Quelques milliers de manifestants anti-Netanyahu défient une météo hivernale
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Quelques milliers de manifestants anti-Netanyahu défient une météo hivernale

Les rassemblements ont été bien plus modestes que d'habitude à cause de la pluie et du vent : il y aurait eu 3 000 personnes à Jérusalem et 2 000 à Césarée

Des manifestants anti-Netanyahu sur la place Rabin de Tel Aviv, le 21 novembre 2020. (Crédit :Avshalom Sassoni/Flash90)
Des manifestants anti-Netanyahu sur la place Rabin de Tel Aviv, le 21 novembre 2020. (Crédit :Avshalom Sassoni/Flash90)

Le mouvement de protestation réclamant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu a bien eu lieu samedi soir, malgré la météo hivernale. Les manifestants se sont rassemblés sur les places, aux carrefours et sur les ponts de tout le pays pour la 22e semaine d’affilée.

La participation a été bien plus modeste que d’habitude, probablement en raison de la pluie et du froid.

Les rassemblements les plus importants ont semblé avoir eu lieu aux abords du bureau du Premier ministre de Jérusalem, qui ont réuni 2 000 à
3 000 personnes.

Pendant la manifestation, quatre personnes ont été arrêtées par la police et une sexagénaire a été emmenée à l’hôpital après avoir été, semble-t-il, poussée au sol par un agent, a fait savoir le quotidien Haaretz.

A Césarée, devant l’habitation privée du Premier ministre, 1 000 à 2 000 Israéliens se seraient regroupés. La semaine dernière, au même endroit, des partisans du Premier ministre avaient agressé verbalement la famille d’un soldat mort au combat parce qu’elle avait accueilli un groupe de manifestants anti-Netanyahu – un incident qui avait entraîné une importante polémique.

Des personnalités publiques avaient été particulièrement choquées par le souhait émis à voix haute d’un contre-manifestant qui avait dit espérer que la famille perdrait un autre fils. Cette prise à partie avait été condamnée avec vigueur par de nombreux politiciens et notamment par le Premier ministre Netanyahu lui-même.

Selon la Douzième chaîne, certains activistes pro-Netanyahu ont qualifié de « traîtres », de « nazis » et de « bâtard arabes » les manifestants pendant le rassemblement de Césarée.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées sur la place Rabin de Tel Aviv et à Haïfa.

Une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 21 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La participation au mouvement de protestation a été plus faible ces dernières semaines, en raison peut-être d’une baisse de la mobilisation ou du climat plus froid et plus humide.

Le groupe du Drapeau noir, l’un des groupes à l’origine du mouvement, a indiqué que des centaines de voitures s’étaient rendues à proximité du domicile privé de Netanyahu à Césarée pour témoigner de leur mécontentement.

Il a aussi indiqué que les manifestants avaient essuyé des jets de pierre de la part de partisans de Netanyahu à Shlomi, une communauté du nord du pays située près de la frontière avec Liban.

Il a critiqué la police qui se serait contentée de qualifier ces agressions de « malveillantes ».

« C’est un nouveau scandale pour la police israélienne », a fait savoir le groupe, notant qu’il ferait appel aux tribunaux pour obliger les forces de l’ordre à défendre les manifestants.

Les manifestants organisent depuis de nombreuses semaines des rassemblements réguliers réclamant la démission de Netanyahu, traduit en justice pour pots-de-vin, pour fraude et abus de confiance. Ils dénoncent aussi sa prise en charge de la pandémie de coronavirus.

שיירת הרכבים בדרכה לקיסריה????????????

מאות רכבים מוארים בדרכם לקיסריה ????????????????להגיד לו #לך

Posted by ‎מצילים את הדמוקרטיה – מחאת הדגלים השחורים‎ on Saturday, November 21, 2020

Netanyahu et ses alliés politiques, pour leur part, n’ont cessé d’exprimer de vives critiques à l’encontre du mouvement de protestation.

Cela fait des mois que ces rassemblements sont organisés. Ils ont contribué à conserver Netanyahu sous le feu des projecteurs à un moment où la popularité du leader de longue date est mise à mal en raison de sa gestion de l’épidémie de COVID-19.

Le pays est en train de sortir, petit à petit, d’un confinement d’un mois que le gouvernement a imposé au mois de septembre pour réduire les chiffres de l’infection.

Les restrictions qui sont encore en place ont empêché les salles événementielles, les lieux culturels, les hôtels et les restaurants de rouvrir leurs portes tandis que l’économie israélienne continue à être frappée de plein fouet.

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