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Raam accuse les partis arabes d’avoir contribué à la chute du précédent gouvernement

Abbas remet en cause l'objet de l’alliance Hadash-Taal et son approche « dogmatique », affirmant qu’elle n’aide pas la cause arabe, dont la communauté redoute la nouvelle coalition

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, lors d'une conférence de l'ADL à Tel Aviv, le 16 novembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90 )
Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, lors d'une conférence de l'ADL à Tel Aviv, le 16 novembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90 )

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, s’est livré à une critique des autres partis arabes de la Knesset, jeudi, affirmant qu’en oeuvrant à la chute du gouvernement précédent, ils sont passés à côté d’une « occasion historique ».

« Je ne comprends pas ce qu’ils veulent faire à la Knesset », a déclaré Abbas au média Ynet, quelques heures avant que la coalition religieuse et d’extrême-droite du nouveau Premier ministre, Benjamin Netanyahu, ne prête serment.

Parti islamiste, Raam s’était rallié au gouvernement précédent : en échange des sièges nécessaires à l’obtention d’une majorité à la Knesset, il avait obtenu des engagements en matière de financement de la communauté arabe.

Sous le coup des pressions systématiques du Likud et des partis d’opposition, et notamment des partis Hadash et Taal, qui faisaient alors partie de l’alliance Liste arabe unie, le gouvernement du Premier ministre sortant Yair Lapid perd sa majorité parlementaire et des élections sont organisées.

La nouvelle coalition, dirigée par le Likud de Netanyahu, remporte 64 des 120 sièges à la Knesset à l’issue des élections de novembre. Elle s’impose à ce jour comme le gouvernement le plus à droite de toute l’histoire d’Israël.

« À cause de Tibi et Odeh, nous sommes passés à côté d’une occasion historique », a déclaré Abbas à propos du leader de Taal, le député Ahmad Tibi, et du chef du Hadash, le député Ayman Odeh.

Abbas a critiqué les deux partis, affirmant : « leurs membres n’ont jamais cru à mon approche. Ils ont une approche dogmatique, ils ne veulent pas changer. »

Sous la direction d’Abbas, Raam a été le tout premier parti arabe à rejoindre une coalition gouvernementale.

« Rien de ce qu’ils ont fait à la Knesset » n’a servi la population arabe, a-t-il ajouté.

Ahmad Tibi et Ayman Odeh de la Liste conjointe arabe lors d’une séance plénière dans la salle d’assemblée du Parlement israélien, à Jérusalem, le 6 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Pendant toute une année, Odeh et Tibi se sont entendus avec le Likud et les [partis] sionistes religieux pour faire tomber le gouvernement précédent : pour quel résultat ? », a-t-il demandé.

« Au lieu d’améliorer le statut de la société arabe au sein de l’État d’Israël, nous sommes passés à côté d’une occasion historique. »

Par le passé, Raam, Hadash, Taal et le parti arabe radical Balad s’étaient présentés sur une liste unie dénommée Liste arabe unie, que Raam avait quittée peu de temps avant les élections de mars 2021 pour rejoindre ensuite le gouvernement. Le reste de la Liste arabe unie était demeurée dans l’opposition.

Balad avait ensuite fait défection avant les élections de novembre dernier, laissant les deux partis restants former l’alliance Hadash-Taal.

Raam s’est également présenté sous sa propre étiquette, les trois partis échouant à s’accorder sur le principe d’un partage des voix.

Le jour de l’élection, Raam et Hadash-Taal ont chacun remporté cinq sièges, tandis que Balad n’a pas réuni les suffrages nécessaires pour siéger à la Knesset.

Balad, a déclaré Abbas, a « tout simplement gaspillé des voix ».

Le chef de Balad, Sami Abu Shehadeh, vote à Jaffa le 1er novembre 2022. (Crédit : Jack Mukand/Times of Israel)

Abbas a déclaré que le nouveau gouvernement, qui comprend trois partis religieux d’extrême droite, suscitait des inquiétudes au sein de la communauté arabe.

« Il y a de la peur, de la frustration et de la méfiance envers le gouvernement et ses politiques vis-à-vis de la société arabe », a-t-il déclaré.

« Il n’y a aucun représentant arabe ou druze dans le gouvernement pour que leurs interêts soient pris en compte. Le gouvernement ne peut pourtant pas ignorer la communauté arabe. »

La nomination du député Itamar Ben Givr, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, au poste de ministre de la Sécurité nationale, et l’octroi de larges compétences en matière de police et le contrôle direct de la police des frontières paramilitaire, en particulier, inquiètent au plus haut point la communauté, a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence organisée par l’Anti-Defamation League (ADL) en novembre, Abbas a été interrogé sur les perspectives de partenariat de son parti avec le futur gouvernement.

« Nous sommes prêts à travailler avec tous les gouvernements pour mener à bien les projets et programmes qui ont ont été commencés », déclarait-il à l’époque, évoquant l’action de Raam au nom des Arabes israéliens dans le cadre du précédent gouvernement.

Finalement, Raam rejoindra l’opposition.

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