Remaniement en Roumanie, le chef de la diplomatie remercié
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Remaniement en Roumanie, le chef de la diplomatie remercié

Teodor Melescanu est en outre tenu responsable de la mauvaise gestion d'une affaire sensible : la promesse de Bucarest de transférer de Tel Aviv à Jérusalem son ambassade en Israël

Le président de la Roumanie Klaus Werner Iohannis lors de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, à New York, le 26 septembre 2018. (Crédit : Richard Drew/AP)
Le président de la Roumanie Klaus Werner Iohannis lors de la 73e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, à New York, le 26 septembre 2018. (Crédit : Richard Drew/AP)

Le président roumain Klaus Iohannis a entériné mercredi un remaniement du gouvernement de gauche coûtant notamment son poste au chef de la diplomatie Teodor Melescanu, accusé de plusieurs faux pas depuis son retour aux manettes début 2017.

Portant sur trois portefeuilles, ce remaniement voulu par la Première ministre sociale-démocrate Viorica Dancila vise à donner une bouffée d’oxygène au gouvernement, en détresse depuis l’échec la majorité aux élections européennes et l’incarcération pour corruption fin mai de l’ex-homme fort de la gauche, Liviu Dragnea.

Vétéran de la diplomatie qui avait fait ses débuts en 1966, sous le régime communiste de Nicolae Ceausescu, M. Melescanu, 78 ans, est remplacé par Ramona Manescu, 46 ans, une ancienne eurodéputée libérale qui devient la première femme à occuper ce poste en Roumanie.

Le ministre sortant s’est vu reprocher d’avoir empêché des milliers d’expatriés de voter aux Européennes, le nombre des bureaux de vote mis en place dans les grandes capitales ayant été insuffisant.

Forte d’environ quatre millions de personnes, la diaspora roumaine vote traditionnellement pour les partis de centre droit. Ces derniers ont d’ailleurs remporté ce scrutin, infligeant un cuisant revers aux sociaux-démocrates.

M. Melescanu est en outre tenu responsable de la mauvaise gestion d’une affaire sensible : la promesse de Bucarest de transférer de Tel Aviv à Jérusalem son ambassade en Israël. Annoncé en 2018 par M. Dragnea, ce projet avait pris de court les diplomates ainsi que M. Iohannis, le chef de l’Etat de centre droit.

Tout en reconnaissant le risque d’une détérioration des liens avec le monde arabe, M. Melescanu ne s’était jamais prononcé ouvertement contre un tel déménagement. Sa volonté de ne pas fâcher M. Dragnea n’est pas restée sans conséquences : en mars, le roi Abdallah II de Jordanie avait annulé une visite à Bucarest tandis qu’en juin la Roumanie a raté la chance d’obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, faute de soutien des pays arabes.

Ce remaniement touche également le portefeuille de l’Intérieur : la ministre Carmen Dan, mise en cause pour la répression musclée des manifestants antigouvernementaux réunis à Bucarest le 10 août 2018, sera remplacée par un sénateur social-démocrate, Nicolae Moga.

Mihai Fifor, ex-ministre de la Défense, a pour sa part été nommé vice-Premier ministre chargé des Partenariats stratégiques.

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