Plus de 100 chefs d’accusation de pédophilie contre un résident d’implantation
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Plus de 100 chefs d’accusation de pédophilie contre un résident d’implantation

Âgé de 26 ans, Uriah Assis de l'implantation ultra-orthodoxe d'Emmanuel, est notamment accusé de viol, agressions sexuelles et possession d'images pédopornographiques

Une vue de l'implantation d'Emmanuel en Cisjordanie, le 12 avril 2010 (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Une vue de l'implantation d'Emmanuel en Cisjordanie, le 12 avril 2010 (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Les procureurs s’apprêtent à mettre en examen un résident de 26 ans de l’implantation cisjordanienne d’Emmanuel pour plus de 100 chefs de crimes sexuels sur des jeunes filles mineures, a fait savoir la police jeudi dans un communiqué.

Cette dernière a indiqué avoir arrêté Uriah Assis le mois dernier après une enquête sous couverture de plusieurs semaines par la cyber-unité de Lahav 433. Son placement en détention a été ordonné jusqu’au début du procès.

Uriah Assis est notamment accusé de viol, sodomie, attentat à la pudeur, harcèlement sexuel, menaces et possession et production d’images pédopornographiques.

D’après la police, l’homme cible des mineures en ligne à l’aide de faux comptes sur les réseaux sociaux depuis des années.

Jusqu’à présent, 105 victimes auraient été identifiées, dont la vaste majorité est âgée de moins de 18 ans.

« Il s’agit d’une enquête de grande envergure avec un nombre très élevé de victimes », peut-on lire dans le communiqué. « L’enquête a permis de révéler que de graves crimes avaient été commis contre des dizaines de mineures. Certains ont été commis lorsqu’il rencontrait les filles en personne et d’autres, en ligne ».

Les bureaux de l’unité Lahav 433 de la police israélienne à Lod. (Crédit : Flash 90)

« Il est dur de surestimer la gravité de l’affaire, qui fait l’objet d’une enquête policière la plus minutieuse possible… qui semble n’être que le sommet de l’iceberg ».

Uriah Assis se faisait passer pour un soldat, un officier de police, un agent de mannequins, un entraîneur de natation ou un gynécologue pour entrer en contact avec les jeunes filles en ligne.

Une fois le contact établi, il convainquait les filles de lui envoyer des photos et vidéos explicites d’elles. Certaines ont accepté de le rencontrer en personne, ce dont il a profité pour les agresser sexuellement, d’après la police.

Les enquêteurs de Lahav ont découvert des dizaines de faux comptes de réseaux sociaux dont se servait Uriah Assis pour attirer ses victimes. Il a ensuite créé des profils portant les noms : Eleanor Cohen, Anna Issac, Daniel Assus et Sivan Linoy, ses pseudos les plus utilisés.

Un détective privé photographie Malka Leifer au téléphone à Bnei Brak le 14 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

La localité d’Emmanuel est devenue tristement célèbre ces dernières années en faisant figure de refuge pour les Juifs ultra-orthodoxes accusés de crimes sexuels.

Cette petite implantation harédie du nord de la Cisjordanie abrite ainsi Malka Leifer, l’ancienne directrice d’une école australienne faisant l’objet de 74 chefs d’agression sexuelles sur des élèves de sexe féminin. Elle s’y est installée en 2016 après qu’un juge israélien a déterminé qu’elle était psychologiquement inapte à une extradition.

Malgré ces allégations, les résidents d’Emmanuel ont été mis en cause par les autorités pour l’avoir protégée et lui avoir donné un poste dans une école de l’implantation.

Leifer a dû quitter ses fonctions d’enseignante après moins d’un an, mais les responsables de l’école et le grand-rabbin de la communauté ont assuré qu’elle n’avait rien fait de mal.

L’immeuble dans lequel vivait Malka Leifer, dans l’implantation d’Emmanuel, en Cisjordanie. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

L’année dernière, un résident d’Emmanuel avait révélé au Sydney Morning Herald que Leifer avait récemment tenté d’agresser sa fille après avoir proposé de lui donner des cours particuliers.

Le quotidien australien avait alors rapporté qu’un délinquant sexuel appelé Yehiel Shinin avait emménagé à Emmanuel peu après sa sortie de prison, assurant aux résidents qu’il voulait « commencer une nouvelle vie ». Il avait néanmoins été de nouveau interpelé peu après, accusé d’avoir agressé sexuellement un résident de 12 ans de l’implantation.

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