Selon Roni Alsheich, la manifestation pro-Gaza à Haïfa n’était pas légitime
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Selon Roni Alsheich, la manifestation pro-Gaza à Haïfa n’était pas légitime

Le chef de la police a affirmé que "les trottoirs sont devenus des champs de bataille" et a juré de s'attaquer à toute mauvaise action des policiers après une éventuelle enquête

Les manifestants se rassemblent dans le centre de Haïfa pour réclamer la libération des 21 personnes arrêtées lors d'un rassemblement de solidarité avec Gaza durant le week-end (Autorisation : Liste arabe unie)
Les manifestants se rassemblent dans le centre de Haïfa pour réclamer la libération des 21 personnes arrêtées lors d'un rassemblement de solidarité avec Gaza durant le week-end (Autorisation : Liste arabe unie)

Le commissaire de police Roni Alsheich a dit lundi qu’un rassemblement de solidarité pro-Gaza à Haïfa au cours du week-end qui avait dégénéré en affrontements entre manifestants et policiers n’était pas légitime, la violence montrée par les manifestants ayant transformé « les trottoirs en champ de bataille ».

Vingt-et-une personnes avaient été arrêtées lors de la dispersion du mouvement de protestation, vendredi, et le militant Jafar Farah avait eu le genou brisé suite à son arrestation et avait été hospitalisé. Lundi, la cour des magistrats de Haïfa a ordonné la libération de tous ceux qui avaient été arrêtés par la police.

« Ces émeutes ont été les plus violentes, des chaises qui ont volé, les trottoirs devenus champ de bataille et des pierres envoyées sur les policiers », a déclaré Alsheich lors d’une cérémonie organisée par la police à Beit Shemesh. « Ce n’est pas un mode de manifestation légitime même dans un pays démocratique et tolérant ».

S’exprimant au sujet de Farah, qui affirme qu’un agent de police lui a fracturé le genou alors qu’il se trouvait en détention, Alsheich a suggéré que peut-être la blessure avait été occasionnée durant les affrontements de rue.

Le che de la police Roni Alsheich speaks durant une conférence de presse dans les quartiers généraux de la police, à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

« Vous n’avez jamais vu quelqu’un marcher avec une fracture ? Il se peut qu’il ait été blessé au cours de la manifestation », a dit Alsheich, se référant aux images de Farah sur ses deux pieds au moment où il était arrêté par la police.

« La police doit vérifier cela. »

Le militant israélo-arabe Jafar Farah arrêté par la police lors d’une manifestation contre la conduite d’Israël à Gaza, à Haïfa, le 18 mai 2018 (Capture d’écran/Twitter)

Alsheich a recommandé qu’une enquête ordonnée par le département des enquêtes internes du ministère de la Justice soit autorisée à suivre son cours et a indiqué que les forces de police n’effectueraient pas leurs propres vérifications au même moment.

« Est-ce que quelqu’un a abusé de son autorité ? S’il s’avère que c’est le cas, alors la police saura comment gérer cela. En fin de compte, nous devons laisser le bureau faire ses recherches. Nous ne ferons rien en parallèle de façon à ne pas perturber ces examens et si le bureau décide qu’il faut faire une enquête, alors il y aura une enquête ».

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, dont le ministère est responsable de la police israélienne, a indiqué lundi à la cérémonie à laquelle Alsheich a pris la parole que les agents sont souvent placés dans des situations difficiles et stressantes.

« Les événements des derniers jours à Haïfa ont donné un exemple du rôle complexe de la police : la nécessité de protéger l’ordre public et de protéger la paix publique ainsi que la nécessité de permettre les mouvements de protestation dans le cadre de la liberté d’expression, dans laquelle nous croyons tous. La police remplit son rôle sous la pression, tout en subissant les insultes et elle est parfois également violemment agressée. Mais elle doit toujours faire preuve de retenue et se souvenir de ce qu’est son devoir ».

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

Dimanche, le département des enquêtes internes du ministère de la Justice a ouvert une enquête préliminaire sur la blessure de Farah et les allégations de violences policières.

Plus tard dans la soirée, Erdan s’est dit favorable à une « enquête rapide » alors que l’indignation publique ne cessait de croître.

Les manifestants avaient été arrêtés vendredi soir alors que la police dispersait une manifestation de protestation contre la mort des émeutiers Palestiniens durant les affrontements sur la frontière avec Gaza.

La police a indiqué que toutes les arrestations faites vendredi avaient été menées « conformément aux règles et aux procédures » mais n’a pas su donner d’explication à la fracture de Farah.

Selon les forces de l’ordre, les manifestations ont été l’occasion de jets de pierre à l’encontre des agents, de dégâts matériels, de tentatives d’obstruction de la circulation et troubles à l’ordre public.

Farah a indiqué que lorsqu’il est arrivé au commissariat local après son arrestation, il a vu son fils couvert de sang, assis, et demandé pourquoi il avait été traité d’une telle façon. Farah a ajouté qu’en réponse, un agent lui avait frappé le genou, causant une fracture. Il a été hospitalisé au centre médical Bnei Zion.

Depuis le 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens ont pris part à la « Marche du retour » qui, selon Israël, est orchestrée par le groupe terroriste du Hamas à Gaza et utilisée comme couverture pour mener des attentats présumés et tenter d’ouvrir de brèches dans la clôture de sécurité frontalière.

Samedi, le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a fait savoir que le nombre de Palestiniens tués par les forces israéliennes durant les affrontements à la frontière de lundi s’élevait à 64 et que plus de 2 700 personnes avaient été blessées durant ces violences. Le Hamas a admis que 50 morts appartenaient à son groupe. Trois autres étaient membres du Jihad islamique palestinien.

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