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Plus de 267 M de shekels pour les écoles ultra-orthodoxes ; l’opposition dénonce un « vol »

La commission des Finances approuve des crédits pendant la pause parlementaire à l'issue d'un débat houleux ; l'enveloppe prévoit des millions pour les yeshivas, la culture haredi et le transport scolaire

Le député Hanoch Milwidsky, président de la commission des Finances (à droite), s'entretenant avec les députés Moshe Gafni (au centre) et Yitzhak Pindrus lors d'une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 4 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le député Hanoch Milwidsky, président de la commission des Finances (à droite), s'entretenant avec les députés Moshe Gafni (au centre) et Yitzhak Pindrus lors d'une réunion de la commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 4 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Mardi, au terme de plusieurs heures de débats houleux, la commission des Finances de la Knesset a voté en faveur de l’octroi de plus d’un quart de milliard de shekels de fonds de la coalition au réseau éducatif ultra-orthodoxe, alors que la session parlementaire est suspendue depuis le mois dernier.

Cette décision a aussitôt suscité les critiques de l’opposition. La députée Les Démocrates Naama Lazimi a ainsi déclaré devant la commission que ce financement était tout simplement « un vol, aux dépens de ceux qui servent la nation », en référence à ceux qui effectuent leur service militaire et qui paient des impôts.

Au total, la commission a approuvé plus de 267 millions de shekels, dont plus de 12,5 millions destinés à la culture haredi, ainsi que plusieurs millions pour le transport des élèves des réseaux scolaires affiliés aux partis haredim, la formation des enseignants et les « organismes de coordination et de liaison » – une référence manifeste à la Vaad HaYeshivot (Commission de la yeshiva), un organisme qui a encouragé la désobéissance aux ordres de conscription.

Ces fonds comprennent également quelque 26 millions de shekels destinés à empêcher les Haredim de délaisser les yeshivot, et ce malgré l’annonce faite en 2025 selon laquelle le gouvernement ne financerait plus l’éducation des jeunes ultra-orthodoxes qui étudient dans des yeshivot dites « des décrocheurs » et qui refusent de rejoindre les rangs de l’armée israélienne pour effectuer leur service obligatoire.

Ces yeshivot sont des établissements conçus pour retenir les hommes haredim qui ne souhaitent pas se consacrer à plein temps à l’étude religieuse au sein d’un cadre ultra-orthodoxe, afin de leur éviter de quitter la communauté.

La commission a par ailleurs autorisé le financement de yeshivot qui encouragent l’engagement militaire, ainsi que des yeshivot haredim de type hesder, qui associent service militaire et étude de la Torah, et qui sont pour la plupart affiliées à la communauté religieuse nationale.

Students study at the Hebron Yeshiva in Jerusalem, August 28, 2025. (Chaim Goldberg/Flash90)

Qualifiant ce vote de « succès significatif », le président de Degel HaTorah, Moshe Gafni, a déclaré : « Même en ces temps complexes, alors que le monde de la Torah et de l’éducation est confronté à des défis difficiles, il est de notre devoir de continuer à prendre soin des enfants d’Israël et du réseau éducatif haredi. Les budgets votés aujourd’hui représentent une avancée importante… et contribueront à corriger les déséquilibres et à combler les lacunes qui perdurent depuis des années. »

Ces crédits ont été approuvés alors même que seule une infime partie des écoles primaires pour garçons ultra-orthodoxes enseigne les matières du tronc commun, conformément à la loi.

Les députés de l’opposition membres de la commission des Finances avaient temporairement réussi, dans la journée de mercredi, à faire barrage à ces injections massives de fonds destinés à l’éducation haredi et au ministère des Implantations, à l’issue d’une séance marathon qui a dépassé les dix heures autorisées aux réunions parlementaires en période de vacances de la Knesset.

La commission de la Chambre de la Knesset avait préalablement désigné la séance de mercredi comme la dernière de la période de vacances parlementaires pour laquelle il était possible d’inscrire des points à l’ordre du jour de la commission des Finances sans accord préalable entre l’opposition et la coalition.

Des ultra-orthodoxes manifestent contre la conscription de Haredim devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 15 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mais dimanche, après une « forte pression » de la part de la coalition, la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, a annoncé que la commission des Finances pourrait se réunir à nouveau pour voter sur les amendements arrivés à échéance.

La commission des Finances a déjà tenté de réaffecter des fonds à des institutions haredi malgré des objections juridiques et procédurales. En mars, elle a approuvé l’octroi de près de 100 millions de shekels à des établissements d’enseignement haredi dans le cadre d’un transfert plus large d’un milliard de shekels, suspendu par la Haute Cour de justice en décembre, après que des députés de l’opposition ont fait valoir que le gouvernement finançait des écoles qui n’enseignaient pas le tronc commun prévu par la loi.

Les partis haredim ont exigé des injections massives de fonds après une décision historique rendue en juin 2024 par la Haute Cour, selon laquelle l’exemption du service militaire dont bénéficiaient les Haredim depuis plusieurs décennies était dépourvue de fondement juridique – une décision qui a entraîné la suppression de certaines prestations sociales jusqu’alors accordées aux membres de cette communauté.

Plusieurs textes législatifs visant à consacrer les exemptions de service militaire accordées aux ultra-orthodoxes ont été adoptés à la hâte aux derniers jours de la session de la Knesset. Ils ont toutefois depuis été gelés par la Cour suprême.

Des dizaines de milliers d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire, mais ont choisi d’ignoré les ordres de conscription – et ce, malgré les pénuries d’effectifs au sein de l’armée et la colère généralisée de la population face à une répartition inégale du fardeau de la défense du pays.

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