Plan de paix : le Premier ministre de l’AP fustigé par Greenblatt
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Plan de paix : le Premier ministre de l’AP fustigé par Greenblatt

Répondant aux critiques de l'envoyé de Trump, Mohammad Shtayyeh a déclaré que la proposition devait inclure "la fin de l'occupation" et la création d'un Etat palestinien souverain

Jason Greenblatt et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 13 mars 2017. (Crédit : GPO)
Jason Greenblatt et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 13 mars 2017. (Crédit : GPO)

L’envoyé spécial du président Trump pour le processus de paix israélo-palestinien s’en est pris mercredi au nouveau Premier ministre de l’Autorité palestinienne après que ce dernier a annoncé que « l’accord du siècle » américain était d’ores et déjà « mort-né ».

« Pourquoi le nouveau Premier ministre de l’AP espère-t-il que notre plan soit ‘mort-né’ et que la paix soit destinée à échouer ? En travaillant avec nous, peut-être que quelque chose de merveilleux pourra arriver aux Palestiniens. Nous n’avons pas cessé de répéter que ce ne serait pas seulement un plan économique », a écrit Greenblatt sur Twitter, se référant aux rumeurs croissantes portant sur l’absence d’incitations politiques pour les Palestiniens dans la proposition.

« Premier ministre (Mohammad) Shtayyeh : s’atteler à votre nouvelle mission [de Premier ministre] en commençant par condamner un plan que vous n’avez pas vu, c’est une injustice faite aux Palestiniens. Vous vous devez de d’abord découvrir cette chance [qui vous est offerte] avant de la rejeter. L’AP peut continuer à nous repousser mais cela n’aidera en rien à améliorer la vie des Palestiniens », a ajouté Greenblatt.

Jeudi, Shtayyeh a répondu directement à Greenblatt sur Twitter, affirmant que « toute initiative politique qui n’appellera pas à la fin de l’occupation israélienne et à l’établissement d’un Etat palestinien souverain et indépendant avec Jérusalem comme capitale, sur les frontières de 1967, avec une résolution du problème des réfugiés, n’est pas acceptable pour les Palestiniens ».

Cette querelle sur Twitter est survenue quelques heures après que le haut-conseiller de Trump Jared Kushner – également membre de l’équipe chargée de travailler sur la question de la paix au Moyen-Orient – a informé une centaine de diplomates étrangers que la proposition de l’administration serait soumise après la prise de fonction du nouveau gouvernement israélien et à l’issue du mois sacré du ramadan musulman, qui s’achève de 5 juin.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, serre la main du nouveau Premier ministre Mohammad Shtayyeh dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 13 avril 2019. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Peu d’éléments ont filtré sur ce plan très attendu, même si des informations récentes parues dans le Washington Post et dans le Guardian ont laissé entendre qu’il ne prévoyait pas la création d’un plein Etat palestinien.

Ce qui entraînerait une nouvelle fin de non-recevoir de la part des Palestiniens qui refusent d’ores et déjà de coopérer avec l’équipe de Trump, accusée de partialité en faveur de l’Etat juif suite à la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem en tant que capitale d’Israël en 2017 et au transfert de l’ambassade américaine dans la ville sainte au mois de mai 2018.

« Trump n’a pas de partenaire en Palestine. Trump n’a pas de partenaires arabes et Trump n’a pas de partenaires européens », a déclaré Shtayyeh au cours d’une interview-fleuve d’une heure.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a indiqué vendredi qu’il ne pensait pas que les propos tenus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant l’élargissement de la souveraineté israélienne sur les implantations en Cisjordanie porteraient préjudice au plan de paix américain. Ce qui a paru indiquer que la proposition ne prévoirait même pas d’accorder aux Palestiniens le contrôle d’un territoire contigu substantiel en Cisjordanie.

Tandis que les partenaires de coalition de Netanyahu au sein de l’Union des partis de droite ont fait campagne, au cours des dernières élections, en faveur d’une opposition sans condition au plan de Trump – semblable à celle prônée par les autorités palestiniennes –, le Premier ministre lui-même a expliqué qu’il conserverait une ouverture d’esprit face à l’initiative et qu’il ne la jugerait qu’après l’avoir reçue.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, a déclaré aux journalistes mercredi que Netanyahu ne mettrait pas en oeuvre sa promesse électorale d’annexion des implantations de Cisjordanie avant que le plan de paix américain ne soit rendu public.

« Je ne pense pas que nous ferons quoi que ce soit avant la publication du plan », a affirmé Danon. « Nous attendrons. Nous verrons le plan. Nous allons coopérer et je ne sais pas où ça nous mènera. »

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