Plusieurs victimes lors de frappes à la frontière entre la Syrie et l’Irak
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Plusieurs victimes lors de frappes à la frontière entre la Syrie et l’Irak

Trois explosions ont eu lieu sur une base des Unités de mobilisation populaire ; le groupe a été frappé plusieurs fois ces dernières semaines, accusant Israël et les États-Unis

Des membres des Unités de mobilisation populaire se tiennent à côté d'un camion en feu après une attaque de drone imputée à Israël, à proximité du point de passage Qaim, dans la province d'Anbar, en Iraq, le 25 août 2019. (AP Photo)
Des membres des Unités de mobilisation populaire se tiennent à côté d'un camion en feu après une attaque de drone imputée à Israël, à proximité du point de passage Qaim, dans la province d'Anbar, en Iraq, le 25 août 2019. (AP Photo)

Des avions non identifiés ont lancé des frappes sur une base appartenant à une milice soutenue par l’Iran en Syrie, près de la frontière avec l’Irak, tuant plusieurs personnes lundi matin, selon un observatoire des médias arabes.

Les attentats ont visé une base appartenant aux Unités de mobilisation populaire, [Hachd al-Chaabi] a déclaré la chaîne saoudienne Al Arabiya, citant des sources dans la région. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a attribué l’attaque à des « avions de guerre non identifiés ».

D’après Al Arabiya, la base, installée dans la région d’Al-Boukamal, abritait également des forces du groupe terroriste libanais du Hezbollah. Le reportage fait état de plusieurs morts, sans donner plus de détails.

« Les avions de guerre dont l’identité n’est pas encore connue visaient des véhicules et des positions des forces et milices iraniennes qui leur sont fidèles », a déclaré l’Observatoire, une organisation basée en Grande-Bretagne, ajoutant qu’il n’avait aucun détail immédiat sur les victimes ou l’ampleur des dégâts.

Depuis la mi-juillet, cinq dépôts d’armes et camps d’entraînement appartenant aux Unités de mobilisation populaire (UMP) ont été la cible d’attaques présumées.

Les UMP ont accusé Israël et les États-Unis d’être à l’origine de la récente série d’explosions et de la présence de drones d’observation au-dessus de leurs bases. Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part d’Israël.

Les explosions se sont produites du côté syrien de la frontière, dans les mêmes régions où Fox News a rapporté que l’Iran est en train de construire une nouvelle installation militaire pouvant abriter des milliers de soldats et des installations de stockage d’armes avancées.

Il n’était pas immédiatement clair s’il s’agissait de la même base.

Citant des sources de renseignements occidentales, la chaîne câblée américaine a rapporté que la base était située près de la frontière syro-irakienne et que sa construction était supervisée par la Force Al-Qods, la branche étrangère du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien.

Des photos satellites de la base, connue sous le nom de complexe Imam Ali, ont montré ce qui semblait être cinq bâtiments de construction récente pouvant accueillir des missiles guidés avec précision, selon ImageSat International.

La société israélienne d’analyse d’images satellitaires a fait savoir que les photos montrent également d’autres structures de l’installation qui pourraient être utilisées pour stocker des missiles.

Image satellite montrant la construction d’une nouvelle base militaire iranienne dans la région d’Albukamal Al-Qaim en Irak, près de la frontière syrienne. (ImageSat International via Fox News)

Les images montrent également ce qui semble être la construction iranienne d’un nouveau poste frontalier près de celui d’Al-Qaïm jouxtant l’Irak.

D’après Fox News, les analystes d’ImageSat estiment que la base serait terminée et opérationnelle au cours des prochains mois.

Les responsables de la défense ont déclaré que c’était la première fois que Téhéran construisait une base militaire en Syrie et qu’elle se trouvait à moins de 300 km d’une installation militaire américaine dans l’Irak voisin.

Israël considère l’Iran comme sa plus grande menace et a reconnu avoir mené des dizaines de frappes aériennes en Syrie ces dernières années, afin principalement d’empêcher les transferts d’armes sophistiquées, y compris de missiles guidés, vers le Hezbollah soutenu par l’Iran.

Cette guerre silencieuse se serait étendue à l’Irak ces dernières semaines, les autorités américaines ayant déclaré que l’armée israélienne était responsable d’au moins quelques frappes sur des sites liés à l’Iran se trouvant à l’extérieur de Bagdad.

De la fumée s’élève après une explosion sur une base militaire au sud-ouest de Bagdad, en Irak, le 12 août 2019. (Crédit : AP Photo/Loay Hameed)

Le Pentagone, soucieux de ne pas aliéner les dirigeants irakiens et de ne pas mettre en péril sa présence militaire dans le pays, a pris ses distances vis-à-vis de ces mystérieuses explosions.

Les Unités de mobilisation populaire [Hachd al-Chaabi] ont été créées en 2014 à partir de groupes paramilitaires chiites et de volontaires afin de combattre l’organisation djihadiste de l’État islamique et font maintenant officiellement partie des forces armées irakiennes.

Mais les Etats-Unis et Israël craignent que certaines unités ne soient une extension de l’Iran et n’aient été équipées de missiles guidés de précision qui pourraient atteindre Israël.

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé l’Iran et le Hezbollah de se hâter de construire un programme de production de missiles au Liban, promettant de détruire ce projet ambitieux et lançant un avertissement sévère à ses ennemis, les appelant à faire « attention ».

« Nous sommes déterminés à éliminer ce projet dangereux », a-t-il ainsi menacé. « Le but de la publication d’aujourd’hui est de transmettre le message que nous ne laisserons pas nos ennemis s’armer d’armes mortelles dirigées contre nous. »

Le mois dernier, une frappe aérienne israélienne a contrecarré ce qu’Israël a dit être un complot de l’Iran consistant à lancer une série de drones d’attaque chargés d’explosifs destinés à s’écraser sur des cibles dans le pays. L’Iran a rejeté ces allégations.

Quelques heures plus tard, Israël aurait frappé des cibles liées à l’Iran jusqu’en Irak et aurait fait s’écraser deux drones dans le sud de Beyrouth dominé par le Hezbollah.

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