Qui est le militant juif à l’origine de la victoire de Corbyn au sein du Labour
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Qui est le militant juif à l’origine de la victoire de Corbyn au sein du Labour

Jon Lansman, fondateur de Momentum, qui a grandi en tant que juif orthodoxe, est un non-conformiste d'extrême gauche. Et ça n’aide pas toujours à se faire des amis

Jon Lansman, fondateur de Momentum (YouTube)
Jon Lansman, fondateur de Momentum (YouTube)

LONDRES – Jon Lansman peut se vanter d’avoir aidé à l’élection de Jeremy Corbyn en tant que chef du Parti travailliste britannique en 2015. Activiste de la gauche dure, Lansman a mené une campagne qui a stupéfié l’establishment politique en battant une poignée d’anciens ministres et en catapultant un rebelle vieillissant au poste de chef de l’opposition.

Lansman a récemment gagné une place au sein de l’organe directrice du Labour, le National Executive Committee (NEC). C’est la dernière d’une série de démarches qui a fait de l’ardent allié Corbyn l’une des principales personnalités influentes du parti.

Autant craint qu’injurié chez les députés travaillistes modérés, Lansman préside maintenant Momentum, le mouvement de pression corbynite qu’il a créé au lendemain des élections à la direction.

Le mouvement – qui dispose d’un réseau de plus de 31 000 membres, 200 000 supporters et 170 groupes locaux – agit comme la garde prétorienne de Corbyn. Lorsque les députés travaillistes ont tenté d’évincer leur leader à l’été 2016, Momentum a mobilisé les militants de la base pour assurer sa réélection.

Cela a peut-être aussi sauvé Corbyn une deuxième fois l’été dernier. Après que la Première ministre, Theresa May, a convoqué des élections législatives anticipées en juin, Momentum s’est retrouvé derrière le leader travailliste.

La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street, à Londres, le 18 avril 2017. (Crédit : Daniel Leal-Olivas/AFP)

Il a aidé à organiser d’énormes rassemblements publics qui ont provoqué l’émergence inattendue de la « Corbynmania » pendant les dernières semaines de la campagne, développé une application qui a permis à son immense armée de partisans de frapper aux portes des électeurs pour des sièges marginaux, et sa campagne dans les médias sociaux a été largement attribuée au renforcement du soutien des travaillistes parmi les jeunes électeurs.

Le groupe affirme qu’un tiers des utilisateurs de Facebook au Royaume-Uni a visionné une de ses vidéos pendant la campagne, et que plus de 400 000 personnes, pour la plupart des jeunes, ont reçu des messages WhatsApp le jour du scrutin pour leur rappeler de voter.

« Si les partis travaillistes et conservateurs sont les géants de la politique britannique, Momentum est une start-up brillante, libre de prendre des risques que les machines politiques traditionnelles ne peuvent se permettre », écrivent les journalistes Tim Ross et Tom McTague dans leur ouvrage intitulé Betting the House: The Inside Story of the 2017 Election.

Au lieu d’une débâcle ouvrière largement attendue, qui aurait presque certainement forcé la démission de son chef, les conservateurs ont été dépouillés de leur majorité parlementaire. La position de Corbyn semble maintenant inattaquable.

Et tout le long, Lansman a travaillé furtivement pour remodeler l’image de son chef.

Le chef du parti d’opposition du Labour Jeremy Corbyn lors d’un discours pour les élections législatives à Londres, le 29 avril 2017 (Crédit : Niklas Hallen/AFP)

Compte tenu de l’hostilité profonde de Corbyn envers Israël et des allégations d’antisémitisme qui pèsent sur le parti, il est ironique que la politique de Lansman ait été façonnée par un voyage en Israël alors qu’il était adolescent.

Le président de Momentum – qui a fréquenté une école privée et a grandi dans une « famille orthodoxe typique » au nord de Londres – n’avait que 16 ans lorsqu’il s’est rendu dans l’État juif peu après la guerre du Yom Kippour pour rendre visite à une tante qui y avait émigré.

« J’ai travaillé dans un kibboutz dans le Néguev et ma tante vivait à Beer Sheva. C’était en fait une expérience très politisée », a-t-il déclaré au Jewish Chronicles en 2016.

« Quand j’ai fait ma bar-mitsva, je me suis vu en tant que sioniste et je pense qu’après mon voyage, je l’ai moins été. J’étais plus intéressé par le kibboutz – et ce que j’aimais était l’esprit pionnier, le sens de la communauté et le radicalisme », a déclaré Lansman.

De retour à Londres, Lansman rejoint le parti travailliste. Son père, qui n’a pas été impressionné est devenu un conseiller conservateur à Hackney.

Ce radicalisme juvénile n’a jamais quitté Lansman. Il a fait ses premières armes durant les batailles qui ont déchiré les Travaillistes au début des années 1980 alors que la gauche a tenté de prendre le contrôle du parti par son aile modérée. En 1981, cet homme de 24 ans était au centre de la lutte acharnée pour le poste de leader adjoint, qui opposait l’ancien chancelier de l’aile droite, Denis Healey, au héros de la gauche insurgée, Tony Benn.

Tony Benn, pour lequel Jon Lansman a fait campagne en 1981 (Wikimedia commons / Isujosh)

En dépit de la défaite serrée de Benn, Lansman a acquis une réputation bien méritée en tant que tacticien très compétent.

La mort de sa femme suite à un cancer a conduit Lansman à abandonner la politique dans les années 1990 afin d’élever leurs trois enfants.

Il est revenu peu de temps après la fin de la période de règne du Parti travailliste qui aura duré 13 ans avec la défaite du parti lors des élections générales de 2010. Marginalisée et exclue de la prise de décision, les années Blair-Brown avaient été difficiles pour la gauche dure.

La décision de Lansman de lancer le site web de Left Futures l’a fait entrer dans l’ère numérique et a fourni à ses éléments notoirement rebelles une ligne éditoriale claire. Peut-être plus important, cependant, a été l’impact psychologique. Le nouveau projet de Lansman – véhément, sans pitié et agressif dans ses attaques contre les Blairites – a donné une confiance à la gauche dure dont elle avait grandement besoin.

Mais il fallut encore cinq ans avant que Lansman puisse tester les compétences qu’il avait perfectionnées au début des années 1980. À la suite de la démission d’Ed Miliband après la deuxième défaite consécutive aux élections législatives, Lansman a fourni l’énergie, la tactique et la détermination obstinée qui ont brisé les règles politiques établies et mené à la victoire écrasante de Corbyn.

En tant que chef de la campagne « Jeremy Corbyn for leader », il s’est avéré être, comme le dit un haut responsable du Parti travailliste, « l’organisateur le plus efficace de la gauche ». Ainsi que les autres interviewés, il a accepté de parler librement sous condition d’anonymat.

Dans le monde de Corbyn, Lansman occupe peut-être une position unique. Sa relation avec le leader travailliste remonte à près de quarante ans : les deux se sont rencontrés alors que Lansman était étudiant et Corbyn conseiller municipal et agent électoral dans le nord de Londres.

Len McCluskey, dirigeant d’extrême-gauche du syndicat Unite de Grande-Bretagne (Domaine public)

Le statut de Lansman est celui d’un guide. Il est à la fois un initié – il a un accès direct au leader travailliste, son lieutenant en chef de l’ombre, le chancelier John McDonnell, et au plus important dirigeant syndical du pays, Len McCluskey – et il possède pourtant une base de pouvoir indépendante à la tête de Momentum.

La décision de Lansman de briguer une place au NEC – une élection dans laquelle tous les membres travaillistes ont un vote – est révélatrice à plusieurs titres. Il est peut-être l’une des rares personnes à Westminster à préférer de loin le siège du Labour à celui du Parlement (malgré la spéculation médiatique, peu pensent que Lansman a intérêt à devenir député).

Mais la course de Lansman pour le NEC a montré également une faiblesse de la gauche dure. Ses partisans actuels peuvent être capables de suivre une ligne, mais pas de répondre prestement aux points de l’ordre du jour parfois de dernière minute présentés par le personnel du parti et aux changements rapides qui se produisent pendant la réunion.

« Ils ont décidé de mettre la personne qui commande dans la pièce », explique un initié. « Actuellement, ils n’ont personne pour diriger les primaires [de la gauche »]. »

La principale bataille au sein du parti cette année portera sur les propositions soutenues par Lansman afin de renforcer le pouvoir des membres travaillistes au détriment de ses députés. Un changement permettra aux partis travaillistes de la circonscription d’abandonner les députés titulaires. Et leur permettra également de proposer des candidats aux futures élections à la direction (actuellement, cela est réservé aux députés, ce qui signifie que Corbyn n’a obtenu que le bulletin de vote en 2015).

La présidence de Momentum présente de telles idées comme une simple question d’équité. Ils permettent aux membres du parti – ceux qui « le financent, qui remportent les victoires ou jouent un rôle important dans la réalisation des victoires » – d’avoir davantage leur mot à dire dans le choix des candidats et la sélection des politiques.

Mais les détracteurs craignent que la gauche dure souhaite faire passer les députés des représentants des électeurs qui les ont élus à de simples porte-paroles de partis locaux dominés par les militants. Le fait que Lansman ait été un partisan acharné de la resélection obligatoire – longtemps le Saint Graal de la gauche dure – inquiète beaucoup de parlementaires. Cela permettrait aux membres des partis de gauche de nier plus facilement la réélection des députés centristes en tant que candidat travailliste à l’approche d’une élection générale.

En novembre, il a été révélé que Momentum exigeait des candidats parlementaires de signer des contrats les engageant aux « objectifs politiques » énoncés dans la constitution de l’organisation afin de gagner son soutien.

Surnommé « test de loyauté » par les opposants de Momentum, le contrat en 13 points engage les signataires à « travailler pour s’assurer que le manifeste travailliste [sous réserve de l’élaboration de politiques futures] soit pleinement mis en œuvre une fois que les travaillistes seront au gouvernement ». Et également à revitaliser le parti travailliste en s’appuyant sur les valeurs, l’énergie et l’enthousiasme de la campagne Jeremy pour Leader.

De nombreux députés travaillistes ont été consternés par le changement. Comme Mike Gapes, le député d’Ilford South, l’a dit succinctement : « J’ai rejoint le parti travailliste. Je n’ai pas adhéré à un parti trotskyste ou à un culte stalinien. »

La nouvelle du projet de contrat Momentum a été couplée avec une tentative de purge des membres modérés du Conseil du travail avant les élections, cette année, du gouvernement local. À Londres, les actions ont été particulièrement cruelles. Dans le quartier de Haringey, dans le nord de Londres, les activistes de Momentum ont réussi à renverser plus d’une douzaine de membres du Conseil du travail qui, selon les termes de l’un d’eux, ne correspondent pas à un moule idéologique.

Les observateurs comparent les actions de l’organisation à Haringey à une représentation mafieuse où un corps est suspendu à un pont afin d’avertir les autres de suivre le bon chemin.

Lansman, cependant, semble totalement impénitent. Avec Momentum sous le feu, il a persisté et a soutenu que les partisans de l’organisation avaient été traités injustement alors que les candidats ont été choisis dans d’autres arrondissements de Londres. Le processus dans toute la capitale devrait être complètement relancé, a-t-il suggéré à la consternation générale.

L’appel de Lansman, dit un opposant, est typique de la « mentalité de victimisation et de paranoïa » qui – en dépit de son ascendant actuel dans le parti – continue d’affliger la gauche dure.

Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste britannique, assiste à un rassemblement de campagne à Reading, à l’ouest de Londres, le 31 mai 2017 (Photo AFP / Ben Stansall)

Mais, estime le haut dirigeant travailliste, le sentiment d’urgence de Lansman à conduire de nouvelles réformes pour consolider le pouvoir de la gauche dure reflète moins l’orgueil d’un vainqueur qu’une évaluation « hautement rationnelle » du flux qui entoure la politique britannique. Lansman « voit à travers le culte de Corbyn », et est capable d’annihiler un attachement émotionnel au dirigeant travailliste qui obscurcit le jugement de beaucoup de ses partisans.

Il y a à peine six mois, Corbyn était à la traîne de May de deux chiffres dans les sondages et semblait être sur le point de devenir l’un des plus éphémères dirigeants du Parti travailliste. Lansman est déterminé à intégrer les gains de la gauche et à s’assurer que, si la tendance politique se retourne contre Corbyn, tout futur successeur ne sera pas en mesure de l’abandonner, comme ce fut le cas après le retour du Labour au milieu des années 1980.

Certains soupçonnent que Momentum représente également le « Plan B » de la gauche dure s’il perdait son emprise sur le parti travailliste. Contrairement à d’autres factions au sein du Labour, l’organisation a non seulement construit une adhésion massive, mais a également développé une marque et un profil médiatique qui va bien au-delà du parti.

Sa vaste collecte de données – lors de l’élection présidentielle de 2015, la campagne de M. Corbyn a récolté les informations de 2 millions de personnes qui ont donné lieux à 250 000 voix pour son candidat – ce qui impressionne autant ses partisans que ses opposants. Cela pourrait-il, en conséquence, constituer la base d’un nouveau parti de gauche si le Parti travailliste tombe entre les mains de ses ennemis centristes ?

Bien qu’un tel parti ne risque pas de passer la barre des deux chiffres dans le vote populaire, il pourrait probablement réussir à prendre suffisamment de voix des travaillistes pour infliger de graves dommages. Si ce n’était pas le cas, alors, Lansman a construit une police d’assurance lourde pour se prémunir contre une éventuelle réaction de la gauche dans le parti.

Jon Lansman (Twitter)

Certes, la direction de Lentman de Momentum lui a valu peu d’amis au sein du parti travailliste. Un député a laissé entendre que ses opinions sur Lansman n’étaient pas publiables.

« Il est vu avec beaucoup de suspicion, même par Corbynistas », estime un autre.

Les députés rejettent les tentatives de Momentum de contrôler le parti et de dicter des règles et politiques, en particulier les menaces concernant la sélection, la resélection obligatoire et les promesses de signature. Ils ne le regrettent pas, non par peur de perdre leur siège, mais parce que c’est intimidant, insidieux, anti-démocratique [et] contraire à tout ce que défend le Parti travailliste ».

Mais si beaucoup d’opposants de Lansman au sein du parti travailliste parlent durement de lui, d’autres adoptent un ton plus chaleureux.

« C’est un vrai mensch », dit-on, « de compagnie très agréable », ajoutant que sa manière « aimable et paternaliste » explique le grand respect que beaucoup de jeunes militants Momentum ont pour leur « gourou de l’organisation ».

Lansman a pris soin de condamner les abus en ligne auxquels les députés modérés du Parti travailliste sont fréquemment soumis par les partisans de Corbyn. Cependant, beaucoup continuent d’en tenir Momentum pour responsable.

En 2016, l’ancien chef du Parti travailliste aurait écrit à Lansman et confronté Corbyn au sujet des abus et intimidations prétendument dirigés contre les députés par des militants Momentum. Six mois plus tard, les députés femmes du parti travailliste – qui ont subi le plus grand nombre de brimades – ont fait appel à Corbyn pour se distancer de Momentum. Le leader travailliste a refusé la demande.

À la différence de certains sur la gauche dure, Lansman a été disposé à admettre que le parti travailliste a un problème avec l’antisémitisme. Interrogé par la BBC en octobre, Lansman a montré peu de patience pour les dirigeants des partisans de Corbyn, tels que McCluskey et le réalisateur Ken Loach, qui ont semblé minimiser la question de l’antisémitisme au sein du parti.

Le réalisateur britannique Ken Loach en octobre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Vous devez être un Juif pour expérimenter l’antisémitisme », a déclaré Lansman. « J’ai connu l’antisémitisme; mes enfants, qui ne sont qu’à moitié juifs, également. Je sais qu’il y a un problème avec l’antisémitisme et qu’il faut y faire face. »

Lansman a également soutenu un changement de règle proposé par le mouvement juif du parti travailliste pour réprimer l’antisémitisme et qui a été adopté lors de la conférence du parti travailliste de cette année. Le président de Momentum est intervenu personnellement avec McCluskey pour s’assurer que son syndicat – qui contrôle un important bloc de votes lors de la conférence – se soit également rangé derrière le changement.

Même certains critiques admettent que les intentions de Lansman sont sincères, et notent que certains intransigeants de Momentum avec lesquels Lansman s’est querellé ont utilisé contre lui des clichés antisémites classiques sur le pouvoir et la manipulation.

Ce n’était pas la première fois que Lansman se distanciait des autres alliés de gauche de Corbyn sur la question. Lorsque l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, a été suspendu par le parti travailliste en 2016 pour avoir suggéré que Hitler soutenait le sionisme, Lansman a rapidement condamné : « Une période de silence de la part de Ken Livingstone est attendue, surtout sur l’antisémitisme, le racisme et le sionisme. Il est temps qu’il quitte totalement la politique. »

Peu de temps après, Lansman a exhorté la gauche à cesser d’utiliser le sionisme comme un terme péjoratif.

« La plupart des Juifs en Grande-Bretagne ne voient pas le sionisme comme une idéologie, ils le voient comme un soutien à l’existence d’Israël en tant qu’État juif », a-t-il déclaré au magazine New Statesman de centre-gauche. « La plupart des Juifs britanniques … soutiennent sincèrement deux Etats, contrairement au gouvernement actuel d’Israël ».

« Il est faux de parler du sionisme comme d’une idéologie unique ou d’un groupe homogène », a-t-il ajouté.

Concernant la position de Lansman sur le conflit – à Limmud, une conférence juive internationale tenue à Birmingham le mois dernier, il a appelé à la fin de l’expansion des colonies, mais a exprimé son opposition au BDS. En réponse, Jeremy Newmark, le président du mouvement travailliste juif, a suggéré que cela reflète « des positions sionistes classiques de gauche ».

Quoi qu’il arrive à Corbyn, Lansman a réalisé quelque chose d’unique dans la politique britannique moderne qui peut avoir des effets à long terme. Grâce à Momentum, il a réussi à attirer des milliers de jeunes dans le monde auparavant restreint et fermé de la gauche dure. C’est un héritage qui inspire ses admirateurs et terrifie ses ennemis.

L’écrivain Robert Philpot est l’auteur de ‘Le juif honoraire : comment les Juifs britanniques ont contribué à façonner Margaret Thatcher et ses croyances’. Il est l’ancien rédacteur en chef d’un magazine centriste indépendant, ‘Progress’, dont il est actuellement collaborateur. Ses articles sont parus dans ‘The Jewish Chronicle’, le ‘Sunday Times’, le ‘Guardian’, le ‘Commentary and History Today’. Il a été auparavant conseiller spécial au bureau d’Irlande du Nord et au bureau du Cabinet.

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