Pourquoi Liberman annule sa rencontre avec les familles endeuillées de Barkan
Rechercher

Pourquoi Liberman annule sa rencontre avec les familles endeuillées de Barkan

Pour le ministre, la rencontre ne peut avoir lieu après la diffusion de l'enregistrement de la dispute du père d'une victime de Barkan avec un fonctionnaire de la défense

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, dans l'implantation d'Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 30 octobre 2018. (Hillel Maeir/Flash90)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, dans l'implantation d'Ariel, au nord de la Cisjordanie, le 30 octobre 2018. (Hillel Maeir/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a annulé une réunion qu’il devait avoir mercredi avec les familles de deux personnes tuées dans l’attaque terroriste du parc industriel de Barkan le mois dernier.

Dans une lettre adressée aux proches de Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hajbi les informant de sa décision, Liberman a expliqué qu’il n’était pas possible d’avoir un « dialogue ouvert » après un appel téléphonique entre un représentant du ministère de la Défense et le père de Levengrond, Rafi, qui a fuité dans la presse.

Dans l’enregistrement – diffusé lundi par la chaîne d’information Hadashot – on peut entendre Levengrond se moquer de l’annonce faite par le responsable de la défense selon laquelle Tsahal allait détruire le sous-sol et le rez-de-chaussée de la maison de Ashraf Naalowa.

« Donc, en bref, vous ne faites rien », disait Rafi Levengrond dans l’enregistrement. « Écoutez, ils ont détruit ma famille, pourquoi tenez-vous compte de la sienne ?… En ce qui me concerne, si vous vous apprêtez à détruire un coin de la maison, ne la détruisez pas du tout, laissez-la debout. »

(De gauche à droite) Le député Likud Oren Hazan, le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, et des proches de Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hajbi, tués dans une attaque terroriste dans la zone industrielle de Barkan lors d’une marche à leur mémoire vers le site de l’attaque le 6 Novembre, 2018. (Conseil régional de Samarie)

On peut entendre le fonctionnaire de la défense dire à Levengrond qu’il y avait des « obstacles juridiques » à la démolition totale par Tsahal de la maison des Naalowa.

L’homme de 23 ans originaire du village de Shuweika, dans le nord de la Cisjordanie, est toujours en cavale depuis l’attaque perpétré le 7 octobre, durant laquelle il a tué ses collègues de l’usine Alon Group, Levengrond et Hajbi, et blessé une troisième israélienne, Sara Vaturi.

Dans sa lettre de mercredi aux familles des victimes, M. Liberman a dit qu’il avait voulu les rencontrer, écouter leurs préoccupations et les tenir informées de la recherche du terroriste par l’armée.

« J’avais invité des représentants de haut niveau de Tsahal et du Shin Bet à vous rencontrer afin de vous présenter de manière approfondie et directe les actions menées par les forces de défense pour capturer le terroriste et détruire son domicile », a-t-il déclaré.

« Malheureusement, lorsque la conversation avec un officier de Tsahal ayant le grade de lieutenant-colonel, qui vous a appelé sur mes instructions, est enregistrée et divulguée aux médias, avec toute ma douleur et ma sympathie [pour votre situation], il est impossible d’avoir un dialogue de confiance. Par conséquent, la réunion prévue pour aujourd’hui n’aura pas lieu », a ajouté M. Liberman.

Kim Levengrond Yehezkel, 29 ans (à gauche) et Ziv Hajbi, 35 ans, tués dans un attentat terroriste dans la zone industrielle Barkan en Cisjordanie, le 7 octobre 2018 (Capture d’écran : Facebook)

Un représentant du ministère de la Défense a appelé les familles pour les informer de la décision et leur dire qu’elles allaient recevoir la lettre de Liberman.

« C’est bon, vous n’êtes pas obligé de l’envoyer », a répondu le père de Levengrond, selon Hadashot. « La lettre ne m’intéresse pas ».

Après l’annulation, Levengrond a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu de limoger Liberman.

« Si, à Dieu ne plaise, une guerre éclate, pouvez-vous vraiment compter sur une telle personne, qui n’est pas même capable de venir m’expliquer pourquoi il ne veut faire que la moitié du travail ? » a déclaré le père en deuil à Hadashot, en réitérant ses reproches contre la décision de l’armée de ne détruire que partiellement la maison de Naalowa.

Selon Levengrond, c’est Liberman qui a divulgué à la presse la conversation téléphonique avec le représentant du ministère de la Défense.

Mardi, des centaines de personnes se sont jointes aux familles des victimes lors d’un rassemblement de protestation dans le parc industriel de Barkan, réclamant des mesures plus sévères contre le terroriste et sa famille.

Les parents et les frères et sœurs des victimes ont demandé que la peine de mort soit appliquée à Naalowa, que tout l’immeuble dans lequel il vivait soit démoli, que sa famille soit expulsée de Cisjordanie et que de nouvelles constructions soient annoncées en réponse à cette attaque.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...