Pologne : La loi sur la Shoah fait resurgir l’antisémitisme, selon un archevêque
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Pologne : La loi sur la Shoah fait resurgir l’antisémitisme, selon un archevêque

L'ancien primat de Pologne Henryk Muszynski constate que les "vieux démons" renaissent, déplore les chapitres "malveillants et non chrétiens" du passé de la nation

Des gens mangeant au restaurant israélien Jaffa à Lodz, en Pologne -avec le mot 'Juif' en arrière-plan le 11 juin 2016. (Autorisation de Rafal Betlejewski / via JTA)
Des gens mangeant au restaurant israélien Jaffa à Lodz, en Pologne -avec le mot 'Juif' en arrière-plan le 11 juin 2016. (Autorisation de Rafal Betlejewski / via JTA)

VARSOVIE, Pologne – L’ancien primat catholique romain de Pologne est convaincu que l’antisémitisme en Pologne est redevenu un problème actuel et récurrent en raison de l’adoption récente de la loi sur la Shoah et les débats qui l’entourent.

« Les vieux démons ont commencé à se réveiller : la confiance de plusieurs milliers de personnes a été mise à rude épreuve et le travail de plusieurs décennies a été terni », a déclaré l’archevêque Henryk Muszynski, archevêque émérite de l’archidiocèse de Gniezno, à la revue polonaise Guide catholique.

La loi dite de la Shoah, un amendement à la loi de l’Institut national du souvenir du pays, a été adoptée en février, rendant illégal le fait de blâmer la nation polonaise pour les crimes commis par les nazis. En juin, le Parlement l’a modifié pour en faire un délit au civil plutôt qu’un délit pénal.

Muszynski a expliqué que les Polonais sont attachés à l’histoire, mais qu’ils ont « leur propre vision des choses ». Selon lui, il y a eu des « moments glorieux » dans l’histoire de la Pologne, mais aussi des comportements « malveillants et non-chrétiens ».

L’archevêque polonais et ancien primat de Pologne Henryk Muszynski. (Wikipedia/Pelz/Kpalion/CC BY-SA)

L’archevêque estime que les Polonais se ferment aux autres et n’ont pas une identité suffisamment profonde. D’où la peur de tous ceux qui sont « différents et étrangers », a-t-il expliqué.

« Il nous semble qu’ils peuvent nous menacer, qu’ils peuvent nous changer et nous détruire. C’est pourquoi nous voulons toujours nous défendre contre quiconque – à tel point que nous sommes prêts à créer un ennemi fictif, qui est tout homme qui pense différemment, qui croit différemment, qui est différent de nous », a ajouté l’archevêque.

« Ceux qui rejettent aujourd’hui les Juifs et les musulmans, qui jugent ces gens, n’ont probablement jamais rencontré aucun juif ou musulman. La cause de leur agressivité et de leur peur est généralement imputable à leur environnement, dans lequel les opinions radicales et la propagande dominent, servi par certains médias », a déclaré M. Muszynski.

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