Pour tenter de relancer la gauche, le Meretz organise ses premières primaires
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Pour tenter de relancer la gauche, le Meretz organise ses premières primaires

Ce sont 21 000 membres du parti qui sont attendus aux urnes pour déterminer les 23 candidats à la Knesset ; le parti devrait remporter 5 sièges aux élections

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Des membres et militants du parti Meretz défilent sur le boulevard Rothschild au centre de Tel Aviv le 30 janvier 2015, avant les élections à la Knesset. (Ben Kelmer / Flash90)
Des membres et militants du parti Meretz défilent sur le boulevard Rothschild au centre de Tel Aviv le 30 janvier 2015, avant les élections à la Knesset. (Ben Kelmer / Flash90)

Les membres du parti du Meretz, situé à gauche de l’échiquier politique, se sont rendus aux urnes jeudi pour choisir les candidats qui représenteront pour la première fois le parti au prochain scrutin national.

Dans l’espoir de doper l’enthousiasme et la participation de ses militants et partisans, le Meretz espère que ces primaires et la liste de candidats qui en résultera permettront de renforcer le pouvoir de la gauche israélienne, chancelant et marginalisé.

Ce sont 21 000 membres du parti qui sont attendus pour s’exprimer dans les 131 bureaux de vote du pays, entre 14 et 22 heures. Ils pourront faire leur choix parmi 23 candidats. Les premières places sont très prisées, les sondages indiquant en effet que le parti devrait décrocher entre 4 et 6 sièges en avril. Actuellement, le Parlement israélien compte 5 députés Meretz.

La cheffe du parti Tamar Zandberg figure d’ores et déjà en tête de liste, après son élection à la direction du parti l’an dernier. Les quatre autres députés devront s’efforcer de faire un bon score, la concurrence étant rude dans la mesure où l’une des cinq places en haut de la liste est réservée à un nouveau candidat et une autre doit revenir à une femme (outre Zandberg).

La dirigeante du parti Meretz Tamar Zandberg s’exprime lors d’une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Les députés Ilan Gilon, Michal Rozin, Issawi Frij et Mossi Raz sont en lice contre des militants connus du public, notamment les trois anciens chef du groupe anti-implantation La Paix maintenant, Yariv Oppenheimer, Gabby Lasky et Avi Buskila, qui avaient perdu face à Zandberg en mars 2018.

À l’image des primaires du Likud et du Parti travailliste, qui ont eu lieu ces deux dernières semaines, certains tentent de se garantir une place à la Knesset en passant des accords pour soutenir ou contrer certains prétendants à un siège.

Un groupe de militants tentent de donner au parti un nouvel élan en le faisant se concentrer sur les questions sociales et non pas sur la question cruciale de l’État palestinien et des droits des Palestiniens. Pour ce faire, les membres du parti ont appelé au boycott des députés Rozin, Frij et Raz, qui s’étaient tous rangés du côté de l’ancienne cheffe Zehava Galon.

Le concept d’élections primaires a fait son apparition dans le paysage politique israélien dans les années 90, quand plusieurs grands partis qui souhaitaient renforcer le soutien des citoyens ont décidé de les impliquer davantage dans le processus démocratique. Depuis, cependant, la plupart des partis ont abandonné les élections internes et opté pour un système dans lequel un chef du parti ou une commission de responsables choisissent une liste « parfaite », dénuée des caprices des membres du parti.

Pour sa part, Meretz est l’un des rares partis à avoir adopté un système d’élections internes ces dernières années, et l’ancienne présidente du parti Galon avait appelé à un système d’élections ouvertes auxquelles tout citoyen israélien pourrait participer. Elle avait précédemment choisi sa liste parlementaire par le biais d’un processus à deux étapes, dans lequel les membres du parti élisaient des délégués au comité supérieur, qui déterminait ensuite la liste de candidats à la Knesset.

Des députés du Meretz et de la Liste arave unie manifestent contre les implantations israéliennes en avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En remportant la tête du parti l’an dernier, Zandberg avait déclaré que son objectif était de décrocher 10 sièges aux élections nationales, un exploit qui n’a pas été réalisé depuis 15 ans. Elle s’était également engagée à changer la perception du Meretz, éternel parti d’opposition. Le parti n’a pas siégé au gouvernement depuis 17 ans, à l’époque d’Ehud Barak. Elle avait même suggéré de rejoindre une coalition avec son rival Avigdor Liberman, qui dirige le parti Yisrael Beytenu.

Zandberg cherche à obtenir le soutien de l’électorat désillusionné du Parti travailliste d’Avi Gabbay, qui semble s’acheminer vers ses pires résultats électoraux jamais obtenus. Au début du mois, elle a déclaré que le Meretz était « certainement le meilleur candidat pour diriger un bloc de gauche, en raison de la clarté de son idéologie et de sa loyauté envers ses valeurs ».

Le Parti travailliste a enregistré une légère hausse de popularité à l’issue de ses primaires organisées mardi.

Les résultats du Meretz sont attendus peu après 22 heures, heure de fermeture des bureaux de vote.

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