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Téhéran aurait décidé de conserver son uranium hautement enrichi sur son sol – sources

Mojtaba Khamenei serait déterminé à garder ses stocks de matières nucléaires de qualité quasi militaire, dont les États-Unis et Israël exigent la confiscation afin de mettre fin à la guerre

Des soldats de l'armée iranienne se tenant devant une photo du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'un rassemblement pro-régime, à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Crédit: AFP)
Des soldats de l'armée iranienne se tenant devant une photo du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'un rassemblement pro-régime, à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Crédit: AFP)

Dubaï, Émirats arabes unis – Le guide suprême iranien aurait donné pour consigne que l’uranium iranien de qualité quasi militaire ne soit pas exporté, selon deux sources iraniennes de haut rang. Téhéran durcit ainsi sa position sur l’une des principales exigences américaines dans le cadre des négociations de paix.

Cette décision de l’ayatollah Khamenei pourrait frustrer davantage le président américain Donald Trump et compliquer les négociations visant à mettre fin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre le régime iranien.

Des responsables israéliens ont déclaré à Reuters que Trump avait assuré à l’État hébreu que les stocks d’uranium hautement enrichi (UHE) de l’Iran, nécessaires à la fabrication d’une arme atomique, seraient expédiés hors du pays, et que cette condition était sine qua non pour tout accord de paix.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il ne considérerait pas la guerre comme terminée tant que l’uranium enrichi n’aura pas été retiré d’Iran, que Téhéran n’aura pas mis fin à son soutien à ses proxys et que ses capacités en matière de missiles balistiques n’auront pas été éliminées.

« La directive du guide suprême et le consensus au sein de l’establishment sont que les stocks d’uranium enrichi ne doivent pas quitter le pays », a déclaré l’une des deux sources iraniennes, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible de la question.

Selon ces sources, les hauts responsables iraniens estiment que l’envoi de ce matériel à l’étranger rendrait le pays plus vulnérable à de futures attaques de la part des États-Unis ou d’Israël.

Illustration : Une personne chargée de la sécurité à l’usine de conversion d’uranium située juste à l’extérieur de la ville d’Ispahan, en Iran, le 30 mars 2005. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Khamenei, qui n’a publié que des déclarations écrites depuis sa nomination et qui n’a jamais été vu en public, a officiellement le dernier mot sur les questions d’État les plus importantes. Il serait toutefois de plus en plus mis à l’écart et resterait à l’abri des regards, après avoir, selon certaines informations, subi des blessures considérables lors d’une frappe américano-israélienne le 28 février.

La Maison Blanche et le ministère iranien des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le début de la guerre, le 28 février, avec les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, suivies de tirs de l’Iran sur les États du Golfe abritant des bases militaires américaines, et d’attaques du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pro-République islamique, contre Israël, dès le 2 mars.

Cependant, il n’y a pas eu de percée majeure dans les efforts de paix, en raison du blocus américain des ports iraniens et de l’emprise de Téhéran sur le détroit d’Ormuz, une voie d’approvisionnement pétrolier mondiale vitale, ce qui complique les négociations menées sous l’égide du Pakistan.

Les deux sources iraniennes de haut rang ont déclaré qu’il existait une profonde méfiance en Iran quant au fait que le cessez-le-feu ne soit qu’une manœuvre tactique de Washington visant à créer un sentiment de sécurité avant de relancer les frappes aériennes.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé mercredi que « les manœuvres évidentes et cachées de l’ennemi » montraient que les Américains préparaient de nouvelles attaques.

Trump a déclaré mercredi que les États-Unis étaient prêts à lancer de nouvelles attaques contre Téhéran si l’Iran n’acceptait pas un accord de paix, mais a laissé entendre que Washington pourrait attendre quelques jours pour « obtenir les bonnes réponses ».

Les deux parties se sont rapprochées sur certains points, selon les sources, mais des divergences profondes subsistent concernant le programme nucléaire de Téhéran, notamment le sort de ses stocks d’uranium enrichi et la demande de Téhéran visant à faire reconnaître son droit à l’enrichissement.

Un religieux saluant de la main alors qu’il arrive, accompagné de sa future épouse, à bord d’une jeep militaire, pour une cérémonie de mariage collective réunissant des couples participant à la campagne pro-régime « Janfada » (« Sacrifice pour l’Iran »), à Téhéran, le 18 mai 2026. (Crédit : AFP)

Les responsables iraniens ont répété à plusieurs reprises que la priorité de Téhéran était de garantir la sécurité et d’obtenir des garanties crédibles que les États-Unis et Israël ne lanceraient pas de nouvelles attaques.

Ce n’est qu’une fois ces garanties obtenues, ont-ils déclaré, que l’Iran serait prêt à entamer des négociations approfondies sur son programme nucléaire.

Téhéran nie depuis toujours vouloir se doter de la bombe atomique, mais il a enrichi de l’uranium à des niveaux bien supérieurs à ceux nécessaires à un usage civil, tout en faisant obstacle aux inspecteurs et en jurant de détruire l’État d’Israël.

Avant la guerre, l’Iran avait déclaré être prêt à expédier la moitié de ses stocks d’UHE, enrichi à 60 %, soit à un cheveu du niveau d’enrichissement nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires.

Mais selon certaines sources, cette position aurait changé après les menaces répétées de Trump de frapper l’Iran.

Des responsables israéliens ont déclaré à Reuters qu’il n’était toujours pas clair si Trump déciderait d’attaquer et s’il donnerait le feu vert à Israël pour reprendre ses opérations. Téhéran a promis une riposte écrasante en cas d’attaque.

Toutefois, la source a indiqué qu’il existait des « solutions viables » pour résoudre la question.

« Il existe des solutions telles que la dilution des stocks sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a déclaré l’une des sources iraniennes.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, s’exprimant lors d’une conférence de presse, au siège des Nations unies, le 29 avril 2026. (Crédit : Jason DeCrow/AP)

Selon l’AIEA, l’Iran disposait de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % lorsque les installations nucléaires iraniennes ont été attaquées par Israël et les États-Unis en juin 2025. On ignore quelle quantité a survécu.

En mars, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré que ce qui restait de ce stock était « principalement » stocké dans un complexe de tunnels de l’installation nucléaire d’Ispahan et que son agence estimait qu’un peu plus de 200 kg s’y trouvaient.

L’AIEA pense également qu’une partie de l’uranium se trouve dans le vaste complexe nucléaire de Natanz, où l’Iran dispose de deux usines d’enrichissement.

L’Iran affirme qu’une partie de son UHE est nécessaire à des fins médicales et pour alimenter un réacteur de recherche à Téhéran qui fonctionne avec des quantités relativement faibles d’uranium enrichi à environ 20 %.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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