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Retour sur le voyage en Israël de jeunes élèves de Chicago

Malgré le plan B mis en place, seul un effort frénétique de dernière minute a permis d'éviter que la mission du CJDS en Terre sainte, qui a eu lieu post-7 octobre, ne déraille

De gauche à droite : Cindy Zadikoff, Judy Finkelstein-Taff, Sheri Kushner et Margalit Segal cueillant des choux-raves, dans une ferme en Israël, en mai 2024. (Crédit : Hagit Lewis via JTA)
De gauche à droite : Cindy Zadikoff, Judy Finkelstein-Taff, Sheri Kushner et Margalit Segal cueillant des choux-raves, dans une ferme en Israël, en mai 2024. (Crédit : Hagit Lewis via JTA)

JTA – Le premier voyage en Israël de Teddy Gutstein, qui a eu lieu alors qu’il était en maternelle, comprenait tous les classiques : un vol El Al, des falafels et une visite au célèbre marché Mahane Yehuda de Jérusalem.

Le seul hic, c’est que l’expérience s’est déroulée dans sa classe, à l’école juive de Chicago CJDS. L’école envoie ses élèves de 4e en voyage annuel en Israël, mais étant en maternelle, Gutstein s’est contenté d’une vidéo de simulation de vol et de quelques Bissli.

Cette année, Gutstein, aujourd’hui âgé de 14 ans, était enfin prêt à participer au véritable voyage, organisé par la Fédération juive de Chicago et IsraelNow, une organisation qui permet à des élèves juifs de 4e de se rendre en Israël à partir de différentes villes des États-Unis. Le voyage s’adresse à près de 200 élèves de la région de Chicago chaque année ; la CJDS est la seule école à envoyer son propre groupe.

Gutstein était impatient de goûter pour la première fois à Israël.

« Au fil des ans, nous n’avons fait qu’apprendre l’hébreu et nous renseigner sur Israël », a expliqué Gutstein à la Jewish Telegraphic Agency. « J’ai toujours voulu y aller. Certains de mes amis y sont allés, mais personnellement, je n’y suis jamais allé. Je voulais donc vraiment en faire l’expérience. »

Mais après les atrocités barbares et sadiques commises par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre, qui ont vu près de 1 200 personnes assassinées dans le sud d’Israël et 252 autres enlevées et emportées de force dans la bande de Gaza, et alors que la guerre entre Israël et le Hamas faisait toujours rage aux premiers mois de 2024, IsraelNow a pris la décision d’annuler ses voyages en Israël de février et de mars pour toutes les villes participantes.

De gauche à droite : Damien Conover, Teddy Gutstein et Josh Gutstein emballant des tomates, dans une ferme du sud d’Israël, en mai 2024. (Crédit : Hagit Lewis via JTA)

Cette annulation a fait du voyage de Gutstein l’un des nombreux voyages en Israël à avoir été interrompus, les compagnies aériennes ayant annulé des vols en raison des tirs de roquettes et certaines organisations juives ayant réfléchi à deux fois avant d’emmener leurs membres à proximité d’une zone de guerre, alors que d’autres s’y sont rendus en dépit des risques.

Lorsque la CJDS a envisagé de rejoindre les rangs des institutions qui renonçaient à leurs voyages, ce choix n’a pas été du goût de tout le monde.

« Nous nous efforçons de rapprocher nos élèves de ce pays et de leur faire comprendre qu’ils font partie de cette grande nation juive. Et dans l’une des périodes les plus difficiles, nous nous en éloignons », a déclaré à la JTA Tamar Cytryn, directrice des études judaïques à la CJDS. « Cela va à l’encontre de ce que nous sommes en tant qu’institution et de nos objectifs. »

Sam Rodin, directeur d’IsraelNow Chicago, a déclaré à la JTA que l’organisation avait décidé d’annuler ses voyages par souci de préserver la santé mentale/physique et la sécurité des étudiants. Rodin a déclaré que le groupe a déterminé qu’il « ne serait pas en mesure d’offrir une expérience significative et éducative en toute sécurité ».

En lieu et place de son voyage en Israël, IsraelNow avait proposé un programme en Californie du Nord, auquel certains élèves de la CJDS ont participé.

Dans un premier temps, cette décision impliquait qu’une année scolaire déjà difficile se terminerait par une grosse déception pour Gutstein et ses camarades de classe. Mais Cytryn a expliqué que l’administration de l’école a commencé à étudier les moyens de réaliser ce voyage, en s’inspirant des voyages missionnaires du Fonds national juif (JNF/KKL), grâce auxquels des Juifs américains ont pu faire du bénévolat en toute sécurité en Israël.

Le personnel de la CJDS a commencé à travailler au téléphone, à promouvoir auprès des membres de la communauté et des donateurs leur vision du voyage – qui, selon Cytyrn, devait exposer les élèves à la vie israélienne avant et après le 7 octobre – et bientôt les fonds ont commencé à affluer, y compris de la part de la fédération.

L’école a finalement réuni suffisamment d’argent pour envoyer seize élèves, chacun accompagné d’un parent ou d’un grand-parent, et quatre membres du personnel en Israël – pour un coût d’environ 6 500 dollars par participant – les familles ont contribué au voyage à hauteur de 2 750 dollars tout au long de la scolarité de leurs enfants à la CJDS.

Même après que la CJDS a collecté la somme nécessaire pour financer et organiser son voyage, ce que l’école n’avait jamais fait, une série d’annulations de vols a encore compliqué les choses. Mais 48 heures avant l’embarquement des élèves et de leurs parents, le 14 mai, et après plusieurs appels téléphoniques avec les donateurs, les parents et l’agence de voyage de l’école, tout s’est finalement mis en place.

« Ça a été les montagnes russes », a raconté Cytryn. « Nous devions partir, ça a été annulé. Nous allions essayer de le reprogrammer. Nous avons obtenu des billets, les vols ont été annulés. Nous avons essayé d’en obtenir d’autres, mais nous ne pouvions pas les payer. Et puis finalement, miraculeusement, tout s’est arrangé. »

Le voyage de neuf jours comprenait un parcours de sites touristiques populaires et de lieux saints tels que le mur Occidental, la mer Morte et la plage de Tel Aviv, ainsi que du bénévolat auprès d’organisations dont le travail a été affecté par la guerre. Les participants au voyage ont travaillé avec HaShomer HaHadash, une organisation qui facilite le bénévolat dans les fermes de Galilée et du Néguev, où ils ont cueilli des colorabis – ou choux-raves – et trié des concombres et des tomates. Ils ont également préparé des trousses de premiers secours avec le service de secours du Magen David Adom (MDA).

À chaque fois, des Israéliens ont partagé leurs expériences du 7 octobre, y compris Omri, l’agent de sécurité du groupe, qui a passé six semaines et demie à Gaza au cours de la guerre contre le Hamas. Ils ont également visité la Place des otages de Tel Aviv et rencontré des membres des familles des victimes du massacre du Festival de musique Supernova.

Les shlo’hot de Habad on Campus visitant le site du massacre du Festival Supernova, dans le sud d’Israël le 30 mai 2024. (Crédit : Habad on Campus)

De nombreuses écoles juives ont annulé leur voyage annuel en raison de la guerre. Mais d’autres ont persévéré, envoyant leurs élèves malgré les perturbations. Des élèves de 4e de l’école communautaire Hannah Senesh à Brooklyn, à New York, auraient été les premiers collégiens d’un externat américain à se rendre en Israël depuis l’assaut du 7 octobre, lorsqu’ils ont atterri en avril. Plus tard dans le courant du mois, des élèves de 4e de l’école Leffell, située dans le comté de Westchester, se trouvaient en Israël lorsque l’Iran a envoyé une volée de roquettes en direction du pays. Enfin, l’école juive Charles E. Smith, de la banlieue de Washington, a envoyé ses élèves de Terminale pendant trois mois, comme le veut la tradition de l’établissement ; ils sont rentrés au début du mois.

Cytryn a déclaré que le fait de découvrir Israël à un moment aussi délicat lui rappelait la vie aux États-Unis après le 11 septembre.

« Il y a cette tension entre la vie qui continue – nous sommes allés à la plage un jour, et il y avait beaucoup d’Israéliens sur la plage avec nous », a déclaré Cytryn. « Et puis, on nous rappelle et on nous ramène à la réalité des otages toujours à Gaza, du pays toujours en guerre, et on se demande comment gérer ces deux éléments de tension simultanément. »

Pour Gutstein, la situation a été difficile à saisir.

« D’un côté, c’est un pays qui mène une guerre contre un groupe terroriste. « Mais d’un autre côté, la vie doit continuer. Je ne sais pas vraiment comment les Israéliens parviennent à trouver un équilibre dans ce domaine. Mais je suis l’exemple de notre agent de sécurité et de nos enseignants – trois de nos enseignants qui sont venus étaient israéliens. »

Cindy Zadikoff, qui a participé au voyage avec sa fille Eden, a déclaré qu’il était particulièrement significatif pour elle et les autres adultes de voir leurs enfants vivre ces deux émotions extrêmes.

« Je pense que ce qui s’avèrera vraiment utile, c’est que nous avons tous réfléchi ce soir-là, après être revenus de la Place des Otages », a expliqué Zadikoff, âgée de 52 ans. « Nous nous sommes dit qu’il y aurait un moment où nous devrions parler de tout cela avec nos enfants. Ce n’était pas le moment juste après, ils voudront probablement en parler eux-mêmes le moment venu. Mais parce que nous étions là avec eux, et que nous l’avons vraiment ressenti, cela nous aidera aussi à avoir, je pense, des conversations que nous n’aurions peut-être pas pu avoir. »

Des élèves de 4e de l’école juive de Chicago visitant une installation du service de secours du Magen David Adom, à Ramla, en Israël, en mai 2024. (Crédit : Hagit Lewis via JTA)

Zadikoff a également déclaré que ce voyage aiderait les élèves à se préparer à obtenir leur diplôme de l’école juive et, pour beaucoup d’entre eux, à entrer dans des lycées publics à l’automne, où ils pourraient être exposés à l’antisémitisme ou à la rhétorique anti-Israël.

« Ils pourront se sentir fiers d’être Juifs, ils pourront savoir que le récit qu’ils entendent n’est pas réel », a estimé Zadikoff. « Ils pourront conserver cet amour du sionisme et du judaïsme que l’école leur a inculqué pendant tout ce temps, mais je pense qu’il s’est approfondi parce qu’ils ont vu Israël, qu’ils ont rencontré des Israéliens et qu’ils savent ce qu’est la réalité. »

Ce changement avait déjà commencé à se faire sentir pour Gutstein, qui vit à Evanston, dans la banlieue de Chicago, où l’Université Northwestern a fait les gros titres pour sa réponse au campement anti-Israël du campus. Gutstein a expliqué qu’il a vu le campement en allant courir et qu’il a été surpris, et un peu effrayé, de voir les manifestations atteindre sa ville natale.

Mais pendant son séjour en Israël, il s’est senti capable d’être plus ouvertement et fièrement juif. À la fin de Shabbat, il s’est joint avec quelques amis à un cercle de danse au mur Occidental.

« Parfois, surtout aux États-Unis avec tout l’antisémitisme qui circule et sur les campus universitaires, on ne peut pas être pleinement juif », a souligné Gutstein. « Mais à ce moment précis, je me suis senti pleinement juif et cela a été très significatif. »

Selon Cytryn, plusieurs étudiants ont exprimé un sentiment similaire.

« Lors de notre première séance de réflexion, de nombreux élèves ont dit qu’ils étaient confrontés à l’ironie de venir dans un pays en guerre, dans un pays où les gens pleurent la perte de leur famille et de leurs amis, dans un pays où les gens travaillent encore activement à la libération des otages de Gaza, et qu’ils se sentent plus en sécurité en marchant dans ce pays en tant que Juifs qu’ils ne le sont en Amérique », a-t-elle souligné.

S’adressant à la JTA quelques minutes avant de se rendre à l’aéroport Ben Gurion pour rentrer chez lui, Gutstein a déclaré qu’Israël lui manquait déjà.

« Pendant que j’étais ici, je n’ai pas vraiment réalisé que j’étais en Israël, vous voyez ce que je veux dire ? », a noté Gutstein. « Mais je sais qu’à la minute où je le quitterai, ce pays me manquera énormément, ce qui n’est pas un sentiment que j’éprouve habituellement. Le programme est spécial, l’école est spéciale, mais ces endroits ne me manquent pas autant qu’Israël va me manquer. »

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