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Refonte judiciaire : Des vétérans de l’armée rassemblés après une marche de 3 jours

Réunis devant la Cour suprême dans une mer de drapeaux israéliens, les réservistes ont déclaré un appel d'urgence "Tzav 8" dans la "guerre pour sauver la démocratie israélienne"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des réservistes, des anciens combattants et des militants rassemblés devant la Cour suprême pour protester contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des réservistes, des anciens combattants et des militants rassemblés devant la Cour suprême pour protester contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs milliers de réservistes militaires et d’anciens combattants de Tsahal, ainsi que des membres du public, des personnes âgées aux familles avec de jeunes enfants, se sont rassemblés devant le bâtiment de la Cour suprême à Jérusalem peu après midi vendredi, au point culminant de la marche de trois jours des réservistes et des anciens combattants depuis Latrun pour protester contre les changements radicaux du système judiciaire, prévus par le gouvernement.

Les manifestants se sont rassemblés dans une mer de drapeaux israéliens, entrecoupés des drapeaux de leurs unités militaires. « Levez vos drapeaux si vous aimez l’État d’Israël », ont exhorté à maintes reprises les orateurs depuis la scène, installée juste à l’extérieur du tribunal, en soulignant que leur cause était non partisane et que la victoire dans la bataille contre le projet de réforme de la coalition était vitale pour la survie d’Israël.

Beaucoup portaient des chemises ornées de slogans les déclarant « Frères d’armes » dans la guerre pour sauver la démocratie israélienne, et des autocollants ont été distribués, qualifiant ce moment de « Tzav 8 pour la démocratie ». « Tzav 8 » est le terme militaire pour un appel d’urgence.

« Les gens ont marché pendant trois jours sous la pluie et dans le froid pour l’amour d’Israël », a déclaré Lior Schnabel, l’un des organisateurs, au cours du rassemblement, exprimant son horreur du fait qu’à un moment de la marche, des pierres ont été lancées sur certains des participants. « Nous ne permettrons pas un clivage entre la droite et la gauche », a-t-il dit. « C’est une guerre pour la démocratie, une guerre pour notre bien à tous. »

Faisant référence au projet de la coalition de soumettre les deux projets de loi controversés à une première lecture à la Knesset lundi, Schnabel a déclaré que cela marquerait « une décision qui signe la fin de la démocratie. » N’étant plus une institution indépendante, le « beau bâtiment du tribunal » derrière lui, a-t-il dit, deviendrait rempli de « fonctionnaires du gouvernement » – une allusion à un élément de la refonte qui donnerait à la coalition une majorité au sein de la commission qui sélectionne les juges. « Sans séparation des pouvoirs, il n’y a pas de démocratie », a-t-il déclaré.

Schnabel a exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à « arrêter cette folie ». « N’entrez pas dans l’Histoire comme le bourreau de la démocratie israélienne. »

Des soldats de réserve israéliens, des anciens combattants et des militants rassemblés devant la Cour suprême pour protester contre le remaniement judiciaire prévu par le gouvernement, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Times of Israel)

Parmi les autres intervenants figuraient Matan Vilnai, ancien chef d’état-major adjoint, et Tal Russo, qui a été chef du Commandement du Sud de l’armée, tous deux anciens politiciens du parti Avoda.

La marche et le rassemblement de clôture étaient les derniers d’une série de manifestations contre la réforme radicale du système judiciaire. Les organisateurs ont affirmé qu’il y avait 10 000 personnes à la manifestation de vendredi, qui s’est déroulée dans le calme, avec une faible présence policière.

Vilnai a salué les « héros de guerre, bâtisseurs et protecteurs de l’État » rassemblés et leur a dit qu’il s’agissait d’une « bataille pour notre foyer ». Il a déclaré que l’État a été fondé sur les principes énoncés dans la Déclaration d’Indépendance, notamment le maintien d’un Israël juif et démocratique, avec la justice, l’État de droit et l’égalité. « Ils disent que c’est une ‘réforme’ ; ce n’est pas une réforme, c’est une destruction qui finira par condamner l’État », a déclaré Vilnai.

Il a également noté que les militaires israéliens, hommes et femmes, seraient vulnérables face aux tribunaux internationaux s’ils étaient privés de la protection d’une Cour suprême israélienne crédible et indépendante. « Personne, et certainement pas une majorité éphémère à la Knesset, n’a le droit de détruire la démocratie israélienne », a-t-il déclaré, appelant le ministre de la Défense, Yoav Gallant (ancien chef du Commandement du Sud de Tsahal) et le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Avi Dichter, (ancien chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet) à garder le silence. Leurs noms ont été accueillis par des huées et des cris de « lâches » de la part d’une partie de la foule.

« Vous étiez avec nous dans le Commandement », a-t-il dit des deux ministres du Likud. « Élevez vos voix. Il ne s’agit pas de politique partisane. Il s’agit de la nature de l’État d’Israël. »

Vilnai a insisté. « Levez-vous et rejoignez-nous. Il n’y a pas de majorité publique pour cette destruction. »

L’ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal, Matan Vilnai, s’adressant à un rassemblement de soldats de réserve israéliens, d’anciens combattants et de militants devant la Cour suprême pour protester contre la refonte judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 10 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Russo a déclaré plus tôt dans la semaine qu’il espérait que la réforme radicale du système judiciaire pourrait être arrêtée et que les manifestations pourraient contribuer à injecter un peu de « bon sens dans cette bande de personnes déconnectées de la réalité ».

Latrun, une colline stratégique située à environ 35 kilomètres de Jérusalem, a été le théâtre de violents combats pendant la guerre d’Indépendance d’Israël en 1948 et la guerre des Six Jours en 1967. Un fort de la police britannique situé sur la colline a été transformé en site commémoratif pour les soldats du Corps Blindé Mécanisé israélien tombés au combat, ainsi qu’en musée.

Mardi, 15 anciens généraux de division du Corps Blindé Mécanisé et des dizaines d’autres officiers supérieurs – dont plusieurs ont reçu des décorations et des citations – ont rédigé une lettre contre les projets de réforme du système judiciaire judiciaires du gouvernement.

La lettre, d’abord publiée par la Treizième chaîne, avertit qu’en plus de nuire à la démocratie, le remaniement nuirait au recrutement au sein de Tsahal et à l’appel des forces de réserve.

« Le plan législatif du gouvernement israélien visant à changer la nature du régime va gravement endommager le système judiciaire, mettre fin à la démocratie et instaurer un régime dictatorial dans notre pays », peut-on lire dans la lettre.

« En tant que commandants supérieurs du Corps Blindé Mécanisé, nous mettons en garde contre des mesures qui pourraient nuire à la motivation et à la volonté de mobilisation de l’armée de réserve », ont ajouté les officiers.

La coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné la priorité à ces propositions. Ses détracteurs affirment qu’avec d’autres projets de loi, elles porteront profondément atteinte au caractère démocratique d’Israël en bouleversant son système d’équilibre des pouvoirs, en accordant presque tous les pouvoirs à l’exécutif et en laissant les droits individuels sans protection et les minorités sans défense.

Le plan a suscité des critiques intenses et des avertissements de la part des plus éminents experts, ainsi que des manifestations massives et des pétitions publiques lancées par des officiels variés, des professionnels et des entreprises privées, qui ont tous averti que ces réformes porteront atteinte à la démocratie et à l’économie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une séance plénière pour le 74e anniversaire de la Knesset, dans la salle de réunion de la Knesset, le 6 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a repoussé les critiques, affirmant que les propositions renforceraient la démocratie au lieu de l’affaiblir, et que son gouvernement applique la volonté du peuple.

Les membres de la coalition de Netanyahu ont également promis d’adopter d’autres projets de loi controversés, dont certains concernent l’armée.

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