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Réactions après que Raam a suspendu sa participation au gouvernement

La Liste arabe unie raille le parti islamiste tandis que les députés de droite accablent Naftali Bennett

Le leader du parti Raam, Mansour Abbas, s'exprime devant les caméras de la Douzième chaîne, le 16 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran)
Le leader du parti Raam, Mansour Abbas, s'exprime devant les caméras de la Douzième chaîne, le 16 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran)

Le parti de la Liste arabe unie s’est moqué du parti islamiste Raam, dimanche, après la déclaration de ce dernier annonçant geler toute participation à la Knesset et à la coalition pendant deux semaines, alors que le gouvernement est en vacances.

Raam a fait cette annonce alors que le gouvernement fait face à de fortes pressions suite aux heurts entre des émeutiers palestiniens et la police sur le mont du Temple. Sa décision aurait pour but d’alléger la pression sur le parti, et d’empêcher une rupture permanente avec le gouvernement.

La décision est, dans les faits, en grande partie déclarative car la Knesset est en vacances et inactive. Raam aura ainsi coordonné ce gel temporaire avec le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid.

Raam a dénoncé les forces de l’ordre israéliennes à propos des violences survenues sur le lieu saint de Jérusalem, et l’un des députés du parti islamiste a même menacé de quitter la coalition. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a minimisé cette perspective et lancé des appels répétés au calme.

Ayman Odeh, chef du parti Liste arabe unie, dans l’opposition, s’est moqué de Raam, dimanche, suite à son annonce. « Ne pas venir à la Knesset pendant les vacances. Voilà une décision radicale », a déclaré Odeh, avec sarcasme, sur Twitter.

Ofer Cassif, membre juif de la Liste arabe unie, a déclaré : « L’annonce par Raam du gel de leur adhésion à la coalition pendant les vacances de la Knesset, c’est comme l’annonce d’un régime pendant le Ramadan. » Pendant le mois sacré musulman du Ramadan, qui a commencé il y a deux semaines, les fidèles jeûnent entre le lever et le coucher du soleil.

Le député Ayman Odeh à gauche, chef de la Liste arabe unie, et le député Ahmad Tibi assistent à une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Ahmad Tibi, membre du parti Liste arabe unie, a pour sa part déclaré : « Ils sont peut-être membres de la coalition, mais ils ont le sens de l’humour. Un sens de l’humour de vacances. »

Dans l’opposition, des députés de droite s’en sont pris à la coalition gouvernementale après l’annonce de Raam.

Bezalel Smotrich de la faction d’extrême droite du sionisme religieux a déclaré : « Y a-t-il quelqu’un qui soit sain d’esprit à droite ou ailleurs ? Qui croit possible de composer un gouvernement avec les soutiens du terrorisme du Mouvement islamique ? »

De son côté, le parti Likud de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé à nouveau dimanche soir les députés de droite à quitter la coalition pour former un « gouvernement de droite » réunissant aussi les partis juifs orthodoxes et de l’extrême-droite.

« Quand les juifs ne peuvent plus marcher en sécurité à Jérusalem pour Pessah (Pâque juive, ndlr)… il y a des députés de droite dans la coalition qui comprennent que ce gouvernement est arrivé au bout de son parcours », a indiqué le Likud, alors que des bus Egged ont été la cible de jets de pierre de Palestiniens dimanche près du mur Occidental.

Yoav Gallant, du parti Likud de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré que les dirigeants du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran « contemplaient la reddition totale du gouvernement Bennett-Lapid à Abbas dans le Neguev et sur le mont du Temple, et en tiraient les leçons ».

« La faiblesse de ce gouvernement nous coûtera cher », a conclu M. Gallant.

Miki Zohar du Likud, fidèle bruyant de Netanyahu, a déclaré : « Le Mouvement islamique contrôle Israël. C’est triste, mais surtout inquiétant, qu’ils fassent parti de notre gouvernement. »

Israel Katz, membre du Likud et ex-ministre des Finances, a déclaré : « Le Mouvement islamique a mis fin à l’action de la police sur le mont du Temple et menace de démanteler le gouvernement. En s’appuyant sur Raam, Bennett et Lapid nuisent à la sécurité d’Israël. »

Le gouvernement actuel était déjà au bord du gouffre, ces derniers jours, après de départ de la députée Idit Silman, membre du parti Yamina de Bennett, qui lui a fait perdre sa mince majorité. La Knesset, qui compte 120 membres, est maintenant dans l’impasse, la coalition et l’opposition détenant chacune 60 sièges.

Raam s’est séparé de la Liste arabe unie, l’an dernier, lors des négociations de coalition, alors que Raam cherchait à rejoindre le gouvernement pour avoir davantage d’influence politique, et que la Liste arabe unie choisissait de demeurer dans l’opposition.

Les deux partis se déchirent depuis lors, comme l’illustre la toute récente crise gouvernementale.

Raam est le premier parti arabe israélien indépendant à avoir rejoint une coalition gouvernementale.

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