Rivlin et le président de la Knesset boycotteront la fête de l’indépendance
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Rivlin et le président de la Knesset boycotteront la fête de l’indépendance

Au milieu d'une querelle qui prend de plus en plus d'ampleur pour savoir qui prendra la parole lors des 70 ans d'Israël, la ministre de la Culture dit que c'est elle qui décide

Le Président Reuven Rivlin s'exprime lors d'une réception pour les diplomates en Israël à l'occasion du 69e anniversaire de l'indépendance du pays, à la Résidence du Président à Jérusalem, le 2 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90/File)
Le Président Reuven Rivlin s'exprime lors d'une réception pour les diplomates en Israël à l'occasion du 69e anniversaire de l'indépendance du pays, à la Résidence du Président à Jérusalem, le 2 mai 2017. (Yonatan Sindel/Flash90/File)

Une querelle entre le président de la Knesset et le Premier ministre à propos de celui qui prononcera un discours lors de la cérémonie d’allumage des flambeaux du 70e anniversaire de l’indépendance d’Israël s’est intensifiée dimanche, la ministre de la Culture Miri Regev insistant pour dire qu’elle dirige les opérations et essayant d’entraîner le président Reuven Rivlin dans le tumulte qui se développe.

Au cœur du débat avec Regev se trouve le président de la Knesset, Yuli Edelstein, qui s’oppose au projet du Premier ministre Benjamin Netanyahu de prendre la parole lors de la cérémonie, affirmant que, par tradition, il est le principal intervenant de l’événement.

Mais Regev a dit dimanche que cela ne regarde pas Edelstein et qu’elle prendra les décisions.

« La cérémonie d’allumage des flambeaux a toujours été une cérémonie du gouvernement, jamais une cérémonie de la Knesset », a dit Regev, attaquant Edelstein qui avait appelé les parlementaires et les collaborateurs à boycotter l’événement, si le Premier ministre insiste pour y prendre part.

« Je dois dire que je suis déçue par le comportement du président de la Knesset et que sa conduite nuit à la Knesset et au gouvernement », a déclaré Mme Regev lors d’une conférence de presse à Tel Aviv.

« Je suis responsable de la cérémonie », a-t-elle insisté. « L’allumage des torches ne requiert que mon autorisation. Personne d’autre n’a son mot à dire dans cette cérémonie. »

Elle a insisté sur le fait que l’événement n’appartenait pas à Edelstein.

La ministre de la Culture Miri Regev donne une conférence de presse sur la cérémonie du Jour de l’Indépendance au ministère de la Culture à Tel Aviv, le 1er avril 2018. (Flash90)

« Ce n’est pas la cérémonie du président de la Knesset, ni du Premier ministre, ni du président », a-t-elle dit. « C’est pourquoi j’ai dit que je n’aurais pas deux événements majeurs, mais un grand événement avec la participation du président de l’Etat, du président de la Knesset, du Premier ministre et du plus haut représentant d’un autre pays qui y participera ».

Mais Rivlin semblait se ranger du côté de la tradition, des sources proches du président affirmant qu’il resterait à l’écart.

Comme tous les ans, Rivlin n’a pas l’intention de prendre la parole à la cérémonie ou même d’y assister, et n’a même pas reçu d’invitation, selon des sources citées par Ynet.

Dans une lettre envoyée récemment aux députés et aux collaborateurs, Edelstein a déclaré que la cérémonie se voulait strictement apolitique.

« Si la Knesset n’est pas le seul représentant d’Israël [à l’événement], comme chaque année, malheureusement, la Knesset n’y participera pas », a-t-il écrit.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, avec la ministre de la Culture Miri Regev lors d’une cérémonie le 26 avril 2017 à la Knesset, en l’honneur des allumeurs des flambeaux lors de la cérémonie du 69e anniversaire du Mont Herzl. (Yonatan Sindel / Flash90)

Lors d’une conférence organisée par le journal Yedioth Ahronoth dimanche, Edelstein a déclaré que « quelqu’un » avait donné de mauvais conseils au Premier ministre et l’avait convaincu d’assister à la cérémonie. La remarque était largement comprise comme une référence à Regev, une alliée fidèle de Netanyahu, qui a riposté en disant qu’Edelstein n’avait pas son mot à dire dans cette affaire.

« Le gouvernement a décidé d’honorer le président de la Knesset en lui accordant un discours pendant la cérémonie, mais cela ne fait pas de la cérémonie la sienne », a insisté M. Regev. « Le gouvernement a le droit de décider qu’une fois par décennie, soit pour les 70 ans de l’État d’Israël, le président et le Premier ministre apparaîtront ensemble à la cérémonie. »

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, à droite, et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, au centre, allument le flambeau lors de la cérémonie officielle du 69e Jour de l’indépendance d’Israël au Mont Herzl, Jérusalem, le 1er mai 2017. (Hadas Parush/Flash90)

La semaine dernière, le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a proposé une solution de compromis, en vertu de laquelle une autorisation exceptionnelle serait accordée au Premier ministre, pour qu’il soit l’orateur principal lors de la cérémonie de remise du Prix Israël, au lieu de la cérémonie d’allumage des flambeaux.

Généralement, le Premier ministre est présent lors de la remise des prix les plus prestigieux du pays, mais ne prend pas la parole dans le but de préserver le statut apolitique de l’événement.

La proposition de Bennett le verrait prendre la parole lors de la cérémonie comme cela se fait traditionnellement, mais seulement après que Netanyahu aura ouvert la cérémonie.

« Je vous demande d’accepter cette proposition afin de permettre aux célébrations de se dérouler dans un esprit d’unité et dans le respect de l’État, de manière à ne pas troubler l’atmosphère des célébrations », a écrit le ministre de l’Éducation.

Jeudi soir, Hadashot TV a rapporté qu’Edelstein avait dit à des personnes de confiance que la présence de Netanyahu à la cérémonie n’était pas ce qui le dérangeait, mais plutôt celle de la ministre de la Culture.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 25 mars 2018. (Marc Israel Sellem/POOL)

« Il n’y a pas de limite à son désir de monter les députés les uns contre les autres », a déclaré Edelstein à propos de Regev.

« Je n’ai aucun problème avec le Premier ministre. On a arrangé les choses il y a deux semaines. Mais elle ne peut tout simplement pas comprendre que la cérémonie n’est pas une sorte de concert parallèle », a-t-il ajouté.

L’allumage de 12 torches par des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la société est un point culminant de la cérémonie annuelle, qui a lieu à la tombée de la nuit à la veille du Jour de l’Indépendance, aux côtés de défilés, de danses, de musique et de feux d’artifice.

La participation de Netanyahu s’inscrit dans le cadre d’une campagne de refonte de la cérémonie, qui se déroule au mont Herzl à Jérusalem, pour lui donner un nouvel élan à l’occasion du 70e anniversaire d’Israël. L’an dernier, le Premier ministre a envoyé des lettres personnelles aux chefs d’État du monde entier pour les inviter à l’événement. Les cérémonies précédentes se sont déroulées en général en présence de représentants étrangers ou d’attachés militaires.

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