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Sécurité alimentaire: 500 millions de dollars de la Banque mondiale à l’Egypte

L'Egypte est frappée par l'impact économique de l'invasion russe de l'Ukraine, une inflation galopante et d'énormes dépenses publiques dans les infrastructures

Un Égyptien agite un drapeau national au-dessus d'un rassemblement pro-militaire marquant le troisième anniversaire du soulèvement de 2011 sur la place Tahrir au Caire, en Égypte, le samedi 25 janvier 2014. (AP/Amr Nabil/File)
Un Égyptien agite un drapeau national au-dessus d'un rassemblement pro-militaire marquant le troisième anniversaire du soulèvement de 2011 sur la place Tahrir au Caire, en Égypte, le samedi 25 janvier 2014. (AP/Amr Nabil/File)

La Banque mondiale vient d’allouer une aide de 500 millions de dollars à l’Egypte pour renforcer la sécurité alimentaire dans le pays frappé par une grave crise économique aggravée par la guerre en Ukraine, ont déclaré les autorités égyptiennes mercredi.

Ces fonds seront principalement dédiés à l’achat de blé pour « sécuriser les réserves » du pays, assure le ministère de la Coopération internationale dans un communiqué.

L’Egypte est frappée par l’impact économique de la guerre déclenchée fin février par l’invasion russe de l’Ukraine, une inflation galopante – plus de 15% en mai – et d’énormes dépenses publiques dans les infrastructures.

Premier importateur mondial de blé, l’Egypte dépend de la Russie et de l’Ukraine pour 85 % de son approvisionnement.

Pour pallier la crise, les autorités ont augmenté leurs achats auprès des agriculteurs locaux et, début juin, elles ont changé la composition autorisée de la farine pour produire plus de pain avec les quantités disponibles.

Mardi, les boulangeries étatiques du gouvernorat de la Nouvelle Vallée (sud-ouest), ont expérimenté la fabrication de « pain à la patate douce », selon la presse locale.

Les recettes modifiées utilisent la patate douce pour compléter le blé dans la farine utilisée pour fabriquer les pains plats subventionnés par l’Etat – un aliment de base quotidien pour les Egyptiens.

Sur les 103 millions d’Egyptiens, 30 millions sont officiellement pauvres et autant d’autres sont dans la précarité selon la Banque mondiale.

Quelque 71,5 millions d’Egyptiens dépendent du programme étatique de subventions alimentaires qui inclut le pain, mais aussi le riz, le sucre ou encore les pâtes.

Pour soutenir son économie fragilisée, l’Egypte a récemment dévalué sa monnaie de 17%. Aussitôt, l’Arabie saoudite, grand allié du régime d’Abdel Fattah al-Sissi a déposé cinq milliards de dollars à la Banque centrale égyptienne.

Le Caire discute avec le Fonds monétaire international (FMI) un nouveau prêt alors que le budget du pays d’environ 160 milliards de dollars est grevé par une dette publique qui atteint 90 % du PIB.

En mai, la Banque mondiale avait annoncé qu’elle allait consacrer, au cours des 15 prochains mois, 12 milliards de dollars à de nouveaux projets destinés à répondre à la crise alimentaire dans le monde, qui a été aggravée par la guerre en Ukraine déclenchée en février.

« La hausse des prix alimentaires a des effets dévastateurs sur les plus pauvres et les plus vulnérables », avait alors déploré le président de la Banque mondiale, David Malpass.

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