Réseaux sociaux: des comptes iraniens se faisaient passer pour des journalistes
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Réseaux sociaux: des comptes iraniens se faisaient passer pour des journalistes

Les comptes cherchaient notamment à mettre en avant des causes liées au régime islamique

Image d'un homme devant un ordinateur avec le logo Facebook, le 26 février 2014 (Abed Rahim Khatib/Flash90)
Image d'un homme devant un ordinateur avec le logo Facebook, le 26 février 2014 (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Facebook et Twitter ont supprimé des comptes liés à l’Iran dont certains se faisaient passer pour des journalistes ou usurpaient l’identité de candidats aux élections américaines de mi-mandat fin 2018.

Facebook a dit mardi avoir été alerté par la firme de sécurité internet FireEye, selon laquelle des comptes Facebook et Twitter « faisaient la promotion de contenus cohérents avec les intérêts politiques iraniens », selon le même modus operandi que d’autres comptes dont FireEye avait déterminé précédemment qu’ils avaient pour origine l’Iran.

« Nous avons supprimé 51 comptes, 36 pages et sept groupes Facebook, ainsi que 3 comptes Instagram impliqués dans un ‘comportement inauthentique’ ayant pour origine l’Iran », a écrit Facebook.

« Comportement inauthentique » désigne des comptes et pages qui se présentent de façon mensongère, ce qui est interdit par les règles de Facebook et Twitter.

Twitter a indiqué à l’AFP avoir supprimé début mai 2 800 comptes inauthentiques « ayant pour origine l’Iran » mais être toujours en train de les examiner et ne pas avoir été informé du contenu de l’étude de FireEye avant sa publication mardi.

En l’occurrence, a détaillé Facebook, les « individus » gérant ces comptes « prétendaient être situés aux Etats-Unis et en Europe » et certains se faisaient passer « pour des vrais médias du Moyen-Orient » ou se présentaient notamment comme journalistes ou autres identités fictives et tentaient de contacter des élus, des journalistes, des universitaires, des dissidents iraniens, etc.

Certains comptes ciblaient les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, a poursuivi Facebook, reprenant une partie des éléments mis au jour par FireEye.

Ils évoquaient des personnalités ou des sujets politiques dans ces deux pays, ou encore l’islam, les minorités arabes en Iran ou l’influence de l’Arabie saoudite au Moyen-Orient.

Selon FireEye, certains comptes Twitter usurpaient l’identité de vraies personnes, notamment « une poignée de candidats républicains » aux élections américaines de mi-mandat en novembre dernier. La firme publie notamment des exemples de faux comptes Twitter et Facebook qui imitent à s’y méprendre les comptes authentiques de deux candidates aux élections américaines.

Certains comptes fictifs ont aussi « tenté de pousser des journalistes à couvrir certains sujets spécifiques » et cherché à manipuler la presse, avec succès dans certains cas, a aussi dit FireEye.

En outre, « en plus de publier directement des contenus sur les réseaux sociaux, nous avons relevé que certaines identités fictives (…) usaient de médias authentiques (…) aux Etats-Unis et en Israël pour faire la promotion d’intérêts iraniens via l’envoi de lettres, de chroniques ou de billets de blogs qui étaient alors publiés », détaille FireEye, qui estime que certaines fausses identités ont été créées uniquement dans ce but.

La firme donne ainsi l’exemple d’un texte critiquant les sanctions américaines contre les Gardiens de la révolution signé d’un certain « Matthew O’Brien » (a priori une identité fictive) et publié dans un journal local au Texas.

De faux journalistes ont aussi sollicité des personnes, notamment de vrais journalistes ou des politiciens, via Twitter pour obtenir des interviews. Dans certains cas, ces faux journalistes « sont parvenus avec succès à réaliser des interviews à distance audio ou vidéo » avec des personnes situées aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, notamment un militant connu ou un ancien responsable politique américain, avant de les publier sur internet.

Certains interviewés relayaient « des vues que l’Iran pourrait trouver favorables », par exemple sur le meurtre du journaliste opposant saoudien Jamal Khashoggi, dit encore FireEye.

Facebook et Twitter annoncent régulièrement des suppressions de comptes de ce type, souvent liés à la Russie ou l’Iran.

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