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Rubio : « Signes encourageants » dans les négociations avec l’Iran

Le secrétaire d’État américain affirme que Donald Trump dispose "d’autres options" en cas d’échec des pourparlers ; Tsahal reste en état d’alerte maximale durant Shavouot

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’adresse à la presse avant d’embarquer dans son avion à la base aérienne de Homestead, en Floride, le 21 mai 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AFP)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’adresse à la presse avant d’embarquer dans son avion à la base aérienne de Homestead, en Floride, le 21 mai 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AFP)

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré jeudi que des « signes encourageants » laissaient espérer un accord susceptible de mettre fin à la guerre avec l’Iran, tout en avertissant qu’un tel accord deviendrait « irréalisable » si Téhéran poursuivait son projet d’imposer des péages aux navires traversant le détroit d’Ormuz. Israël, de son côté, est resté en état d’alerte maximale face au risque d’une reprise des combats.

Depuis Miami, Rubio a indiqué aux journalistes que, même si le président américain Donald Trump privilégiait toujours une issue diplomatique, Washington disposait « d’autres options » si les discussions échouaient.

« Le président préfère parvenir à un bon accord. Cela a toujours été sa priorité. Si nous y parvenons, ce sera une excellente chose », a déclaré Rubio. « Mais si ce n’est pas possible, le président a clairement fait savoir qu’il disposait d’autres options. »

Rubio a également évoqué la visite à Téhéran du chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, considéré comme un médiateur clé dans les discussions.

« Je crois que les Pakistanais doivent se rendre à Téhéran jeudi, et j’espère que cela fera avancer les choses », a-t-il déclaré.

« Il semble y avoir des signes encourageants, mais je préfère éviter tout excès d’optimisme », a ajouté Rubio. « Attendons de voir ce qu’il se passera dans les prochains jours. »

Interrogé sur la menace iranienne d’imposer des droits de passage dans le détroit d’Ormuz, Rubio a affirmé que « personne n’est en faveur d’un système de droit de passage, cela ne pourra pas se faire, ce serait inacceptable et cela rendrait tout accord diplomatique impossible ».

« Cela constituerait une menace pour le monde s’ils tentaient de le faire, et ce serait en outre totalement illégal », a-t-il ajouté.

Une femme agite un drapeau iranien devant un panneau anti-américain représentant le président américain Donald Trump et faisant référence au détroit d’Ormuz, sur la place Valiasr à Téhéran, le 5 mai 2026. (Crédit : AFP)

Rubio a également accusé les alliés de l’OTAN de s’être « terrés » pendant que les États-Unis frappaient les missiles balistiques iraniens, alors même que la République islamique possède des missiles capables d’atteindre l’Europe, mais pas les États-Unis.

Trump « ne leur a pas demandé d’engager des troupes. Il ne leur a pas demandé d’envoyer leurs avions de chasse. Mais ils refusent malgré tout de faire quoi que ce soit », a déclaré Rubio. « Cela nous a profondément contrariés. »

Une source iranienne de haut rang a indiqué jeudi à Reuters qu’aucun accord n’avait encore été conclu avec Washington, mais que les divergences s’étaient réduites. Selon cette source, l’enrichissement d’uranium et le contrôle du détroit d’Ormuz restent les principaux points de blocage.

Israël en état d’alerte maximale

Les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements contre l’Iran le 28 février afin d’affaiblir le régime et de détruire ses programmes nucléaire et balistique.

La République islamique a riposté par des frappes de missiles et de drones à travers la région, tout en imposant un blocus sur le détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement près d’un cinquième des livraisons mondiales de pétrole.

Un cessez-le-feu a été conclu le 8 avril. Depuis lors, les négociations butent notamment sur le programme nucléaire iranien et sur le contrôle du détroit d’Ormuz après la guerre. Les États-Unis ont par ailleurs instauré leur propre blocus visant les navires liés à l’Iran le 13 avril.

Face au risque d’un effondrement des discussions, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a affirmé jeudi que l’armée resterait en état d’alerte maximale pendant toute la durée de la fête de Shavouot, qui a commencé jeudi soir.

« Même pendant Shavouot, Tsahal reste en état d’alerte maximale et continue d’opérer de manière décisive sur tous les fronts, avec une grande réactivité et une préparation totale à toute éventualité », a déclaré Zamir dans des propos publiés par l’armée après une visite à des soldats blessés.

Sur cette photo fournie par l’armée israélienne, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, rend visite à un soldat blessé, le 21 mai 2026. (Crédit : Armée israélienne)

À la Maison Blanche, Trump a déclaré vouloir « un détroit d’Ormuz libre » et affirmé que les États-Unis ne toléreraient pas de droits de passage imposés par l’Iran.

Le président américain s’exprimait lors d’une conférence de presse consacrée à l’assouplissement des règles fédérales sur les gaz à effet de serre émis par les équipements de refroidissement, une mesure présentée comme destinée à limiter l’impact inflationniste provoqué par la fermeture du détroit.

Nous ne les laisserons pas l’obtenir

Au cours de cette conférence de presse, Trump a également réaffirmé sa volonté de récupérer l’uranium hautement enrichi iranien et d’empêcher la République islamique d’obtenir l’arme nucléaire.

Un Iran nucléaire conduirait à « une guerre nucléaire au Moyen-Orient, et cette guerre s’étendra jusqu’ici, cette guerre atteindra l’Europe, nous ne pouvons pas laisser cela se produire, et cela ne se produira pas », a déclaré Trump. « Je ne vois rien de plus important que le fait que nous ne pouvons pas laisser l’Iran se doter d’une arme nucléaire. »

Alors que Téhéran, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël, nie chercher à se doter d’armes nucléaires, le pays a accumulé de l’uranium enrichi à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’armes, sans usage civil connu.

Environ 440 kilogrammes de ce matériau hautement enrichi auraient été enfouis après les frappes américaines menées contre plusieurs sites nucléaires iraniens durant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran en juin dernier.

« Nous le récupérerons d’une manière ou d’une autre ; ils n’auront pas d’arme nucléaire », a déclaré Trump au sujet de cet uranium.

Répondant à une autre question sur l’uranium hautement enrichi, Trump a ajouté : « Nous le détruirons probablement après l’avoir récupéré, mais nous ne les laisserons pas s’en emparer. »

Ces déclarations interviennent après des informations de Reuters selon lesquelles deux hauts responsables iraniens auraient indiqué que le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait ordonné que l’uranium hautement enrichi du pays ne soit pas envoyé à l’étranger, durcissant ainsi la position iranienne sur l’une des principales exigences américaines dans les négociations.

Par ailleurs, CNN a rapporté que les services de renseignement américains estimaient que la République islamique reconstituait ses capacités militaires plus rapidement qu’anticipé.

Stav Levaton a contribué à cet article.

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