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L’opposition accueille Silman et les ministres espèrent la survie de la coalition

Netanyahu appelle de nouveaux députés à quitter la coalition ; de son côté, la Travailliste Michaeli promet de tenter de permettre au gouvernement de continuer à travailler

La présidente de la coalition, Idit Silman, prend la parole à la Knesset à Jérusalem le 28 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La présidente de la coalition, Idit Silman, prend la parole à la Knesset à Jérusalem le 28 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les politiciens de l’opposition se sont réjouis de l’annonce faite mercredi par la députée Idit Silman de Yamina qui a fait savoir qu’elle quittait le gouvernement. Pour leur part, les ministres et les députés de la coalition ont exprimé leur déception lorsqu’ils ont appris que leur alliance, avec cette défection, avait perdu sa majorité au parlement.

Dans une déclaration spectaculaire, mercredi matin, la cheffe de la coalition Idit Silman a expliqué avoir pris cette décision en raison des « préjudices » portés par le gouvernement à l’identité juive en Israël.

Selon certaines informations, elle devrait rejoindre le parti du Likud du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu qui lui aurait promis le portefeuille du ministère de la Santé s’il devait revenir au pouvoir.

Netanyahu a salué l’annonce faite par Silman et a appelé d’autres députés de la coalition au pouvoir à suivre son exemple.

« J’ai été très ému d’entendre les mots de la députée Idit Silman et je la félicite au nom de ces nombreux, si nombreux Israéliens qui attendaient ce moment avec impatience », a déclaré Netanyahu dans une vidéo.

« J’appelle tous les élus du camp national à rejoindre Idit et à regagner leur foyer naturel. Vous y serez reçus avec un respect total et à bras ouverts », a-t-il continué.

Le chef de l’opposition et leader du parti du Likud Benjamin Netanyahu à la Knesset de Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Quelques heures plus tard, lors d’une session spéciale à la Knesset qui était organisée pour discuter des récents attentats terroristes, le leader du Likud a répété ses paroles de bienvenue à l’égard de Silman et sa requête adressée aux autres législateurs, leur demandant de le rejoindre sur les bancs de l’opposition.

« Nous l’accueillons tous avec bonheur et les bras ouverts. Revenez chez vous – revenez dans la vraie droite, revenez dans le camp national », a dit Netanyahu.

« Rejoignez Idit. Et ensemble, formons un gouvernement national fort qui s’occupera de tous les Israéliens », a-t-il dit.

Le député d’extrême-droite Bezalel Smotrich, qui dirige le parti Sionisme religieux dans l’opposition, ancien partenaire politique de Bennett devenu un critique âpre du gouvernement, a qualifié de « courageuse » la démarche de Silman.

« Le camp nationaliste recevra Idit à bras ouverts et une place d’honneur est réservée à ceux qui vont sauver le peuple d’Israël », a dit Smotrich.

« J’appelle les membres de la coalition qui ont été élus par la droite à revenir dans leur foyer naturel. Ensemble, un gouvernement sioniste et nationaliste pourra être mis en place, un gouvernement qui fera beaucoup de bonnes choses pour l’État d’Israël », a continué Smotrich.

Le député du parti Sionisme religieux à la Knesset de Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

De son côté, le leader de la formation Yahadout HaTorah n’a pas tardé à faire marche arrière concernant des propos qu’il aurait tenus, dans lesquels il avait déclaré penser que l’opposition devait réfléchir à se doter d’un autre dirigeant que Netanyahu.

« Nous devons aussi faire le point sur la personnalité la plus à même et la plus digne de former un gouvernement immédiatement, sans devoir nous rendre aux urnes », aurait dit Gafni, avant de faire volte-face et de préciser qu’il n’avait aucunement suggéré que Netanyahu pourrait ne pas être son prochain choix pour prendre la tête d’un éventuel gouvernement.

L’année dernière, Gafni avait indiqué que le Likud aurait peut-être dû remplacer Netanyahu en tant que dirigeant du parti pour éviter la formation du gouvernement actuel.

Le député Moshe Gafni du parti Yahadut HaTorah tente de s’entretenir avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 24 novembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre des Transports, la Travailliste Merav Michaeli, a déclaré pour sa part que la coalition devait affronter une crise mais qu’elle œuvrerait de toutes ses forces à maintenir la cohésion du gouvernement.

« Nous sommes dans un moment difficile pour la coalition. Les crises en politique, ça arrive et ce qui arrive aujourd’hui n’est pas une simple crise », a-t-elle déclaré. « Le parti Travailliste et moi-même sommes engagés dans tous les efforts qui permettront à ce gouvernement de rester actif, fonctionnel, concentré sur son travail. »

Le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana a répondu à l’annonce de mercredi au cours d’un entretien téléphonique, disant qu’il espérait que Silman changerait d’avis.

« Je l’apprends à l’instant, j’espère que c’est une décision réversible. Ce gouvernement fait de bonnes choses pour les gens ; il a été formé par nécessité politique mais je pense que cela vaut vraiment la peine qu’il continue à travailler », a estimé le député de Yamina.

Pour sa part, la députée Merav Ben-Ari de Yesh Atid a exprimé sa déception de voir les députés de Yamina mettre en péril la coalition alors que cette dernière est dirigée par le chef de la formation, Naftali Bennett.

Meirav Ben-Ari a une session parlementaire à la Knesset (Crédit : Porte parole de la Knesset)

« Je n’ai pas été surprise. La coalition est instable. En fin de compte, Silman a rejoint le monde qui est le sien », a déclaré Ben-Ari au micro de la radio militaire.

« Nous avions choisi de nommer Bennett Premier ministre parce que nous savions combien il serait difficile pour Yamina d’accepter de rejoindre la coalition et ce sont finalement les membres du parti, depuis [le député rebelle Amichai] Shikli à Silman, qui mettent en péril la coalition », a-t-elle ajouté.

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