’a pas pu être vérifié de manière indépendante. Les écoles de Gaza sont actuellement inactives.

Cinq autres soldats tombés au champs d’honneur

L’armée a annoncé samedi la mort de cinq soldats au cours des combats qui se sont déroulés la veille dans le nord de la bande de Gaza.

Il s’agit de :

Le major (res.) Moshe Yedidyah Leiter, 39 ans, commandant de compagnie dans le 697e bataillon de la 551e brigade, originaire d’Ein Tzurim.

Le sergent-major (res.) Yossi Hershkovitz, 44 ans, soldat au 697e bataillon de la 551e brigade, originaire de Gevaot.

Sergent-chef (res.) Matan Meir, 38 ans, soldat du 697e bataillon de la 551e brigade, originaire d’Odem.

Sergent-chef (res.) Sergey Shmerkin, 32 ans, soldat au 697e bataillon de la 551e brigade, de Kiryat Shmona.

Le sergent-chef (res.) Netanel (Nati) Harush, 34 ans, soldat de l’unité logistique de la brigade Givati, de Jérusalem.

Les quatre premiers, du 697e bataillon de la 551e brigade, ont été tués par l’explosion d’un tunnel piégé situé à proximité d’une mosquée dans le quartier de Beit Hanoun. Les soldats n’étaient pas à l’intérieur du tunnel lorsqu’il a explosé.

De gauche à droite : le major (res.) Moshe Yedidyah Leiter, le sergent-major (res.) Yossi Hershkovitz, le sergent-chef (res.) Sergey Shmerkin, le sergent-chef (res.) Netanel (Nati) Harush, qui ont été tués dans la bande de Gaza le 10 novembre 2023. (Autorisation)

Hershkovitz était le directeur de l’école de garçons Pelech à Jérusalem. Les éducateurs de Jérusalem l’ont salué dans un communiqué comme un personnage aux multiples qualités et activités et comme un leader éducatif, et ont noté qu’il avait « combattu dans le sud depuis le premier jour ».

Tsahal a déclaré que les troupes du 551e combattaient toujours dans la région de Beit Hanoun, tuant de nombreux terroristes du Hamas tout en localisant des armes au sein de sites civils. Les soldats ont trouvé et détruit des munitions et des engins explosifs dans un jardin d’enfants, ainsi que plusieurs tunnels à l’intérieur d’immeubles résidentiels et de complexes « militaires ». Les troupes ont également récupéré des cartes et du matériel de renseignement sur les sites armés du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Tsahal a indiqué que les forces terrestres opérant à Gaza avaient demandé à l’armée de l’air d’effectuer quelque 5 000 frappes tout au long de la guerre pour « déjouer les menaces en temps réel ».

Environ 3 300 frappes ont été effectuées par des avions de chasse, 860 par des hélicoptères de combat et plus de 570 par des véhicules aériens sans pilote.

De nombreuses frappes aériennes ont eu lieu à quelques centaines de mètres des forces terrestres, et certaines encore plus près.

Israël sur la défensive

Des roquettes ont été tirées de Gaza à plusieurs reprises au cours de la journée, visant des communautés israéliennes proches de la bande de Gaza et de la région de Beer Sheva, mais sans causer de dégâts ni de victimes. Certaines des roquettes tirées vers Beer Sheva ont apparemment été interceptées par le système de défense aérienne Dôme de fer.

L’armée a déclaré que Dôme de fer a également intercepté une « cible suspecte » qui a pénétré dans l’espace aérien israélien depuis la bande de Gaza. La cible, vraisemblablement un drone, a été abattue au-dessus de Sderot.

Lors d’une conférence de presse samedi soir, le trio dirigeant l’effort de guerre israélien – le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le ministre Benny Gantz – a rejeté les critiques internationales croissantes concernant les coûts civils de l’opération militaire.

Israël « tiendra bon face au monde si nécessaire », a déclaré Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parlant de la guerre entre Israël et le Hamas lors d’une conférence de presse le 11 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran YouTube ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

S’adressant aux dirigeants du monde entier, il a déclaré : « Ne cédez pas à la pression. Notre guerre est votre guerre ». Israël doit gagner pour son propre bien et pour celui du monde, a-t-il affirmé.

En tout état de cause, « aucune pression internationale, aucune fausse allégation sur les soldats de Tsahal et sur notre État » n’aura d’impact sur l’insistance d’Israël à se protéger, a-t-il déclaré.

Plus de 11 000 personnes seraient mortes, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Gallant a demandé comment certains dirigeants « peuvent avoir l’audace de nous prêcher la morale au plus fort du combat ».

Les soldats pendant une opération terrestre à Gaza, une photo publiée le 10 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

« Je tiens à dire aux dirigeants européens qui nous critiquent que l’État d’Israël et le peuple d’Israël en 2023 ne sont plus en 1943. Nous avons les moyens et l’obligation de nous défendre par nous-mêmes et c’est ce que nous ferons. Nous ne nous reposerons pas tant que nous n’aurons pas accompli notre mission, et que nous ne l’aurons pas accomplie de manière à ce que le Hamas soit vaincu. »

Netanyahu a également déclaré que l’armée resterait à Gaza « aussi longtemps que nécessaire » pour empêcher que l’enclave ne soit utilisée pour lancer des attaques terroristes contre Israël. « Le Hamas sera démilitarisé ; il n’y aura plus de menace de la bande de Gaza sur Israël, et pour s’assurer que, aussi longtemps que nécessaire, Tsahal contrôlera la sécurité de Gaza pour empêcher le terrorisme à partir de là. »

Il a également indiqué qu’Israël s’opposera au retour de l’Autorité palestinienne (AP) à Gaza après la guerre – un objectif apparemment recherché par Washington – car le territoire ne peut être dirigé par « une autorité civile  qui éduque ses enfants à haïr Israël, à tuer des Israéliens, à éliminer l’État d’Israël. Il ne peut y avoir d’autorité qui verse aux familles des meurtriers des [montants] calculés en fonction du nombre de personnes qu’ils ont tuées. Il ne peut y avoir d’autorité dont le chef n’a toujours pas condamné le terrible massacre du 7 octobre 30 jours plus tard ».

« Il faut qu’il y ait autre chose. Mais dans tous les cas, nous devons avoir un contrôle de la sécurité », a souligné le Premier ministre.

L’armée s’attend à combattre à Gaza pendant un an, a rapporté vendredi la Douzième chaîne. Le reportage non sourcé a déclaré que les commandants militaires sont informés qu’il n’y a pas de pression de délais et que Tsahal se prépare à une année de combat « pour arriver à la quatrième étape de cette guerre : l’entrée d’un nouveau gouvernement à Gaza qui n’est pas le Hamas et qui n’est pas soutenu par les Iraniens. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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