Retour sur la passation de pouvoir entre Bennett et Gantz
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Retour sur la passation de pouvoir entre Bennett et Gantz

Le chef de Kakhol lavan n'a pas évoqué l'annexion et a parlé d'un plan pluri-annuel pour l'armée pour faire face à ses défis

Le nouveau ministre de la Défense Benny Gantz (à droite) et le ministre de la Défense sortant Naftali Bennett se saluent avec leur coude lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Oded Karni/GPO)
Le nouveau ministre de la Défense Benny Gantz (à droite) et le ministre de la Défense sortant Naftali Bennett se saluent avec leur coude lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Oded Karni/GPO)

Le ministre de la Défense entrant Benny Gantz a déclaré lundi qu’en plus de préparer la sécurité du pays pour l’avenir, il a l’intention de travailler à la mise en œuvre de certains aspects du plan de paix de l’administration Trump pour mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Mais Gantz s’est abstenu de soutenir précisément une clause controversée, le projet unilatéral du Premier ministre Benjamin Netanyahu consistant à annexer des pans de Cisjordanie que les Palestiniens revendiquent comme faisant partie de leur futur État potentiel.

La plupart des autres membres de la communauté internationale, notamment en Europe et dans le monde arabe, s’opposent fermement aux intentions de Netanyahu.

Gantz s’opposerait à l’annexion unilatérale, car elle porterait du tort aux relations entre Israël et certains pays, dont la Jordanie voisine.

Les chefs du parti Kakhol lavan, Benny Gantz et Gabi Ashkenazi, respectivement nouveaux ministres de la Défense et des Affaires étrangères, avaient fait part de leurs réserves lors de leurs échanges avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Lors d’une cérémonie de passation de pouvoir, où il a officiellement pris la succession de Naftali Bennett, Benny Gantz a souligné qu’œuvrer pour la paix a toujours occupé une place importante dans l’esprit du sionisme.

« Parallèlement et pour le bien de la région, nous maintiendrons notre force, pour saisir les opportunités régionales en général, et pour faire avancer le plan de paix du gouvernement américain et du président Trump et tout ce qu’il contient », a déclaré Gantz aux personnes réunies lors de la cérémonie qui s’est tenue au quartier général de l’armée, la Kirya à Tel-Aviv, où se trouve le ministère.

Il a également annoncé un programme pluriannuel pour permettre à l’armée israélienne et au milieu de la défense de faire face aux « menaces actuelles et aux défis futurs ».

Passant le relais à son successeur, Naftali Bennett l’a exhorté à ne pas relâcher la campagne contre la présence militaire de l’Iran en Syrie.

« Bien que l’Iran ait entamé un processus de retrait de la Syrie, le travail doit être achevé. Nous avons augmenté le nombre d’attaques contre les forces iraniennes et la Force al-Qods en Syrie », a-t-il commenté.

Siégeant désormais dans l’opposition après avoir été écarté du nouveau gouvernement, Naftali Bennett a ajouté : « Nous ne pouvons pas laisser tomber l’Iran un seul instant. Nous devons augmenter la pression diplomatique, économique, militaire et technologique, et agir dans d’autres dimensions ».

Celui qui était ministre de la Défense depuis novembre a également appelé à assurer le rapatriement des dépouilles de deux soldats israéliens détenus par le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza et le retour de deux hommes détenus.

Servir en tant que ministre de la Défense « a été un grand privilège », a conclu Naftali Bennett. « J’ai maintenant terminé. Benny, prenez la relève ».

Les remarques de Gantz font écho à celles du nouveau ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, qui, lors de sa propre cérémonie de passation de pouvoir plus tôt dans la journée, a également exprimé son soutien au plan Trump.

Le député numéro 2 du parti Kakhol lavan avait qualifié le plan de l’administration américaine « [d’]opportunité historique » de définir les frontières d’Israël.

« Nous sommes confrontés à d’importantes opportunités régionales, principalement l’initiative de paix du président [Donald] Trump. Je considère ce plan comme un jalon important », avait-il déclaré lors d’une modeste cérémonie dans une salle de conférence du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem. « Le président Trump nous a donné une occasion historique de définir l’avenir de l’État d’Israël et de ses frontières pour les décennies à venir ».

Le ministre des Affaires étrangères entrant Gabi Ashkenazi, avec son prédécesseur et ministre des Finances entrant, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Selon l’accord de coalition signé entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan, le Premier ministre peut soumettre le plan d’annexion à un vote à la Knesset ou au cabinet dès le 1er juillet. S’il obtient l’approbation de la Knesset, il peut aller de l’avant même sans le soutien de Kakhol lavan.

L’annexion sera réalisée en coordination avec les États-Unis et « le dialogue international sur la question, tout en préservant la sécurité et les intérêts stratégiques de l’État d’Israël, y compris la nécessité de maintenir la stabilité régionale, de maintenir les accords de paix et de s’efforcer de conclure de futurs accords de paix », affirme le pacte de coalition.

Bennett a perdu le poste de ministre de la Défense dans l’accord de coalition, et a choisi de faire entrer son parti Yamina dans l’opposition, plutôt que d’accepter un ministère mineur.

Gantz a fait appel à l’ancien commandant de l’armée de l’Air Amir Eshel pour prendre la tête de son ministère, succédant à Udi Adam qui a occupé le poste de directeur général au cours des quatre dernières années.

Amir Eshel, un proche confident de l’ancien chef d’état-major reconverti dans la politique, entrera en fonction dans les prochains jours, a indiqué le bureau de Gantz dans un communiqué.

L’ancien chef de l’armée de l’air Amir Eshel lors de la conférence annuelle à l’Institute for National Security Studies (INSS) à Tel Aviv, le 28 janvier 2018. (Crédit :INSS)

Udi Adam, qui occupe ce poste depuis 2016, a fait savoir qu’il resterait un peu plus longtemps pour former Amir Eshel.

« Je termine mon mandat de quatre ans avec un sentiment de satisfaction d’avoir mené à bien un certain nombre de processus, qui ont bénéficié et bénéficient encore à l’État d’Israël et continueront à contribuer à la résilience de Tsahal », a commenté ce dernier, qui a précédemment été général de Tsahal et directeur de l’installation nucléaire israélienne de Dimona.

Gantz l’a remercié pour ses services, en soulignant ses nombreuses réalisations au cours de ses quatre années de mandat.

« Je suis très reconnaissant de la façon dont il a géré et dirige le ministère et des réalisations qu’il a accomplies », a salué le nouveau ministre.

Au cours de son mandat, Udi Adam a supervisé une expansion majeure des exportations de défense israéliennes, atteignant un pic de 9 milliards de dollars l’année dernière, selon le ministère.

« Udi Adam a considérablement amélioré l’état de préparation du ministère de la Défense pour les situations d’urgence. Certains de ces processus ont été mis en œuvre dans le travail du ministère de la Défense dans la crise du coronavirus », a indiqué le ministère.

Le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam. (Autorisation)

Udi Adam a été nommé au poste de directeur général quand Moshe Yaalon était ministre de la Défense. Il est resté sous les ordres des successeurs de ce dernier : Avigdor Liberman, Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett.

Amir Eshel a été à la tête de l’armée de l’Air israélienne de 2012 à 2017, commandant des opérations militaires de 2012 et 2014 contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, tandis que Gantz était chef d’état-major de Tsahal.

Après avoir pris sa retraite de l’armée, il a continué à conseiller Gantz, l’accompagnant aux États-Unis plus tôt cette année, lors du dévoilement du plan de Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

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