Pour Trump, les Juifs votant Démocrate font preuve d’une « grande déloyauté »
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Pour Trump, les Juifs votant Démocrate font preuve d’une « grande déloyauté »

Le président américain a fustigé le parti rival qui a défendu Ilhan Omar et Rashida Tlaib, disant que les Juifs qui les soutiennent montrent "un manque total de connaissance"

Le président américain Donald Trump pendant une réunion avec le président roumain Klaus Iohannis (hors-cadre) dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington,  le 20 août 2019 (Crédit : Photo by MANDEL NGAN / AFP)
Le président américain Donald Trump pendant une réunion avec le président roumain Klaus Iohannis (hors-cadre) dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 20 août 2019 (Crédit : Photo by MANDEL NGAN / AFP)

Le président américain Donald Trump s’en est pris aux Démocrates en raison, selon lui, de leur manque de soutien à Israël, suggérant que les Juifs américains tentés par un vote pour le parti rival, au cours des élections de 2020, feraient preuve d’ « une grande déloyauté ».

« Ce que je pense, concernant ces Juifs qui voteront pour un Démocrate, je pense que ça traduit soit une ignorance, soit une grande déloyauté », a-t-il déclaré au cours d’une rencontre, dans le Bureau ovale, avec le président roumain Klaus Iohannis.

Omar et Tlaib, qui se sont querellées avec Trump au sujet d’Israël et sur d’autres questions, ont déclaré lundi que le président américain avait exercé des pressions sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu en faveur de leur interdiction de se rendre au sein de l’Etat juif.

« Je ne couperai pas l’aide apportée à Israël », a dit Trump.

« Je ne peux même pas croire que nous ayons cette conversation. Il y a cinq ans, l’idée de seulement parler de cela – il y a trois ans seulement, couper l’aide à Israël parce que deux personnes haïssent Israël et haïssent les Juifs : Je ne peux pas croire que nous ayons seulement cette conversation », a-t-il dit.

« Qu’est devenu le parti Démocrate… où il prend la défense de ces deux personnes face à l’Etat d’Israël ? », a interrogé Trump. « Ce que je pense, concernant ces Juifs qui voteront pour un Démocrate, je pense que ça traduit soit une ignorance, soit une grande déloyauté ».

La représentante américaine Ilhan Omar, Démocrate du Minnesota, parle pendant que la représentante du Michigan Rashida Tlaib écoute au cours d’une conférence de presse au Capitole, à Washington, le 15 juillet 2019 (Crédit :AP Photo/J. Scott Applewhite, File)

Israël avait donné, le mois dernier, un accord d’entrée sur le territoire de principe à Omar et Tlaib, faisant volte-face la semaine dernière et leur interdisant de venir sur le sol israélien en vertu d’une loi adoptée en 2017 qui permet à l’Etat juif d’expulser ou de refuser l’entrée aux soutiens du mouvement anti-israélien BDS (Boycott, Divestment and Sanctions).

Cette décision avait été prise moins de deux heures après un message publié par Trump sur Twitter disant que le pays ferait preuve d’ « une grande faiblesse » s’il autorisait les deux législatrices à se rendre à Jérusalem et en Cisjordanie, et le revirement du gouvernement israélien est largement considéré comme ayant résulté des pressions exercées par le président américain.

Après l’annonce de l’interdiction, Trump a fêté cette décision sur Twitter, abordant le sujet sous l’angle politique : « Les représentantes Omar et Tlaib sont le visage du parti démocrate et elles HAISSENT Israël ! »

Trump a pu riposter à ses adversaires en les accusant d’antisémitisme et en leur disant qu’ils se montraient pas assez pro-israéliens. Les assistants de la Maison Blanche ont déclaré que Trump espérait que son soutien ferme apporté à Israël lui permettrait d’augmenter le nombre de ses partisans Juifs et chrétiens évangéliques en 2020.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump au bureau ovale de la Maison-Blanche, le 5 mars 2018 (Haim Tzach / GPO)

S’exprimant aux côtés d’Omar lors d’une conférence de presse organisée lundi, Tlaib a paru visiblement émue en racontant comment sa « Sitty » – un terme affectueux arabe qui désigne une grand-mère – lui avait ardemment demandé de ne pas venir dans ce qu’elle estimait être des circonstances humiliantes au cours d’un appel téléphonique nocturne bouleversant.

« Elle dit que je suis son rêve réalisé. Je suis son oiseau libre », a-t-elle expliqué.

« Alors pourquoi devrais-je revenir et être mise en cage, pourquoi m’incliner quand mon élection m’a permis de lever la tête, et lui a offert une dignité pour la toute première fois ? », a-t-elle interrogé.

Tlaib et Omar sont connues pour être des soutiens du mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) anti-israélien.

Tlaib et Omar font partie de « la Brigade » des quatre nouvelles élues au Congrès – toutes des femmes de couleur – qui, selon Trump, seraient le nouveau visage du parti Démocrate, alors que le président américain oeuvre à sa réélection. Il a écrit une série de tweets racistes le mois dernier à leur sujet, les appelant à « retourner » dans leurs pays « détraqués ».

Elles sont toutes citoyennes américaines – Tlaib est née aux Etats-Unis et Omar, réfugiée somalienne, a obtenu la citoyenneté américaine après avoir fui son pays ravagé par la guerre et s’être installée dans le pays.

Au début de l’année, Omar avait clamé que « tout tourne autour des Benjamin » en évoquant le soutien apporté par le Congrès à Israël.

Elle avait également accusé les activistes et les députés pro-israéliens de déloyauté : « Je veux parler d’une influence politique, dans ce pays, qui dit qu’il est acceptable de prêter l’allégeance à un pays étranger », avait dit Omar. Ses propos lui avaient valu d’être accusée d’antisémitisme et elle avait ultérieurement présenté ses excuses, sans les regretter pour autant.

JTA a contribué à cet article.

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