L’Iran dit reconstituer ses capacités militaires plus vite que prévu
Pékin et Moscou auraient aidé Téhéran à déjouer les prévisions des renseignement américains ; le régime iranien examine la dernière offre de Washington
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L’Iran reconstitue ses capacités militaires plus rapidement que prévu, notamment en relançant sa production de drones, a rapporté CNN jeudi, alors que Téhéran a déclaré qu’il « examinait » la dernière proposition américaine visant à mettre fin à la guerre.
Selon un responsable américain cité par CNN, l’Iran pourrait rétablir pleinement ses capacités d’avant-guerre en seulement six mois, ajoutant que Téhéran avait « dépassé tous les délais prévus par la communauté du renseignement [IC] pour la reconstitution ».
Ce calendrier plus court est en partie dû à l’aide que l’Iran a reçue de la Russie et de la Chine, a déclaré une source à CNN, ajoutant que Pékin fournissait à la République islamique des composants de missiles depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a toutefois démenti ces allégations, affirmant que le reportage de CNN ne reposait « pas sur des faits ».
Selon les sources, le rythme accéléré auquel l’Iran s’emploie à restaurer son arsenal et ses capacités suggère qu’il demeure un ennemi redoutable, capable de semer le chaos dans la région si les États-Unis mettent à exécution leurs menaces répétées de relancer leur campagne militaire.
Le CENTCOM (Commandement central des États-Unis) a refusé de commenter ces informations, et un porte-parole du Pentagone a insisté sur le fait que l’armée américaine « dispose de tout ce dont elle a besoin pour agir au moment et à l’endroit choisis par le président ».
Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, a indiqué que la République islamique examinait la dernière proposition de Washington visant à conclure un accord pour mettre fin à la guerre, tout en réitérant les exigences de Téhéran : la libération de ses avoirs gelés à l’étranger et la levée du blocus naval américain, imposé dans le cadre du cessez-le-feu en réponse à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Le chef de l’armée du Pakistan, pays médiateur, devait se rendre en Iran jeudi pour des « pourparlers et consultations » avec les autorités iraniennes, selon les médias iraniens.
Cette visite annoncée du maréchal Asim Munir, figure puissante jouant un rôle croissant dans les relations étrangères du Pakistan, a eu lieu un jour après que le président américain Donald Trump a averti que les négociations visant à mettre fin à la guerre se trouvaient à la « limite » entre un accord et de nouvelles frappes.
Munir était au cœur de l’action lors des seules négociations directes qui ont eu lieu depuis le début de la guerre. Celles-ci ont échoué, l’Iran accusant les États-Unis de formuler des « exigences excessives ».
Depuis, les deux parties ont échangé plusieurs propositions, sous la menace constante d’une reprise des hostilités.
« Nous sommes vraiment à la limite, croyez-moi », a déclaré Trump aux journalistes mercredi.
« Si nous n’obtenons pas les bonnes réponses, ça ira très vite. Nous sommes tous prêts à passer à l’action. »
Il a ajouté qu’un accord pourrait être conclu « très rapidement » ou « d’ici quelques jours », mais a averti que Téhéran devrait fournir des « réponses satisfaisantes à 100 % ».
Le négociateur en chef de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé mercredi Washington de chercher à relancer la guerre, tout en mettant en garde contre une « réponse musclée » si l’Iran venait à être attaqué.
« Les actions de l’ennemi, qu’elles soient ouvertes ou clandestines, montrent qu’il n’a pas abandonné ses objectifs militaires et cherche à déclencher une nouvelle guerre, malgré la pression économique et politique », a déclaré Ghalibaf.
L’Autorité du détroit du golfe Persique, récemment créée par l’Iran, a annoncé sur le réseau social X la mise en place d’une « zone maritime contrôlée » dans le détroit d’Ormuz.
L’autorité chargée de gérer le détroit a défini cette zone comme « la ligne reliant Kuh-e Mobarak, en Iran, et le sud de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, à l’est du détroit, à la ligne reliant l’extrémité de l’île de Qeshm, en Iran, et Umm al-Quwain, aux Émirats arabes unis, à l’ouest du détroit ».
Elle a précisé que le transit dans cette zone pour franchir le détroit nécessiterait une coordination et une autorisation de sa part.
Anwar Gargash, conseiller présidentiel des Émirats arabes unis, a réagi à cette annonce sur X, la qualifiant d’atteinte à la souveraineté de son pays.
« Le régime tente d’imposer une nouvelle réalité née d’une défaite militaire évidente, mais les tentatives de contrôle du détroit d’Ormuz ou de porter atteinte à la souveraineté maritime des Émirats arabes unis ne sont que chimères », a-t-il écrit.
Par ailleurs, l’IRNA a rapporté jeudi que vingt marins iraniens, qui se trouvaient à bord d’un navire saisi par les États-Unis au large de Singapour, étaient rentrés chez eux, à la suite d’efforts diplomatiques menés par le ministre iranien des Affaires étrangères et ses homologues pakistanais et singapouriens.
Alors que les tensions avec les États-Unis persistent, l’Iran a exécuté deux personnes mercredi, a rapporté l’agence de presse nationale Tasnim, qui a identifié les deux hommes comme Ramin Zaleh et Karim Maroufpour.
Zaleh et Maroufpour étaient accusés d’avoir créé un groupe visant à perturber la sécurité du pays et d’appartenir à une organisation « terroriste », selon Tasnim.
L’Iran est le deuxième pays au monde en termes de nombre d’exécutions, après la Chine, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.
Selon le groupe Iran Human Rights, basé en Norvège, la République islamique a exécuté au moins 1 500 personnes l’an dernier, ce qui en fait l’un des plus hauts chiffres au monde.
Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le régime iranien fin février, et un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 8 avril.
Depuis le début du conflit, l’Iran a intensifié ses exécutions, en particulier dans les affaires impliquant des accusations d’espionnage ou des affaires liées à la sécurité.
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