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Saar refuse de s’allier au Likud, qui tente de « soudoyer » les membres de la coalition

"Je ramènerai pas Bibi sur le devant de la scène, que ce soit clair", promet le ministre de la Justice, fustigeant son ex-parti pour avoir "diffusé des informations infondées"

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, arrive pour une réunion du gouvernement sous la direction du Premier ministre, à Jérusalem, le 22 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre de la Justice, Gideon Saar, arrive pour une réunion du gouvernement sous la direction du Premier ministre, à Jérusalem, le 22 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre de la Justice Gideon Saar a sévèrement critiqué, vendredi, le Likud et son chef, le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qu’il a accusés d’essayer de « soudoyer » des membres de la coalition dans le but de provoquer l’effondrement du gouvernement. Et il a juré, une fois encore, n’avoir aucune intention de s’associer à Netanyahu pour former un gouvernement.

Dans une interview accordée à la Douzième chaîne, Saar a déclaré que le Likud « avait offert des pots-de-vin à des membres » de la coalition, rejetant catégoriquement les rumeurs selon lesquelles il envisageait de quitter la coalition pour former un gouvernement de droite avec le Likud.

« Je ne ramènerai pas Bibi sur le devant de la scène, que ce soit clair », a-t-il déclaré, appelant Netanyahu par son surnom et l’accusant, lui et son parti, de diffuser de fausses informations et de mentir aux membres de la coalition.

« C’est une usine à mensonges », a-t-il ajouté. « Ils répandent constamment de fausses informations. Pour m’affaiblir et décevoir la population qui m’est fidèle dans un premier temps, puis pour les attirer. »

Saar a indiqué que le Likud était à l’origine des rumeurs rémanentes sur sa possible défection. « Ils disent : ‘Rejoignez-nous, vous aurez un poste dans le prochain gouvernement, une place dans la prochaine Knesset. Gideon [Saar] est sur le point de nous rejoindre, devancez-le. »

Le ministre a également écarté la possibilité d’une fusion avec un autre parti pour les prochaines élections, vantant les mérites de son parti Tikva Hadasha. Des rumeurs ont circulé sur le fait que les petits partis de droite ou du centre, membres de la coalition, n’auraient d’autre option que de s’unir pour franchir le seuil électoral requis pour intégrer la prochaine Knesset.

« Je n’ai pas l’intention de rejoindre qui que ce soit. J’ai l’intention de me présenter avec le parti Tikva Hadasha, nous formons un parti uni. Nous avons bien travaillé ensemble. Nous avons été exemplaires, au gouvernement comme à la Knesset – et c’est ce que nous allons continuer de proposer au peuple », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de Tikva Hadasha Gideon Saar. (Crédit : Flash90)

En réponse à ses propos, une déclaration publiée par le Likud a renchéri : « Gideon Saar doit tenir parole et dissoudre le gouvernement s’il échoue à faire adopter les lois relatives à la Cisjordanie. Pour l’heure, le plus important est d’aller aux urnes ou d’établir un gouvernement national à la Knesset, libéré des Frères musulmans, pour lutter contre la hausse du coût de la vie et protéger les implantations. »

Par ailleurs, le Premier ministre Naftali Bennett redoublait d’efforts pour convaincre le député Yamina, Nir Orbach, démissionnaire de la coalition la semaine passée, de reconsidérer sa décision.

L’annonce d’Orbach a précipité une coalition déjà mal en point dans la minorité à la Knesset, avec deux sièges de moins qu’une opposition divisée mais déterminée.

Dans la foulée de l’annonce d’Orbach, Bennett a reconnu la gravité de la situation estimant que la coalition s’effondrerait dans les deux prochaines semaines à moins que ses députés ne reviennent dans le rang. Cela constitue un changement de tactique significatif par rapport à ses précédentes réactions et tentatives de faire comme si de rien n’était.

Selon la Douzième chaîne, Bennett aurait demandé à Orbach de s’abstenir de voter contre la coalition jusqu’après la visite du président américain, Joe Biden, compte tenu des conséquences importantes pour Israël en ce qui concerne l’Iran.

Selon une information publiée jeudi par le radiodiffuseur public Kan, Bennett aurait évoqué la possibilité de mettre en place un gouvernement alternatif avec le parti Likud de Netanyahu, à l’occasion d’une réunion avec l’un de ses conseillers politiques à Tel Aviv.

Le parti Yamina de Bennett a nié cette information.

Le député Yamina Nir Orbach quitte le bureau du Premier ministre à Jérusalem après avoir rencontré le Premier ministre Naftali Bennett, le 12 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un gouvernement alternatif pourrait être mis en place au sein de la Knesset actuelle, sans qu’il soit nécessaire de convoquer de nouvelles élections, si un autre candidat était en mesure de réunir une majorité. Vendredi, la Douzième chaîne a indiqué que Bennett et Yair Lapid étaient bien déterminés à empêcher Netanyahu d’être celui qui formera ce gouvernement alternatif.

« En aucun cas, nous ne permettrons à Netanyahu de prendre la tête d’un gouvernement à la Knesset », a déclaré une source proche de Bennett à la Douzième chaîne. « Cela reviendrait à récompenser un extorqueur. »

L’information en question estime possible que sa collègue ministre Yamina, Ayelet Shaked, ne voie pas les choses ainsi.

Elle indique en effet que Shaked tente de mettre en place un gouvernement alternatif de droite en faisant pression sur tous les partis afin de les amener à des compromis.

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