Primaires du Meretz : forte mobilisation pour élire des candidats chevronnés
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Primaires du Meretz : forte mobilisation pour élire des candidats chevronnés

Ilan Gilon, Michal Rozin et Issawi Frej prennent la tête de la liste, suivis par un nouveau-venu, Ali Shalalha

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La cheffe du parti du Meretz Tamar Zandberg et d'autres membres de la formation à Tel Aviv, suite à l'annonce des résultats des primaires, le 14 février 2019 (Crédit : Flash90)
La cheffe du parti du Meretz Tamar Zandberg et d'autres membres de la formation à Tel Aviv, suite à l'annonce des résultats des primaires, le 14 février 2019 (Crédit : Flash90)

C’est le député de longue date Ilan Gilon qui a pris la tête de la liste en vue des élections du mois d’avril à l’occasion des toutes premières primaires ouvertes du Meretz, après que 86 % des électeurs de la formation de gauche sont allés déposer leur bulletin dans l’urne dans la journée de jeudi.

Ce résultat signifie que Gilon occupera la seconde place sur la liste du parti pour les prochaines élections, derrière Tamar Zandberg, sa présidente.

Michal Rozin et Issawi Freij, qui siègent actuellement à la Knesset, prennent la deuxième et la troisième place et un nouveau-venu, Ali Shalalha, éducateur druze originaire du village de Beit Jann, dans le nord du pays, est quatrième.

La formation, qui se trouve à l’extrême-gauche de l’échiquier politique, devrait obtenir 4 à 5 sièges dans la prochaine Knesset, selon les sondages actuels.

De 14 heures à 22 heures, environ 21 000 membres du Meretz ont pu déposer leur bulletin dans l’urne pour les toutes premières primaires de la formation, dans 131 bureaux de vote répartis dans tout le pays. Ils étaient chargés de désigner les 23 candidats qui se présenteront au scrutin du mois d’avril.

Le taux de participation de 86 % surpasse très largement les chiffres enregistrés lors des primaires du parti Travailliste et du Likud, dont les primaires ont eu lieu en début de semaine et la semaine dernière, avec 58 % et 60 % respectivement.

La cheffe du Meretz Tamar Zandberg, à droite, et le député Ilan Gilon aux abords du bureau de vote du parti à Jérusalem, le 14 février 2019 (Crédit : Flash90)

Gilon avait siégé à la Knesset pour le Meretz une première fois entre 1999 et 2003 et il est l’une de ses personnalités les plus éminentes depuis son retour à un poste de parlementaire en 2009. Il a échoué à prendre la tête du parti, l’année dernière.

Le député Mossi Raz termine cinquième des votes, mais il prendra la septième place de la liste après celle qui est réservée à une femme – et dont bénéficiera Mehereta Ron Baruch, adjointe au maire de Tel Aviv.

Avi Buskila, qui, aux côtés de Gilon, s’est incliné face à Tamar Zandberg l’année dernière dans la course au poste de numéro un de la formation, sera 8e sur la liste. Raz et Buskila sont deux des quatre anciens responsables du mouvement La Paix maintenant à s’être présentés lors des primaires, avec Gabby Lasky, qui prendra la 9e place de la liste réservée à un nouveau candidat, et Yariv Oppenheimer, qui a pour sa part fini à la traîne et prendra le 13e place.

Le Meretz est l’un des quelques partis à avoir adopté des primaires ouvertes à tous les membres ces dernières années, l’ancienne dirigeante Zehava Galon allant même jusqu’à prôner un système de vote ouvert à tous les citoyens israéliens. Dans le passé, la formation choisissait sa liste en vue des élections à la Knesset via un processus en deux étapes dans lequel les membres du parti élisaient leurs délégués dans un haut-comité, qui désignait alors les candidats au scrutin.

Le parti espère que le vote et la liste finale qui a suivi pourront élargir la portée d’une gauche politique israélienne diminuée et marginalisée.

Avi Buskila à l’extérieur d’un bureau de vote à Tel Aviv le 22 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Comme cela a été le cas lors des primaires du Likud et du parti travailliste, il y a eu au Meretz des initiatives prises par certains au sein de la formation visant à déterminer la liste finale via des accords de soutien et de blocage de candidats aspirants.

Un groupe d’activistes qui s’efforce actuellement de donner à la formation l’étiquette d’un mouvement prioritairement préoccupé des questions sociales a pressé les membres de boycotter les députés Rozin, Frej et Raz, qui ont tous adoptés la même ligne que Galon et son positionnement fermement pro-palestinien.

Suite à l’annonce des résultats des primaires, Zandberg a déclaré que le parti ne chercherait pas à minimiser ses exigences de gauche.

« Certains, pendant ce scrutin, se sont enorgueillis de clamer qu’il n’y a ni gauche, ni droite. Nous sommes fiers d’affirmer qu’il y a une gauche, qu’elle est nécessaire, qu’elle est le Meretz », a-t-elle dit, se référant au slogan de campagne de Gantz.

Déposant son bulletin au bureau de vote du centre de Tel Aviv dans la matinée, Zandberg a indiqué qu’elle serait heureuse de voir les candidats les plus éminents obtenir de bonnes places sur la liste dans la mesure où « quoi qu’il arrive, notre liste sera l’équipe gagnante de la gauche ».

Alors qu’il lui était demandé si elle pensait pouvoir ramener le parti au sein du gouvernement pour la toute première fois en deux décennies, Zandberg a expliqué que « nous participerons à tout gouvernement de centre-gauche, nous incarnerons la gauche du gouvernement. S’il y a toutefois un gouvernement de droite, nous serons alors dans l’opposition ».

Elle a aussi indiqué qu’elle pourrait soutenir le leader de Hossen LeYisrael Benny Gantz au poste de Premier ministre après les élections.

La dirigeante du parti Meretz Tamar Zandberg s’exprime lors d’une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Lorsqu’elle avait remporté la présidence du parti, l’année dernière, Zandberg avait expliqué que son objectif lors des élections nationales était de glaner dix sièges à la Knesset – ce qui n’est pas arrivé à la formation depuis 15 ans. Elle avait aussi juré de changer la perception du Meretz en tant que perpétuel parti d’opposition : Sa dernière participation au gouvernement remonte à 17 ans, sous le mandat du Premier ministre Travailliste Ehud Barak, et elle avait même suggéré sa volonté de rejoindre une coalition avec son rival de toujours, Avigdor Liberman, à la tête du parti Yisrael Beytenu de droite.

Lorsque les dix premiers candidats ont rejoint Zandberg sur scène, jeudi soir, les militants ont scandé avec espoir « Dix sièges pour le Meretz ».

Les dix premiers candidats du Meretz en lice pour les élections du 9 avril 2019, tels qu’ils ont été sélectionnés dans les primaires du parti, le 14 février 2019 :

1. Tamar Zandberg
2. Ilan Gilon
3. Michal Rozin
4. Issawi Frej
5. Ali Shalalha
6. Mehereta Ron Baruch
7. Mossi Raz
8. Avi Buskila
9. Gabby Lasky
10. Avi Dabush

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