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Analyse

Plus de majorité pour la coalition : Netanyahu peut-il revenir au pouvoir ?

L'opposition dispose de deux options principales et potentielles pour renverser le gouvernement de Bennett. Aucune n'est simple mais le départ de Silman les rend plus plausibles

Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu passe devant le Premier ministre Naftali Bennett lors du vote du budget de l'État, le 4 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de l'opposition Benjamin Netanyahu passe devant le Premier ministre Naftali Bennett lors du vote du budget de l'État, le 4 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La démission, mercredi, de la députée Yamina Idit Silman, la cheffe de la coalition constituée de huit partis qui soutient le gouvernement de Naftali Bennett, plonge une nouvelle fois la politique israélienne dans le chaos, privant l’alliance au pouvoir de sa majorité parlementaire et laissant entrevoir la possibilité du retour d’un gouvernement placé sous la direction du Likud.

Le parti de Benjamin Netanyahu dispose de deux principales options pour revenir potentiellement au pouvoir – même si aucune des deux n’est simple. Le coup de théâtre de la démission de Silman a toutefois entraîné la confusion au sein de la coalition, moins de dix mois après son arrivée au pouvoir et avec un Likud revigoré qui appelle à de nouvelles défections, l’opposition exprime dorénavant son optimisme face à la perspective d’obliger l’alliance réunissant des formations de droite, de gauche et une faction arabe à quitter ses fonctions.

La première option pour un retour du Likud au pouvoir serait qu’il fasse adopter une loi qui prévoirait la dissolution de la Knesset et l’organisation d’un nouveau scrutin. Pour être adoptée, cette loi nécessiterait le soutien d’au-moins 61 des 120 députés qui siègent au Parlement (la majorité simple n’est pas suffisante).

Une législation qui nécessiterait donc probablement d’être largement soutenue par toute l’opposition actuelle, et notamment par les six députés de la Liste arabe unie, et qui devrait de surcroît obtenir les suffrages de certains députés qui ne sont pas actuellement sur les bancs de l’opposition – par exemple Silman et le député rebelle de Yamina Amichai Shikli.

Alors que le Parlement israélien est actuellement en congé, programmer un vote sur un tel texte de loi reste, aux yeux de nombreux observateurs, très improbable avant la fête de Pessah qui dure une semaine et qui commencera à la fin de la semaine prochaine – mais ce vote pourrait être arrangé rapidement après.

(Si une telle législation devait être adoptée, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid serait automatiquement désigné Premier ministre pendant la période de transition jusqu’aux nouvelles élections et jusqu’à la formation et la prestation de serment du nouveau gouvernement).

La cheffe de la coalition, Idit Silman, du parti Yamina, devant le comité de la Chambre de la Knesset, le 25 juillet 2021. (Crédit : Knesset)

La seconde option serait que le Likud forme un gouvernement d’alternance dans cette 24e Knesset, même s’il semble qu’il serait difficile pour lui d’y parvenir – le Likud dispose de 29 fauteuils, le parti Sionisme religieux de sept, Shas de neuf et Yahadout HaTorah de sept – ce qui fait un total de 52 sièges.

Même si le parti Yamina de Bennett devait exploser et que Silman et Shikli réussissaient à convaincre d’autres membres de la formation de se joindre à eux – comme cela pourrait être le cas de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et du député Nir Orbach – cela ne permettrait au bloc dirigé par le Likud que de s’emparer de 56 sièges sur 120. Le Likud aurait encore besoin d’un soutien provenant des rangs de la coalition – par exemple, de l’appui potentiel des membres mécontents du parti Kakhol lavan de Benny Gantz.

Une troisième option à la disposition du Likud est actuellement hors-propos : il pourrait empêcher l’adoption d’un budget qui entraînerait la chute de la coalition. Toutefois, cette possibilité ne sera envisageable que l’année prochaine.

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