Retour sur la toute première semaine de la gastronomie juive à Berlin
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Retour sur la toute première semaine de la gastronomie juive à Berlin

Dégustations, démonstrations et conférences viennent mettre du piment à la soirée d'un festival culinaire qui créera un précédent

Les participants à un événement le 20 mars célébrant la cuisine juive polonaise - dans le cadre de la "toute première semaine de la gastronomie juive" de Berlin - dégustent des latkès de pommes de terre fraîchement préparés. (Toby Axelrod/via JTA)
Les participants à un événement le 20 mars célébrant la cuisine juive polonaise - dans le cadre de la "toute première semaine de la gastronomie juive" de Berlin - dégustent des latkès de pommes de terre fraîchement préparés. (Toby Axelrod/via JTA)

BERLIN (JTA) — Pas de places assises à la Fine Bagels, une boulangerie cachée dans la librairie Shalekespeare & fils dans l’ancien Berlin-est. Des étagères de livres ornent les murs et des tables de café ont été placées les unes à côté des autres. Au milieu de l’espace ainsi arrangé, un grand plat de pommes de terre râpées.

Ce soir, la nourriture juive polonaise est mise à l’honneur, et les amateurs venus nombreux sont prêts à la découvrir.

Cet événement, qui a attiré environ 70 participants, a été l’un parmi d’autres qui a illustré la success story de la Semaine de la gastronomie juive de Nosh Berlin, la « toute première semaine de gastronomie juive » dans la capitale de l’Allemagne. Son coup d’envoi a été donné le 17 mars et elle s’est achevée le 25 mars dernier.

Nosh Berlin a été organisé avec un budget dérisoire par la journaliste allemande Liv Fleischhacker et l’entrepreneuse juive américaine Laurel Kratochvil, co-propriétaire de Fine Bagels.

« Ma ‘nana’ m’a donné 1 000 dollars pour organiser tout ça », dit Kratochvil, arrivé à Berlin il y a six ans depuis Prague, où elle vivait depuis 2007.

Sa ‘nana’, ou grand-mère, s’appelle Helen Fine et réside en Nouvelle Angleterre. Ce sont ses recettes (dont un grand nombre a été hérité de sa propre mère) qui forment la moelle épinière du lieu.

Kratochvil a raconté à JTA qu’elle pensait organiser deux ateliers de travail et un dîner de Shabbat. « Mais c’est devenu beaucoup plus important », s’est-elle exclamée.

Image d'illustration d'un bagel classique au saumon fumé (Autorisation :   Russ and Daughters)
Image d’illustration d’un bagel classique au saumon fumé (Autorisation : Russ and Daughters)

Nosh Berlin s’est développée, devenant une aventure aux multiples facettes et consacrée durant une semaine à la cuisine juive, ou dans le style juif, à l’occasion d’événements organisés dans des restaurants de toute la ville. Au programme également, des projections de films associés à la gastronomie, des conférences, des repas de Shabbat et autres.

Tandis que Nosh Berlin est probablement la toute première semaine consacrée à la gastronomie juive dans la ville, Berlin a déjà d’autres événements populaires centrés autour de la cuisine et de la dégustation de plats juifs – comme le marché du « casher-fest », un festival de cuisine casher accueilli par Yehuda Teichtal, un rabbin de la communauté de Berlin et chef du centre d’éducation juif habad de la capitale.

Actuellement, Berlin compte une poignée de restaurants cacher, dont l’un se situe dans le centre habad. Il y a aussi le Bleiberg, un restaurant de lait situé sur la Nürnberger Strasse.

Le nombre croissant d'Israéliens qui vivent à Berlin -- ce qui se reflète également dans l'ouverture récente dur restaurant Sababa hummus -- mène à des débats portant sur le niveau d'aide publique qu'il est approprié d'accepter. (Crédit : : Assaf Uni)
Le nombre croissant d’Israéliens qui vivent à Berlin — ce qui se reflète également dans l’ouverture récente du restaurant Sababa hummus — mène à des débats portant sur le niveau d’aide publique qu’il est approprié d’accepter. (Crédit : : Assaf Uni)

De plus, il y a plusieurs restaurants israéliens et russes dispersés dans la ville et des cafés Bagel, dans le style de ceux qu’on trouve à New York, comme Barcomi, Salomon et Fine Bagels. Dans une ville de quatre millions d’habitants – avec un chiffre non-officiel d’environ 30 000 juifs – ces restaurants comptent sur les touristes et sur la popularité générale de la cuisine juive ou israélienne.

Nosh Berlin est un nouveau témoignage de cette popularité. Parmi les points forts de la semaine : la gastronomie d’Iran, du Maroc, de l’Italie et – oui – de la Pologne.

Dans la soirée de lundi, Anna Gulinska, du centre communautaire juif de Cracovie – elle n’est pas elle-même juive mais elle pourrait l’être avec son yiddish qu’elle maîtrise parfaitement – a prononcé un discours animé au sujet des similarités qui existent entre les cuisines juives et polonaises.

« Vous pouvez débattre de laquelle est arrivée la première, la gastronomie juive ou polonaise, mais en fin de compte, vous ne pourrez pas le savoir », plaisante-t-elle, soulignant les ressemblances entre l’oushka et le kreplach [des boulettes], le malishniki et les blintzes, la hauka et le challah.

Une couronne de Challah de Rosh Hashanah  de "l'âme de la cuisine juive" de Carol Ungar (Autorisation)
Une couronne de Challah de Rosh Hashanah de « l’âme de la cuisine juive » de Carol Ungar (Autorisation)

Le four de Shabbat, que les Juifs laissent allumé du vendredi soir jusqu’au samedi soir, est le « shabbashnik » en polonais encore maintenant, ajoute-t-elle.

Kasia Leonardi, chef au centre communautaire juif de Cracovie qui existe depuis neuf ans, fait une démonstration de la préparation du hamantaschen et des latkès de pommes de terre, qu’il fait ensuite goûter aux personnes présentes. Leonardi est l’une des nombreuses juives en Pologne à avoir découvert tard ses racines.

La discussion – qui comprend bien sûr des dégustations – s’est conclue sous un tonnerre d’applaudissements. Le public s’est préparé à partir dans la nuit tout en s’apprêtant à revenir dès le lendemain pour une nouvelle démonstration : des plats créatifs pour la Pâque présentés par une fine-bouche venue du Texas, Amy Kritzer, animatrice du blog WhatJewWannaEat.

Mais après une pause. De nombreuses personnes présentes se sont dirigées vers le comptoir pour y acheter des bagels encore chauds pour les emporter chez eux.

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