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Pfizer soutient l’Israélien CytoReason et signe un accord de recherche basé sur l’IA

Le géant pharmaceutique va investir 20 millions de dollars dans l'entreprise, dans le cadre d'un accord plus large de licence technologique et de collaboration en matière de R&D

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Le siège de Pfizer à New York, le 9 novembre 2020. (David Dee Delgado/Getty Images/AFP)
Le siège de Pfizer à New York, le 9 novembre 2020. (David Dee Delgado/Getty Images/AFP)

Le géant pharmaceutique Pfizer investit 20 millions de dollars dans la société israélienne CytoReason, un développeur de modèles informatiques de maladies pour la découverte et le développement de médicaments, dans le cadre d’un accord plus large d’une valeur pouvant atteindre 110 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, ont annoncé les sociétés mardi.

L’accord s’appuie sur un accord de coopération pluriannuel existant datant de 2019 qui permet à Pfizer d’utiliser les modèles numériques du système immunitaire humain et des maladies développés par CytoReason dans sa quête de conception de médicaments innovants.

Selon les termes de l’accord de partenariat renouvelé, Pfizer investira en actions à hauteur de 20 millions de dollars, disposera d’options de licence pour la plateforme et les modèles de maladies de CytoReason dans le cadre d’un accord commercial pluriannuel d’une valeur de 90 millions de dollars, et financera des projets de recherche supplémentaires, portant la valeur de la transaction totale à 110 millions de dollars d’ici 2027.

CytoReason affirme que ses technologies ont fourni à Pfizer des informations sur un certain nombre de programmes de R&D concernant plus de 20 maladies, notamment des troubles auto-immunes tels que le lupus et les maladies inflammatoires de l’intestin (MII). Les MII sont des maladies chroniques qui affectent le système digestif et comprennent la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse.

Le nouvel accord de recherche soutiendra le développement de modèles de maladies supplémentaires dans de nouveaux domaines thérapeutiques, ont déclaré les deux parties.

« Pfizer est un partenaire stratégique de CytoReason depuis 2019, et nous sommes ravis d’étendre notre collaboration en tant que l’un des partenaires de confiance de Pfizer en matière d’intelligence artificielle pour accélérer le développement de médicaments », a déclaré David Harel, cofondateur et PDG de CytoReason, dans un communiqué de l’entreprise.

Les cofondateurs de CytoReason, de droite à gauche : David Harel, PDG, le professeur Shai Shen-Orr, scientifique en chef, Elina Starosvetsky, vice-présidente chargée de la biologie, et Renaud Gaujoux, scientifique principal et architecte de science des données. (Crédit : Fabian Koldorff)

Le partenariat permettra « un changement significatif dans l’industrie biotechnologique » et aidera à « stimuler la recherche et le développement futurs pour les entreprises pharmaceutiques, car elles continuent d’utiliser l’apprentissage automatique pour développer des traitements plus efficacement », a déclaré Harel.

Fondée en 2016, CytoReason a développé une technologie informatique qui sert de mécanisme de type GPS pour la navigation du système immunitaire. Le logiciel d’apprentissage automatique recueille et combine des données provenant de diverses sources, notamment des données internes et des recherches publiées sur le système immunitaire et d’autres études cliniques, pour découvrir des informations sur la biologie des maladies.

La technologie construit ensuite un simulateur numérique et computationnel du corps humain qui peut être utilisé pour prédire les réponses aux médicaments, fournissant ainsi une orientation quant à ceux qui peuvent le mieux bénéficier aux patients.

Essentiellement, CytoReason permet aux entreprises pharmaceutiques « de développer leurs médicaments sur notre plateforme en utilisant l’IA pour simuler la réponse plutôt que d’attendre les essais sur les animaux, puis les essais cliniques », a déclaré Harel au Times of Israel l’année dernière. « Cela permet également de réduire les coûts. »

Les coûts, et le temps, sont des facteurs énormes dans la découverte et le développement de médicaments. En moyenne, il faut des milliards de dollars et près d’une décennie pour développer de nouveaux médicaments, en raison de la longueur des essais et des travaux de laboratoire impliqués dans le processus. Selon une étude de 2016 qui a examiné les montants moyens de la R&D pour le développement de nouveaux médicaments, il a été constaté que les coûts se situaient entre 1,4 et 2,8 milliards de dollars après l’approbation du marché.

Mikael Dolsten, directeur scientifique et président de la recherche mondiale de Pfizer, a déclaré que l’entreprise était impatiente de poursuivre son travail avec l’équipe de CytoReason, composée de quelque 80 biologistes, bioinformaticiens et ingénieurs de données, et de « tirer parti de sa plateforme de pointe. »

La production du vaccin COVID-19 de Pfizer pour les enfants de moins de 5 ans à Puurs, en Belgique. (Crédit : Pfizer via AP)

« Les données biologiques de CytoReason nous permettent de mieux comprendre les meilleures voies de développement de médicaments pour les patients, ce qui se traduit par des décisions plus éclairées, rapides et rentables », a déclaré Dolsten.

CytoReason a également travaillé avec d’autres grandes entreprises pharmaceutiques mondiales, dont le fabricant français Sanofi, les entreprises pharmaceutiques suisses Ferring et Roche, et l’entreprise britannique GSK.

Le travail de la société israélienne avec Sanofi s’est concentré sur le développement d’un nouveau traitement pour les patients asthmatiques, et sa collaboration avec Ferring est centrée sur de nouveaux traitements pour les patients atteints de MII.

CytoReason a son siège social à Tel Aviv et emploie environ 80 personnes en Israël, aux États-Unis et en Europe. Sa technologie a été initialement développée au Technion – Institut israélien de technologie.

À ce jour, la société a levé environ 20 millions de dollars en capitaux privés auprès d’investisseurs tels que PICO Venture Partners et OurCrowd, selon la base de données Start-Up Nation Finder.

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