Roumanie : hommage à Elie Wiesel, survivant de la Shoah et enfant du pays
Rechercher

Roumanie : hommage à Elie Wiesel, survivant de la Shoah et enfant du pays

Le prix Nobel de la paix avait notamment présidé une commission qui a fait la lumière sur le rôle de la Roumanie dans l'extermination des Juifs

Des Roumains, membres de la communauté juive lors d'un service à la mémoire du survivant de l'Holocauste, Elie Wiesel, au Choral Temple à Bucarest, le 7 juillet 2016 (Crédit : AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU)
Des Roumains, membres de la communauté juive lors d'un service à la mémoire du survivant de l'Holocauste, Elie Wiesel, au Choral Temple à Bucarest, le 7 juillet 2016 (Crédit : AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU)

La communauté juive de Roumanie a rendu hommage jeudi, à Bucarest, au prix Nobel de la paix Elie Wiesel, rescapé de l’Holocauste originaire de ce pays qu’il a aidé dans sa reconnaissance de son rôle dans la Shoah.

Plusieurs centaines de personnes et des représentants des autorités roumaines se sont retrouvés à la synagogue de Bucarest en mémoire du journaliste et écrivain mort samedi aux Etats-Unis, à l’âge de 87 ans.

« Cela n’a pas été facile pour les pays d’Europe centrale et de l’est, issus d’un demi siècle de communisme, d’assumer leur passé de collaboration avec les nazis », a rappelé le rabbin Andrew Baker, représentant du American Jewish Committee (AJC, Comité juif américain).

« Mais la Roumanie semble avoir été encore plus dans le déni que la plupart de ces pays », a-t-il ajouté, exprimant sa « reconnaissance » à Elie Wiesel pour avoir contribué au travail de mémoire dans son pays d’origine.

En 2003, après un tollé international provoqué par des propos de l’ancien président Ion Iliescu relativisant l’Holocauste, Bucarest avait mis en place une commission internationale d’experts pour faire la lumière sur le rôle de la Roumanie dans l’extermination des Juifs.

Elie Wiesel fut nommé président de cette commission.

« Cette commission a fourni l’un des documents fondamentaux de l’Etat roumain post-communiste » lui permettant d’assumer son histoire récente », a estimé l’historien Andrei Muraru, conseiller de la présidence roumaine.

Selon le rapport rendu en 2004, entre 280 000 et 380 000 Juifs roumains et ukrainiens, ainsi que 11 000 Roms, sont morts sous le régime du général Antonescu entre 1940 et 1944, dans les territoires contrôlés par la Roumanie.

Forte de 800 000 membres avant la guerre, la communauté juive de Roumanie est aujourd’hui estimée à 8 000 personnes.

L’absence de travail de mémoire « a gravement déformé les esprits de deux générations de Roumains », qui ont tout ignoré de cette tragédie, a déploré auprès de l’AFP Liviu Beris, un survivant de l’Holocauste présent lors de cette cérémonie.

Né le 30 septembre 1928 à Sighet (ville du nord de la Roumanie qui en 1940 avait été rattaché à la Hongrie), Elie Wiesel fut déporté à 15 ans à Auschwitz-Birkenau où sa mère et sa plus jeune sœur ont été assassinées. Son père est mort devant lui à Buchenwald où tous deux avaient été transférés.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...