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Pour Amsalem, Netanyahu a porté atteinte à la droite en refusant de le soutenir

Le député du Likud juge inacceptable que le chef de son parti ait pris ses distances avec lui suite à ses commentaires sur Hayut et la Cour suprême

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président de la coalition David Amsalem lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 25 juin 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président de la coalition David Amsalem lors d'une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 25 juin 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le député du Likud David Amsalem s’en est pris mercredi au chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, affirmant qu’il avait « porté atteinte à la dignité » de la droite en prenant ses distances après les propos incendiaires du député sur la présidente de la Cour suprême, la juge Esther Hayut.

La semaine dernière, Amsalem s’était déchaîné contre la Cour Suprême lors d’une session plénière de la Knesset, estimant avoir été débouté de ses recours par la Cour en raison d’une prétendue discrimination contre les Juifs d’origine moyen-orientale ou nord-africaine.

Les propos d’Amsalem ont amené la juge Hayut à publier une lettre ouverte, suivie, quelques heures plus tard d’une déclaration de Netanyahu disant s’être entretenu avec la juge en chef de la Cour suprême et soulignant que le caractère inacceptable des commentaires de son allié de longue date .

« Je ne supporte pas qu’il ait contacté Hayut, ce n’était pas une chose à faire. En agissant ainsi, il a porté atteinte à la dignité du camp national », a déclaré Amsalem à la chaîne publique Kan mercredi, évoquant en ces termes le bloc de droite.

« Il y a eu beaucoup d’hypocrisie et de mensonges, mais aucune réponse sur le fond de mes propos. Certains critiquent mon style et me disent comment je devrais m’exprimer », a ajouté Amsalem.

« Le Likud est le seul parti démocratique. Personne ne se permettrait d’en faire autant avec Lapid ou Liberman », a déclaré Amsalem, évoquant les chefs des partis Yesh Atid et Yisrael Beytenu et rappelant l’absence de primaires organisées pour les listes de ces factions.

L’an dernier, en l’absence de candidature face à Lapid, Yesh Atid avait abandonné l’idée d’organiser sa première primaire.

« J’ai dit à l’ex Premier ministre que s’il exprimait son opinion personnelle, il n’y avait pas de problème à être en désaccord avec moi d’une manière ou d’une autre », a déclaré Amsalem.

Quelques heures plus tard, Netanyahu a posté un tweet conciliant avec une photo de lui-même et d’Amsalem, sur fond de citation du Cantique des Cantiques disant « Je suis mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi », une allusion amusée à l’orthographe en hébreu du surnom d’Amsalem.

Le député du Likud Nir Barkat, qui a longtemps cherché à se positionner comme successeur de Netanyahu et qui s’est heurté à Amsalem à plusieurs reprises, s’est invité dans le débat, affirmant mercredi qu’il aurait traité la situation différemment de son chef de parti.

« Ma façon de faire est différente, je me comporte différemment », a déclaré Barkat au site d’information Walla. « J’essaie toujours d’être digne. »

D’autres députés du Likud – dont l’identité n’a pas été révélée- auraient également mal réagi à la déclaration de Netanyahu et son entretien avec Hayut.

Des sources internes au Likud ont déclaré à la Douzième chaîne la semaine dernière qu’elles pensaient Netanyahu davantage préoccupé par ses problèmes judiciaires – il est jugé pour corruption dans trois affaires distinctes – que par les intérêts politiques du parti.

Des sources proches de Netanyahu ont indiqué que l’ex-Premier ministre, critique virulent de la cour, avait récusé les attaques teintées de racisme d’Amsalem, et non sa critique des juges à titre général.

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