Reprise de l’épidémie à Pardes Hanna, avec de nombreux résistants au vaccin
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Reprise de l’épidémie à Pardes Hanna, avec de nombreux résistants au vaccin

Alors que seulement 58 % des résidents ont reçu la première dose du vaccin, 13 classes et 3 crèches de la ville, connue pour son mode de vie alternatif, sont en quarantaine

Des gens assis à un café dans la ville de Pardes Hanna, le 27 avril 2020. (Crédit : Capture d'écran/Walla)
Des gens assis à un café dans la ville de Pardes Hanna, le 27 avril 2020. (Crédit : Capture d'écran/Walla)

Une reprise de l’épidémie de coronavirus s’est déclarée dans la ville de Pardes Hanna, connue pour l’ouverture d’esprit d’un grand nombre de ses habitants, inquiétant les responsables de la santé – mais bien moins les résidents, qui font encore preuve – pour un grand nombre – de résistance face à la vaccination.

Selon le site d’information Walla, un certain nombre de cas ont été détectés dans les établissements scolaires. Les enfants de 13 classes et de trois crèches ont été placés en quarantaine.

Avec huit cas actifs, la localité est dorénavant classée comme « jaune » selon le plan dit « de signalisation » du gouvernement visant à classifier les taux d’infection et un centre de dépistage de type drive-in devrait ouvrir ses portes dans les prochains jours.

Selon les chiffres du ministère de la Santé qui ont été diffusés lundi matin, 58 % seulement des résidents éligibles de Pardes Hanna ont reçu la première dose de vaccin contre le coronavirus. 55,2 % d’entre eux ont bénéficié des deux.

Walla a précisé que, si l’inquiétude était réelle, un grand nombre d’habitants de la ville – connue pour ses modes de vie hippie et alternatifs – résistaient encore à la vaccination.

« Je ne suis pas un cobaye », s’est exclamé une résidente qui a souhaité conserver l’anonymat.

« Ce sont seulement les débuts du vaccin et sa performance n’est pas encore déterminée. Il reste donc pour moi simplement expérimental et je ne suis pas prête à prendre part à cette expérience », a-t-elle poursuivi – une affirmation inexacte par ailleurs, les recherches et les études directes ayant fait la preuve de l’efficacité des vaccins.

Un autre habitant – reprenant là aussi une Infox – a affirmé « qu’il n’y a pas de preuve du tout que le vaccin empêche l’infection ».

Keren Shalom Arava, à la tête d’un studio d’art à Pardes Hanna, dit avoir décidé de se faire vacciner, le 27 avril 2021. (Capture d’écran/Walla)

Toutefois, l’artiste Keren Shalom Arava, propriétaire de l’une de nombreuses galeries de la ville, a confié à Walla que, si elle était inquiète à l’idée de se faire vacciner, elle avait décidé de se faire immuniser il y a un mois, se sentant responsable de son entourage et particulièrement de sa sœur, qui a des problèmes de santé.

« J’étais défavorable à l’idée de me faire injecter quelque chose dont l’efficacité n’a pas été prouvée et qui reste inconnu dans mon corps, mais j’ai trois enfants et une sœur qui a subi une greffe du rein et qui vient beaucoup ici. Je me suis dit qu’il fallait que j’agisse de manière responsable, pas seulement pour moi mais pour la communauté toute entière », a-t-elle déclaré.

Dans le reportage, Hagar Smoli, qui habite la ville de Kiryat Ono, dans le centre du pays, et qui se trouve à Pardes Hanna, a critiqué pour sa part les personnes qui refusent de se faire vacciner.

Hagar Smoli, en visite à Pardes Hanna, dit être en colère à cause du taux bas de vaccination, le 27 avril 2021. (Capture d’écran/Walla)

« J’avais le sentiment d’être en sécurité jusqu’à ce que j’apprenne, en venant ici, que Pardes Hanna était devenue une localité jaune avec un nombre confirmé de porteurs de la maladie et de malades, et je suis maintenant en colère », a-t-elle expliqué.

« Après toutes les vaccinations dont nous avons bénéficié, après avoir entendu tout ce qu’il se passe dans le monde, cela m’ennuie – dire que nous avons une solution formidable qui est le vaccin », a-t-elle ajouté.

L’augmentation des cas à Pardes Hanna survient alors que le nombre d’infections continue à chuter dans tout le reste du pays.

Avec une campagne de vaccination agressive, l’État juif a connu une baisse nette du taux de mortalité et des taux d’infections quotidiens depuis que la pandémie a atteint un pic, à la fin du mois de janvier.

Le nombre de contaminations chutant, Israël a allégé les restrictions imposées, et le pays a notamment levé l’obligation du port du masque à l’extérieur.

Le ministère de la Santé a fait savoir, dimanche, qu’il réclamerait l’approbation gouvernementale pour procéder à la levée de toutes les limitations dans les stades et dans les lieux culturels pour les personnes pleinement immunisées.

De manière générale, les restrictions limitant la participation à des événements seraient levées pour tous les détenteurs du dit « Passeport vert » – qui se trouve en possession de tous les Israéliens qui ont reçu les deux doses de vaccin ou qui ont guéri de la maladie.

Des Israéliens font leurs courses au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 25 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En plus de lever les limitations pour les citoyens qui ont été vaccinés, le plan permettra également aux personnes non-vaccinées et aux enfants âgés de moins de 16 ans – qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination – de participer davantage à la vie publique.

Si elles sont approuvées lors d’une réunion du cabinet qui est prévue jeudi, ces nouvelles règles rentreront en vigueur le 6 mai – dans la mesure toutefois où les taux d’infection resteront aussi bas qu’ils l’ont récemment été.

Selon les termes de la proposition, les cinémas pourront rouvrir après une fermeture de plus d’un an et même les Israéliens qui ne sont pas vaccinés pourront se rendre dans les salles de gym, dans les piscines et autres attractions répondant aux normes définies par le « Badge pourpre » gouvernemental, qui atteste du respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale pour empêcher la propagation de la COVID-19.

Dans le privé, 500 personnes pourront dorénavant se regrouper à l’extérieur et 50 dans les endroits clos.

Les fans du Beitar Jérusalem J.C lors d’un match entre leur équipe et le Ashdod F.C. au Teddy Stadium, à Jérusalem, le 17 mars 2021. (Crédit : Flash90)

De plus, les transports publics – qui, jusqu’à aujourd’hui, pouvaient accueillir les passagers à hauteur de 75 % de leur capacité – ne seront plus soumis à cette restriction.

Les enfants et les personnes non-vaccinées pourront assister à des événements ouverts aux détenteurs du « Passeport Vert » s’ils passent auparavant un test de dépistage rapide au coronavirus.

Seulement 77 nouveaux cas de virus ont été diagnostiqués mardi, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Le ministère a ajouté que 31 147 tests de dépistage à la maladie avaient été effectués au total dans la journée. 0,25 % sont revenus positifs.

Sur 1 666 cas actifs dans le pays, il y a 145 cas graves et 81 personnes ont été placées sous respirateur. 6 353 personnes sont décédées d’une forme grave de la COVID-19 depuis le début de l’épidémie au sein de l’État juif.

Jeudi dernier, il n’y a pas eu de décès consécutif au coronavirus en Israël. Cela n’était pas arrivé depuis dix mois.

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